GRICHIR: pleurer. (Manche.)

GRICHU, E: dont la figure exprime la mauvaise humeur. B.

GRIFFER: égratigner. De _griffe_. Voyez ÉGRIMER; ÉGRINFLER.

GRIGER: froncer. Voyez GRÉGIR.

GRIGNE (s. f.): partie de la croûte du pain qui est la plus brisée et la

plus savoureuse. En patois du Jura, _gregnon_: croûton. Voyez BAISEUL.

GRIGNER: grincer.

GRILLER (v. n.): glisser.

GRIMAUD: refrogné, e; de mauvaise humeur. Dans notre français actuel,

grimaud est un terme de mépris, que l'on applique ordinairement aux

écoliers paresseux. Furetière le dérive de _grammaticus_, élève de

grammaire. Ménage, qui ne s'arrête pas en si beau chemin, dit que

l'italien _grimaldo_, qui vient du latin _rimari_, chercher, est la

source du mot français _grimaud_. Je ne partage pas ces opinions. Comme

le grimaud est refrogné, se ride le front, je pense qu'il faut en

chercher l'étymologie dans le substantif italien _grimo_, ride, d'où

vient aussi grimace, etc.

GRIMELIS: mélange, fouillis.

GRIMELOTÉE (s. f.): oeufs brouillés. On dit aussi des oeufs à la

grimelotée.

GRIMELU, E: marqueté de petite vérole. C'est ce qu'en Suisse on appelle

_cretu_ (voir la _Nouvelle-Héloïse_, part. IV, lettre 8). _Grimm_, en

celtique-breton, signifie grimace, et a donné naissance au _grimo_ des

Italiens. C'est de _grimm_ que nous avons tiré notre vieux mot

_grimelin_, qui voulait dire un polisson; mais, comme notre mot patois

_grimelu_ ne se prend pas en mauvaise part, il y a lieu de présumer

qu'il vient du celtique-écossais _gram_ (en composition, grim), qui

signifie raboteux: tel est, en effet, le visage marqué de petite vérole.

En patois du Jura, _gremoulu_: raboteux, couvert d'aspérités. A.

GRIMER: égratigner. De _grin_, ci-après.

GRIN: griffe; ongle. Enfoncer ses grins dans: enfoncer ses ongles dans.

GRINCHER: égratigner; donner des coups de grin.

GRINDEAU: tourne-pierre (_Strepsilus interpres_). B.

GRINGALET: homme chétif de corps et d'esprit. Patois du Jura.

GRIPER: grimper. Par syncope. Patois Walon.

GRIPI: la femme du Diable; méchante femme. De _grip_, l'une des filles

du géant Géirrod, dans la mythologie scandinave.

GRIPILLON (s. m.): touffe de petites branches provenant d'une végétation

extravasée; branches chiffonnées qui se forment en bouquet dans le

poirier et dans le pommier, à peu près comme fait le gui.

GRIPONNER: voler, dérober. S.-I.

GRISON: quartz; caillou d'une excessive dureté.

GRIVELOTÉ: grivelé, tacheté de blanc et de roux ou de noir, comme la

grive. L.

GROBIS: important, fier (_bis grossus_). MM. Duméril.

GROC; GROG (s. m.): aspérités que présente la boue durcie par la gelée,

qui rendent le chemin raboteux et la marche difficile. A.

GROISELÉ: demi-cuit, en parlant d'un fruit. A.

GROISELLE: groseille, fruit du groseillier épineux; groseille à

maquereau. Marot a dit:

De ses traités non valant deux groiselles.

GROISELIER: groseillier épineux.

GROLLE (s. f.): corneille; corbeau. _Grailli_, dans le patois de

Grenoble.

GROLLER: tousser; expectorer; remuer.

GROLLES (s. f.): mauvais souliers. Ce mot est usité en Savoie.

GROMACHER; GROMENCHIER; GROMENCHER: grommeler.

GRONNÉE: plein un tablier. De _giron_. En patois Lorrain, on dit

_gironnée_. Syncope. L.

GROS, en parlant du cidre: pur, sans addition d'eau. L.

GROSSET: rondin.

GROSSIER: gros et fort.

GROU: eau fétide, eau bourbeuse. Du bas latin _groua_, marais.

GROUAIGE. Voyez GARROUAGE. A.

GROUCER: réprimander;--remuer légèrement _Groa_, disent MM. Duméril,

signifie à la fois _mettre en mouvement_ et _se mettre en colère_.

GROUE: gelée, glace. Voyez GROC. A.

GROUÉ; GUÉROUÉ: gelé en parlant de linge mouillé qu'a frappé la gelée.

On dit aussi la boue est _grouée_.

GROUÉE (s. f.): fruits à pressurer, tombés avant leur maturité et que

l'on recueille. Voyez DÉTÉ et TUIS. S.-I.

GROUER: égrainer; faire tomber les fruits d'un arbre. De _crouler_.

GROUET; GROUETTE: gros gravier. Terre de grouette: terre mêlée d'une

grande quantité de gros gravier.

Glossaire du patois normand · 第 26 / 107 题