«Londres, le 27 septembre 1831.
»L'affaire des forteresses donne de l'embarras et j'en suis très
fâché; mais le fait est qu'elle a été gâtée par l'envoi de M. de
Latour-Maubourg à Bruxelles. Depuis un an, je m'attache à montrer que
nous ne sommes occupés que d'avoir une action commune avec les autres
puissances et particulièrement avec l'Angleterre. Tout ce que j'avais
obtenu de confiance à cet égard a été détruit par cette affaire à part
que l'on a fait faire par M. de Latour-Maubourg à Bruxelles. Vous vous
rappelerez qu'à cette époque je vous ai mandé tout cela. Aujourd'hui,
il faut se tirer de la position où cela nous a mis, et tâcher de ne
pas perdre la confiance que l'on avait en nous. C'est difficile, et
cette fin de question m'est parfaitement désagréable.--Nous sommes
dans le brouillard depuis huit jours; cela n'arrange pas ma tête qui
est déjà fort en malaise par cette affaire des forteresses, qui aurait
été toute seule si l'on n'était pas venu s'en mêler de Paris. J'ai
voulu avant tout montrer que j'étais sans intrigue: c'était là ma
force. A Paris, on n'a pas voulu de cette manière si simple et on a
fait une petite intrigue de côté qui, aujourd'hui, a engagé les autres
à prendre des précautions contre nous. Tout cela m'ennuie à la mort.
»Adieu...»
La lettre suivante d'un ami du général Sébastiani, d'un des
conseillers très écoutés au Palais-Royal, et qui désirait plus encore
me remplacer à Londres que de garder son poste de ministre à Berlin où
il ne résida que trois mois, est un assez curieux témoignage de
l'influence qu'exerce le changement de résidence sur certains esprits.