LE GÉNÉRAL SÉBASTIANI AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Paris, 16 mai 1832.

»Mon prince,

»J'ai à vous annoncer une triste nouvelle. M. Périer a terminé ce

matin son honorable et laborieuse carrière.

»Vous partagerez avec moi, mon prince, avec tous ceux qui avaient

apprécié le dévouement éclairé de ce généreux citoyen, la douleur

profonde que nous cause sa perte prématurée--perte qui nous est

d'autant plus sensible aujourd'hui, qu'une crise dont on espérait

une heureuse issue, nous a fait conserver jusqu'aux derniers jours,

l'espoir de le voir rendu aux affaires et au pays.

»Dans ces premiers moments, donnés tous aux regrets d'une si noble

existence si tristement tranchée, rien n'a pu encore être arrêté, dont

il soit important, mon prince, que vous soyez informé.

»Lorsque les rangs de ceux auxquels on aimait à rattacher son estime

et ses affections, s'éclaircissent, c'est un besoin que de se

rapprocher encore de ceux qui vous restent. Que la douloureuse

nouvelle qui fait le sujet de ma lettre me soit une occasion de vous

renouveler, mon prince, les expressions de mon attachement et de ma

confiance dans le vôtre.»

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 4 · 第 170 / 211 题