POQUETON: qui a des _pocres_, de grosses mains maladroites.
POR: pour.
PORCHET: morceau de porc frais, ou récemment salé. _Pourchet_, dans le
patois de Grenoble. L.
PORCHIN; PORCHAIN: cochon d'un an.
PORE (qualif.): pauvre. Ce _pore éfant_: ce pauvre enfant. Du Celtique
_paur_. L.
PORÉE (s. f.): légumes. Jardin à _porée_: potager. A.
PORÉSINE: poix-résine.
PORFRIRE: enduire de mortier. Voyez POULFRIR.
PORICHINEL: polichinel. De l'italien _pulchinello_.
PORIE: bouquet de porions.
PORION: narcisse jaune. Du latin _porrum_, poireau; parce que cette
plante ressemble par sa feuille à celle des poireaux.
PORJET; PORGET: revêtement, avec du mortier, des interstices d'un mur.
PORJOLER (SE): prendre ses aises, ses ébats.
PORMAIS QUE: lorsque, après que.
PORQUER; PORCHER: celui qui garde les porcs.
PORQUERIE: porcherie, étable à porcs. Voyez SOU.
PORRETTE (s. f.): jeune porreau pour transplanter. L.
PORSUIVRE: poursuivre. D'où _porsuisi_, _porsueusi_: poursuivi.
PORTAIL: porte-cochère. Patois Rouchi. A.
PORTE-COS: espèce de joug qui sert aux servantes de ferme à porter des
seaux. M. l'abbé Decorde.
PORTEMENT: manière dont on se porte; état de la santé. Il lui a demandé
le _portement_.
PORTER A: ressembler à. L.
PORTEUX: porteur. _Porteux_ de lettres: facteur.
POT: pièce de charpente qui supporte les sommiers. H.-N.
POT, TE: engourdi de froid. Main _potte_: main qui a l'onglée. Il a la
goule _potte_: il ne sait que dire. L.
POT-BOUILLE (s. f.): petite et mauvaise cuisine, composée ordinairement
d'un chétif pot-au-feu et de quelques légumes. C'est là que je fais ma
_pot-bouille_: c'est là que je prépare mes aliments. L.
POTABLE: praticable, en parlant d'un chemin.
POTARÉE; POTICHE (s. f.): _potage_ fait sans soin; cuisine de pauvres
gens; mauvaise bouillie. L.
POTAYE: potée.
POTIN (s. m.): fonte de fer pour ustensiles de cuisine, etc.
POTIN (s. m.): babil, rabâchage. L.
POTINE: pot de terre à bords rentrants, qui sert de chaufferette. De
poterie.
POTINER (v. n.): rabâcher; faire des remontrances à contre-temps. L.
POTINIER, ÈRE: qui potine. L.
POTONNER (v. a.): manier salement. A.
POTS: trous que les pieds des gros animaux font, d'enjambée en enjambée,
dans les mauvais chemins.
POTTE (s. f.): sorte de chaufferette en terre cuite comme les
pots;--petite fosse. O.
POTUIT: porte d'une cour placée entre deux pots, et surmontée d'une
petite couverture par laquelle on ne passe qu'à pied. M. Decorde.
POU: peur. _Pour_, dans les _Chansons du roi de Navarre_. Du Latin
_pavor_; du Roman _paour_. _Poü_, dans le patois de Grenoble. L.
POU: pour. S.-I.;--élévation. De _podium_.
POUACRE: sale, dégoûtant Patois Lorrain. De _pouah_.
POUAMMENT: puissamment.
POUANT: puant; faiseur d'embarras; malpropre.
POUAS: noyau, parce qu'il est souvent rond comme un pois. B.
POUCEROT: doigtier de cuir pour contenir un pouce malade.
POUCHE (s. f.): sac. Du vieux mot _poucha_: pou-d'avoine. _Pouch_, en
anglais.
POUCHIN: poussin. _Puzi_, _piouzi_, à Grenoble.
POUCHINÉE (s. f.): couvée d'une poule; poussinière. L.
