LE PRINCE DE TALLEYRAND A LA PRINCESSE DE VAUDÉMONT.

«Londres, le 30 décembre 1831.

»Je suis vraiment fâché de l'accident de Sébastiani; il avait

quelquefois des inconvénients, mais il avait aussi des avantages. Il

avait de l'habileté, du savoir vivre, et je suis sûr qu'il était

amical; tout cela est quelque chose; c'est une perte pour le roi qu'il

servait bien. Voilà l'affaire des pairs finie, et finie sans secousse

ministérielle. A présent, il faut finir celle de la Belgique et nous y

arriverons, quoi que l'on en dise. Je pourrai bien y mourir comme

Sébastiani, mais c'est là mon champ de bataille. Plaise à Dieu que ce

soit le champ d'honneur!--Vos Belges sont faibles et faux, de plus ils

se font battre dans le pays de Luxembourg[329]; tout cela n'est pas

bien honorable.--J'espère toujours les ratifications de Berlin avant

le 15 janvier; et si nous avons celles de Berlin, nous n'attendrons

pas longtemps celles de Vienne. Pétersbourg montrera sa puissance,

comme à Paris on montre son élégance, en arrivant tard...»

[329] Une insurrection orangiste avait éclaté le 20 décembre dans

le Luxembourg sous la conduite du baron de Torcano. Les insurgés,

d'abord vainqueurs, avaient proclamé le rétablissement du roi

Guillaume. Les gardes civiques et les troupes belges eurent

bientôt raison de ce mouvement.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 4 · 第 127 / 211 题