LORD PALMERSTON AU PRINCE DE TALLEYRAND[407].

[407] Voir page 432.

«Stanhope-street, le 15 mars 1832.

»Mon cher prince,

»Notre cabinet a pris en considération, hier au soir, la question de

savoir quelle serait la meilleure marche à suivre sur la proposition

qu'on nous annonce de la part de la Hollande, et l'opinion de notre

gouvernement est que je ne puis rien dire ni faire en conférence,

excepté de demander aux plénipotentiaires des trois cours:

ratifiez-vous, ou ne ratifiez-vous pas? Il nous paraît que tant que

les cinq cours ne sont pas sur la même ligne par rapport à la question

tout importante de la ratification, il est impossible pour la

conférence de répondre à la communication hollandaise, ou de faire à

la Hollande une communication quelconque.

»Si nous sommions le roi de Hollande de nous donner réponse

catégorique quant à l'acceptation des vingt-quatre articles dans un

délai fixe, cela voudrait naturellement dire que, le terme échu, nous

procéderions à l'exécution du traité, bon gré malgré la Hollande. Mais

les trois cours seraient-elles prêtes à concourir avec nous, pour

concerter des moyens coercitifs? Non, du moins à ce qu'il paraît. Donc

la même demande ne signifierait pas la même chose pour toutes les

cours. De notre part la question impliquerait: mesures coercitives; de

la part des trois cours: abandon, mais inaction. Il nous paraît donc

que nous ferions bien de nous tenir sur le terrain que nous occupons

maintenant, et de ne pas nous laisser entraîner en aucune discussion

ni en aucune action commune comme conférence, avant de savoir avec

certitude si nous sommes deux ou cinq.

»Si vous pouvez vous rendre au bureau aujourd'hui entre trois et

quatre heures, vous pourrez me dire alors quel est votre avis sur cet

affaire.

»Tout à vous.»

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 4 · 第 203 / 211 题