dans le sein de l'Assemblée constituante au sujet du sort
des curés, dont un grand nombre fut piètrement réduit à la
portion congrue, tandis que le magnifique traitement des
évêques étoit maintenu et que plusieurs de leurs pareils
continuoient à s'engraisser en d'opulents bénéfices. V.
le _Moniteur_ du 23 au 28 sept. 1789. Sélis, dans son
intéressante brochure: _Lettre d'un grand vicaire à un
évêque sur les curés de campagne_, in-8 de 32 pages, 1789,
met en regard le sort d'un curé à portion congrue et celui
d'un curé voisin dont le bénéfice vaut 10,000 fr.]
_Réponse de M. le Curé à son neveu._
Vous avez cru, mon cher neveu, me faire une plaisanterie; eh bien,
il faut que je vous avoue que nous avons parmi nous beaucoup de
canetons, et qu'à l'exception de quatre ou cinq de nos prélats
députés, les autres cherchent à nous faire barboter et à nous
empifrer. Je connois même plusieurs de mes confrères qui, après
avoir mangé deux ou trois de leurs camarades, ont été avalés par nos
messeigneurs; mais, Dieu merci, jusqu'à présent, on n'a pas encore
enlevé de mes ailes une seule plume. Je lis tous les matins mes
instructions, et je dis: Louis XVI t'a rendu tes droits; souviens-toi
que le curé de V..... est assis à côté de ce pontife orgueilleux,
qui, l'année dernière, le faisoit attendre deux heures dans son
anti-chambre, qui croyoit qu'il étoit du bon ton de ne pas l'admettre
à sa table, et qui souvent, sans vouloir l'écouter, le renvoyoit à un
jeune grand vicaire, nourri de vanité, pétri de suffisance et moins
instruit qu'un enseigne des gardes françoises. Rappelle-toi que la
dignité de ton sacerdoce ne te permet aucune complaisance, et que tu
ne dois jamais oublier que le Roi te regarderoit comme le plus vil
des esclaves, si après avoir eu la bonté de rompre tes chaînes, tu
les reprenois. Soyez donc, mon cher neveu, tranquille sur mon sort,
et dites à votre carabin que je ne permettrai pas qu'on m'attache
le ruban à la patte, quand bien même l'on me flatteroit de l'honneur
d'être croqué par une éminence.
Nous avons, vous et moi, deux tâches bien difficiles à remplir: si
vous tuez votre malade, c'est pour toujours; et moi, si je n'ai pas
soin de son ame, il est perdu pour l'éternité. Travaillons donc avec
zèle, et marchons avec fermeté et courage chacun dans notre état.
Adieu, je vous embrasse de tout mon coeur.
_Fin._
FIN DU TOME VII.
TABLE DES PIÈCES
CONTENUES DANS CE VOLUME.
1. Manifeste et prédictions des plus véritables affaires
qui se doibvent passer en France cette année 1620, par
le sieur de La Bourdanière 5
2. La faiseuse de mouches 9
3. Les plaisantes ruses et cabales de trois bourgeoises
de Paris 19
4. L'Archi-Sot, écho satyrique 37
5. Sur les revenus des Pasteurs 53
6. La Requeste présentée à Nosseigneurs du Parlement... pour
la diminution d'une demie année des loyers[346] des maisons,
chambres et boutiques (19 juin 1652) 61
[Note 346: Depuis l'impression de cette pièce nous avons
trouvé une note curieuse à y ajouter. Le 15 avril 1722
fut rendu un arrêt statuant sur les loyers de la ville de
Versailles, dans lequel il est dit: «Se réserve Sa Majesté
de pourvoir à la fixation des loyers, en cas d'excès de
la part des propriétaires.» (_Journal_ de Marais, _Revue
rétrospective_, 30 nov. 1836, p. 203.)]
7. Reproches du capitaine Guillery faits aux carabins,
picoreurs et pillards de l'armée de messieurs les
Princes 71
8. Manifeste de Pierre du Jardin, capitaine de la Garde,
prisonnier en la Conciergerie du Palais 83
9. Histoire du poète Sibus 89
10. Discours sur les causes de l'extresme cherté qui est
aujourd'hui en France (1586) 137
11. Le May de Paris 193
12. Le pot aux rozes decouvert du plaisant voyage fait par
quelques curieux au bois de Vincennes, à dessein de voir
Jean de Werth 199
13. Edict du Roy pour contenir les serviteurs et servantes
en leurs devoirs 205
14. Discours de la deffaicte qu'a faict M. le duc de Joyeuse et
le sieur de Laverdin contre les ennemis du Roy à La Motte
Sainct-Eloy 211
15. Lettre de Calvin, apportée des enfers par l'esprit du
sieur Groyer, aux pasteurs du petit Troupeau 217
16. Discours de la prinse du capitaine Chapeau et du capitaine
la Callande, ensemble l'exécution qui en a esté faicte à
Montargy 227
17. Sur l'enlèvement des reliques de saint Fiacre, apportées
de la ville de Meaux pour la guérison du derrière du
C. de R. 231
18. Institution de l'Ordre des Chevaliers de la Joye,
établi à Mézières 237
19. La grande division arrivée ces derniers jours entre
les femmes et les filles de Montpellier 247
20. Discours de la fuyte des impositeurs italiens 261
21. Les ceremonies faites dans la nouvelle chapelle du
chasteau de Bissestre le 25 aoust 1634 271
22. Discours nouveau de la grande science des femmes, trouvé
dans un des sabots de maistre Guillaume 281
23. Les amours du Compas et de la Règle, et ceux du Soleil
et de l'Ombre 287
24. Ennuis des paysans champestres 295
25. Le plaisir de la noblesse, sur la preuve certaine et
profict des estauffes et soyes..., par B. de Laffémas 303
26. Conspiration faite en Picardie (1576) 315
27. La nouvelle defaitte des Croquans en Quercy, par
M. le mareschal de Themines 323
28. Les vertus et propriétés des Mignons 331
29. Passage du cardinal de Richelieu à Viviers 339
30. Le vray Discours des grandes processions qui se font
depuis les frontières de l'Allemagne jusques à la France
(1584) 347
31. Le Canard qui mange cinq de ses frères et qui est mangé
à son tour par un colonel 359
* * * * *
[Notes au lecteur de ce fichier numérique:
--Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été
corrigées. L'orthographe de l'auteur a été conservée.
--Les dates suivantes ont été remplacées:
---- "(10 avril 1653)" par "(10 avril 1563)"
---- "24 mars 1483," par "24 mars 1583"
--Les lettres supérieures unusuelles sont encadrées de parenthèses.]