«Paris, le 29 janvier 1832.
»C'est avec bien de l'empressement, mon cher prince, que je viens vous
remercier de votre lettre du 23, et vous témoigner tout le
plaisir qu'elle m'a fait en m'annonçant que la plus forte difficulté
de cette longue et pénible négociation de la Belgique est surmontée.
Je m'en félicite avec vous de bien bon coeur, et il est assurément bien
juste de vous en adresser les compliments. Certes, c'est une belle et
grande chose que cette question belge se soit terminée de cette
manière, surtout ayant été, il faut malheureusement en convenir, si
mal secondé par eux, car cette dernière difficulté est leur ouvrage,
et je comprends parfaitement ce qu'elle a été pour vous. Il faut se
consoler de ce qui froisse un peu la petite vanité, la gloriole
nationale, si vous voulez, en se répétant ce que vous m'écrivez: «_Il
n'y avait rien de plus à obtenir._» Et, certes, Philippeville et
Marienbourg ne valent pas la guerre. L'essentiel est obtenu, voilà le
vrai, grâce à votre zèle et à votre habileté.
»J'espère et je désire bien, comme vous me le mandez, que le mois
prochain soit le terme définitif de vos travaux. Je sais, mon cher
prince que vous avez grand besoin de pouvoir vous soigner et vous
reposer un peu, et c'est encore admirable que votre santé ait aussi
bien supporté tant de fatigues morales et physiques. Je souhaite du
fond de mon coeur, que vous n'ayez plus qu'à jouir de vos succès et des
heureux résultats qu'ils auront pour notre chère France et pour notre
bien-aimé roi qui aurait aussi grand besoin de repos.
»Sébastiani est infiniment mieux, et même tout à fait bien. La
difficulté maintenant est d'obtenir de lui qu'il se soigne assez
longtemps et qu'il ne reprenne pas trop tôt les affaires, ce que je
crois bien important pour consolider son rétablissement....»