«Londres, le 8 octobre 1831.
»Le bill de la réforme a été rejeté à la Chambre des lords; la
majorité contre a été de quarante et une voix; c'est beaucoup plus
qu'on ne croyait. Ce nombre empêchera probablement de faire des pairs.
Tous les esprits sont en suspens et chacun se demande quel parti
prendront le roi et le ministère. Il y a un conseil de cabinet en
permanence depuis ce matin. On ignore quel en sera le résultat....»
«Londres, le 12 octobre 1831.
»... Je reçois chaque jour des apologies sur ce que l'on a fait si
étourdiment à Bruxelles, en affichant une lettre de Sébastiani qui
disait qu'on ne reconnaît pas les décisions de la conférence. Cela a
fait ici un si mauvais effet, que l'on est obligé d'abandonner cette
démarche et de l'attribuer à des causes locales qui exigeaient que
pour empêcher des folies, on fît une pareille communication. Tout cela
ne fait pas respecter la marche du gouvernement; on se presse trop en
toute chose. L'Angleterre n'estime pas cela. L'empereur Napoléon, qui
était un homme de _mouvement_, me savait toujours gré de ce que je
retardais l'exécution, ce qui lui donnait le temps d'abandonner des
résolutions prises trop vite.--Je resterai jusqu'au bout dans ma
manière de voir; je veux faire tout pour la paix: c'est là ma mission;
et tout ce qu'il sera indispensable de faire pour cela, je le ferai,
sans regarder qui je blesse ou ne blesse pas....»