Marie était assise à la fenêtre. Elle regardait dans la rue: le vent
l'amusait, elle aussi. Tous les petits papiers s'envolaient, parfois
même par dessus les toits.
Mais ce cycliste ne s'amusait pas, lui. Il pédalait, pédalait et....
n'avançait pas.
Et cette pauvre petite fille, là bas, ne s'amusait pas non plus. Oh!
la pauvre enfant! Elle avait une petite robe très mince et avait l'air
d'avoir bien froid.
«O maman, dit Marie, regarde un peu comme cette petite fille a froid.
Peut-elle entrer se chauffer?
--Oui, petite, appelle-la donc.»
Marie se mit à crier: «Petite fille, petite fille!» Mais la petite
fille ne l'entendait pas. Alors Marie frappa à la vitre. Mais la petite
fille ne l'entendait toujours pas.
«Frappe un peu plus fort, dit la maman.» Marie frappa plus fort et
enfin la petite fille se retourna. Mais elle ne comprenait pas
qu'on l'appelait. Alors Marie lui fit signe des deux mains.
«Vous m'appelez?» demanda la fillette dans la rue. Maintenant Marie ne
l'entendait pas. Alors la petite fille se mit la main sur la poitrine.
Cela voulait dire: C'est moi que vous appelez? Oui, oui, dit la tête de
Marie.
[Illustration]
Alors la fillette s'approcha enfin de la fenêtre. La maman de Marie
avait déjà dit à Rose d'ouvrir la porte. Bientôt la petite entra
dans le vestibule, puis dans la chambre bien chauffée.
«Comment t'appelles-tu? demanda tout de suite Marie.
--Ninette, dit la petite fille.
--Et comment va ta mère? demanda la maman de Marie. Va-t-elle mieux?
--Non, Madame, maman est encore bien malade.»
Marie était très étonnée. Sa maman connaissait donc Ninette?
Mais ce n'était pas étonnant, car Ninette était la fille du jardinier
qui arrangeait toujours le jardin derrière la maison.