POU-D'AVOINE (s. m.): balle d'avoine. De _poucha_, qui, dans les anciens
monuments de notre langue, signifie une poche. En effet, le _pou_ dont
il s'agit ici est une sorte de petit sac ou poche qui renferme le grain
d'avoine. A.
POUEIL (s. m.): poil. A.
POUEILLU: poilu, velu. A.
POUFFI: bouffi. C'est le _p_ pour le _b_, comme dans _pénancière_,
_pèque_ et _piscantine_. L.
POUI, IS: pou, poux. L. On disait autrefois _pouils_; on a retranché
l'_i_, et l'on a dit _pouls_; enfin on a retranché l'_l_, et l'on a trop
arbitrairement substitué l'_x_ à l'_s_.
POUILLARD, E: pouilleux; misérable; vaurien:--perdreau trop jeune pour
être tué.
POUILLER: vêtir. A.
POUILLERIE: misère profonde, sale et dégoûtante. De _pou_, insecte. On
appelle aussi _pouillerie_ un taudis habité par des _pouilleux_, et, par
extension, tout logement pauvre et sale.--_Pouillerie de gueux_: objets
de nulle valeur.
POUILLES: injures. Chanter _pouilles_, comme il arrive dans un
_pouillis_ ou _pouillier_ (mauvais cabaret).
POUILLOT: petit vêtement de laine pour enfant; sorte de
corset;--l'oiseau troglodyte.
POUILLU: nonchalant, fainéant. Voyez POUILLARD.
POUJAS (s. m.): poix noire, non épurée.
POULAILLES: volailles.
POULAIN. On nomme ainsi ce qui s'échappe d'un oeuf cuit dans les
cendres, quand la chaleur fait crever la coque. M. Decorde.
POULAIN: châssis en bois, sur lequel on fait glisser les tonneaux pour
les changer de place.
POULENÉE (s. f.). Voyez PONNELÉE.
POULET: noyau; amande du noyau; pepin. M.
POULETTE AU BON DIEU: roitelet. Voyez REBETTE.
POULETTE: petite ampoule. L.
POULETTE (GRASSE-): arroche sauvage; arroche puante (_Chenopodium
vulvaria_).
POULFRI: enduit d'argile, de chaux, etc. De _poul-pri_ (fosse d'argile),
mots bretons, cités par Lobineau, dans son _Hist. de Bret._, t. II, p.
1814.
POULFRIR: enduire. De _poulfri_, ou du verbe latin _perfricare_.
POULFRISSEUR: plafonneur.
POULGINÉE (s. f.): poussinière. De _poule_ et de _génération_: famille
de poulets; ou de l'italien _pulcinello_: poulet.
POULIER: poulailler.
POULIER (v. a.): élever au moyen d'une _poulie_.
POULIER (v. a.): promener mal à propos. Voyez CHIBOLLER.
POULINÉE: fiente des poules. H.-N.
POULIOT: pièce de bois mobile, placée à l'extrémité d'un chariot ou
d'une charette, sur laquelle s'enroule la _liache_. M. Decorde. Voyez
LIACHE et COMBLE, au _Supplément_.
POULOT, TE: jeune enfant. De _pullus_.
POULS; POULCES; POUSSES (s. m. pl.). Dans l'arrondissement de Cherbourg,
on appelle de ce nom la bouillie faite avec de la farine de sarrasin et
cuite à l'eau; et, dans les environs de St-Lo, surtout vers Torigny, une
bouillie faite avec de la farine d'avoine et cuite à l'eau ou au lait.
On donne aussi à cette dernière bouillie le nom de _craolle_. Feu
Lamarche.
POULTON: poltron. S.-I.
POULTRAIT: portrait. L.
POULTRE (s. f.): pouliche qui n'a pas encore porté.
POULTRON: poltron. Du Celtique-Breton, _pouilltron_: lâche. L.
POULVAISÉ: couvert de pustules.
POUMON: terrain fangeux, mou comme le poumon.
POUMONIQUE: pulmonique; malade du _poumon_. L.
POUPÉE (s. f.): chanvre peigné et préparé en cordons pour être filé.
POUPINEMENT (adv.): avec affectation. La Fresnaye disait, dans ses
_Foresteries_: