«Londres, le 24 septembre 1831.
»Vous avez, monsieur, remporté un triomphe dont l'Europe entière
vous sait gré[290]. Comme Français, je vous remercie au nom de
notre patrie commune: elle vous devra de reparaître brillante
et honorée. Nous faisons ici ce que nous croyons devoir conduire à
ce désarmement dont vous avez parlé si à propos. Il sera, si nous
l'obtenons, principalement dû à cette laborieuse semaine que vous
avez si heureusement terminée.
[290] Le ministère avait eu à subir dans les séances des 19, 20,
21 et 22 septembre une série d'interpellations de plusieurs
députés de l'opposition. La question extérieure fit
particulièrement les frais du débat, car les événements de
Varsovie avaient surexcité les esprits. La politique intérieure
fut également vivement attaquée. Après de longs discours de MM.
Mauguin, Lamarque et Thiers, et les répliques de MM. Casimir
Périer et Sébastiani, la Chambre vota le 22 septembre par 221
voix contre 136 un ordre du jour par lequel «elle se déclarait
satisfaite des explications données par les ministres et se
reposait en leur sollicitude pour la dignité extérieure de la
France.»
»Je laisse à M. votre fils, à vous parler de nos angoisses passées
et de notre satisfaction actuelle. Tous les bons esprits de
l'Angleterre, et là ils sont nombreux, ont partagé notre
sollicitude.
»Adieu, monsieur, je n'ai à souhaiter pour vous et pour la France
que la santé...»