[400] Voir page 244.
«Samedi, 9 juillet 1831.
»Mon cher prince,
»Nous avons des lettres de Bruxelles du 6, au soir. Tout allait bien,
et on comptait sur une majorité très considérable. On croyait que de
cent soixante-quatorze, qui voteraient, il y aurait cent vingt-cinq
pour; mais ce qui prouve incontestablement que les propositions
seraient acceptées, c'est que Van de Weyer s'était inscrit pour parler
en leur faveur; et notre petit ami, comme les dieux de Caton, aime à
se trouver du côté des vainqueurs, et il n'aurait pas changé de côté,
s'il n'avait pas eu un fort pressentiment que la victoire allait se
ranger avec les propositions et le prince.
»Le discours de Lebeau a converti plusieurs, entre autres
Rodenbach[401] et Coppens[402] et on disait à Bruxelles que ce
discours avait fait parler un bègue et avait fait voir clair à un
aveugle. On croyait cependant que la décision ne se ferait
qu'aujourd'hui.»
[401] Alexandre Rodenbach, né en 1786, homme politique et
littérateur belge. Sous le gouvernement du roi Guillaume, il
s'était fait un nom comme journaliste libéral. Aussi fut-il élu
député en 1830. Il demeura à la chambre jusqu'en 1866 et mourut
en 1869. M. Rodenbach était aveugle depuis l'âge de onze ans.
[402] Député au congrès et l'un des membres les plus bouillants
de l'assemblée.