Et qui étaient ces cinq petits bonshommes? C'étaient les cinq doigts
de la main. Le premier, qui a faim, c'est le pouce. Le second, qui dit
qu'il faut du pain, c'est monsieur l'index. Le troisième, qui remarque
tristement qu'il n'a rien, c'est le majeur ou doigt du milieu. Le
quatrième, qui demande ce qu'il faut faire, c'est l'annulaire. Et le
cinquième, le plus sage de tous, c'est le petit doigt ou auriculaire.
Ce petit doigt sait qu'il faut travailler pour gagner son pain. Il est
donc le plus sage et pourtant c'est le plus petit.
«C'est tout juste comme dans le Petit Poucet, dit maman.
--O maman, demandèrent Jean et Marie, raconte-nous l'histoire du Petit
Poucet.»
Ils la connaissaient déjà, mais ils désiraient beaucoup l'entendre
encore une fois.
Et voici ce que maman raconta: «Il était une fois un bûcheron qui
demeurait dans un grand bois avec sa femme, la bûcheronne, et avec ses
sept enfants, tous garçons. Le cadet, qui était tout petit, s'appelait
le Petit Poucet.
Il travaillait aussi beaucoup, notre bûcheron, pour nourrir toutes ces
petites bouches, mais il gagnait très peu d'argent.
Un jour qu'il n'avait plus rien à leur donner à manger, le bûcheron
dit à sa femme: «Je vais aller perdre les enfants dans le bois. J'aime
mieux qu'ils meurent de faim dans le bois que chez nous.» La pauvre
bûcheronne pleura beaucoup, mais consentit enfin à ce que son mari
voulait.