[40] Dépêche officielle déjà publiée.
«Londres, le 1er février 1831.
»Monsieur le comte,
»Je sors de notre conférence qui s'est prolongée aujourd'hui jusqu'à
huit heures et demie du soir; l'heure de la marée presse le courrier
que je vous expédie, et il me reste bien peu de temps pour vous
écrire. Cependant, comme en prenant lecture du protocole que j'ai
l'honneur de vous envoyer, vous verrez que j'ai refusé d'y apposer ma
signature, je vous dois une explication de ce refus.
»Lorsque le plénipotentiaire anglais a ouvert l'opinion qui a prévalu
dans la conférence et qui se trouve consignée dans le protocole, je
m'y suis opposé en déclarant que je ne pouvais voir dans cette
résolution qu'une démarche directe contre la France; qu'elle ne me
semblait pas favorable au maintien de la bonne harmonie entre les
puissances, et que, d'ailleurs, les termes mêmes des protocoles
numéros 11 et 12, sur lesquels on s'appuyait, développaient d'une
manière suffisante les vues des cinq puissances; en effet, voici les
termes de ces protocoles:
«_Protocole nº 11._--Les plénipotentiaires ont été unanimement d'avis
que les cinq puissances devaient à leurs intérêts bien compris, à leur
union, à la tranquillité de l'Europe et à l'accomplissement des vues
consignées dans le protocole du 20 décembre, une manifestation
solennelle, une preuve éclatante de la ferme détermination où elles
sont, de ne chercher dans les arrangements relatifs à la Belgique,
comme dans toutes les circonstances qui pourront se présenter encore,
aucune augmentation de territoire, aucune influence exclusive, aucun
avantage isolé.»
»_Protocole nº 42._--Le souverain de la Belgique doit nécessairement
satisfaire, par sa position personnelle, à la sûreté des États
voisins.»
»J'ai cru, monsieur le comte, qu'après des stipulations aussi
formelles, il devenait inutile de donner de nouvelles explications;
c'est pourquoi j'ai demandé à en référer au gouvernement du roi, et à
provoquer des instructions que vous ne tarderez pas, je pense, à me
transmettre.
»L'article du protocole relatif à la Grèce auquel lord Palmerston a
fait allusion, est ainsi conçu et se trouve sous la date du 22 mars
1829: «En aucun cas, le chef ne pourra être choisi parmi les princes
des familles qui règnent dans les cours signataires...»