COMPAGNÉE: compagnie, société. Ancien français. _Vie de Bayard._

COMPÈRE (s. m.): gilet. A.

CONARD: fou, sot. Il y avait une confrérie des Conards à Evreux, où on

disait:

Conards sont les Buzots et non les Rabillis;

_O Fortuna potens, quam variabilis!_

CONDITION: domesticité; place de domestique.

CONFIÈRE (s. f.): consoude (_symphitum officinale_). En anglais,

_comfrey_.

CONFLEURIE: confrérie. S.-I.

CONFONDRE: gâter, détériorer considérablement.

CONFUSION: abondance désordonnée. L.

CONGNOITRE; CONGNOISSANCE: connaître, connaissance. Roman. Du verbe

latin _cognoscere_. O.

CONRAYEUR: corroyeur. De l'ancien français _conreur_, _conréeur_. L.

CONROI: glaise. A.

CONSÉQUENT: considérable, de conséquence.

CONSOMMER: anéantir. Le froid me consomme; je suis consommé de coliques.

CONTEOR: avocat, défenseur en justice. L'ancienne Coutume de Normandie

s'exprime ainsi: «conteor est que aucun establit pour conter pour lui en

cort.»

CONTREBOCHE (s. f.): surabondance.

CONTRE DE: contre. Contre de lui: contre lui.

CONTREMONT; CUCONTREMONT: violette de chien, violette inodore.

CONTREPORTEUR: colporteur. L'Estoille employait ce mot, en 1609. Des

Perriers (_Nouv. IV_) écrit contreporter pour colporter.

CONTR'HUS; CONTREHUIS: petite porte en treillage ou en lattes, ménageant

l'entrée de la lumière et ne permettant pas aux volailles de pénétrer

dans la maison; treillage en paille pour garantir du vent.

COQ: renoncule pivoine; à cause de sa couleur qui est rouge comme la

crête d'un coq.

COQ-ANGUILLE: insecte aquatique. C'est l'_Hydrophylus picæus_. B.

COQ A DINDES: coq-d'Inde.

COQ A POULES: coq, mâle de la poule.

COQCIDROUILLE (s. f.): qui fait l'importante. S.-I.

COQUELOURDE; COUQUELOURDE: julienne (_Hesperis matronalis_). La

véritable coquelourde est l'_Agrostemma coronaria_.

COQUER et non pas CAUCHER: cocher, en parlant du coq ou de toute autre

volaille qui féconde sa femelle.

COQUÉRAN: hermaphrodite. Coutances.

COQUET: cochet, jeune coq.

CORBICHÉE: cabriole.

CORDER (v. a): cordeler, disposer en corde le bois de chauffage.

CORE: encore. Par aphérèse. Voyez ACO.

CORÉE: fressure. Du latin _præcordia_; de l'italien _corata_. App. au

patois Bourguignon. Voyez HATILLE.

CORIEU: courlis, oiseau de passage. En Roman, _courlioux_.

CORNARD (cheval): cheval poussif, atteint de cornage (sifflement de sa

respiration qui imite le son d'un _cor_).

CORNEBICHET: Bernard-l'Ermite, sorte de coquillage univalve.

CORNEILLE (s. f.): orchis.

CORNICHE: planche ou tablette de cheminée. L.

CORNIER: tuile creuse et anguleuse pour les coins des couvertures. Du

Roman, _cornée_, coin.

CORNIFLER: épier. Du verbe écornifler.

CORNU (Pain): petit pain blanc, de pâte ferme, fendu, en quatre cornes à

sa surface, pour obtenir plus de croûte.

CORPORAL: caporal. S.-I.

CORPORENCE: corpulence. L.

CORSÉ: qui a du corps, étoffé.

CORSÉE; CURÉE: _corps_ devenu charogne.

CORSELET: corset. Patois Lorrain.

CORSER: lutter corps à corps. Dans l'ancien français, _cosser_

signifiait lutter.

CORSIR: racornir. A.

CORSU. Voyez CORSÉ.

CORTINE: rideau de lit. Du latin, _cortina_.

COSSEAU ou COSSET (s. m.): plume à écrire non encore taillée. B.

COSSI: courbattu, meurtri.

COSSIAU (s. m.): sorte de petit vase, dans lequel les faucheurs placent

leur pierre à aiguiser pour l'humecter. En usage aussi dans le

département de la Mayenne. Du latin, _cos_, nominatif inusité de

_cautis_, pierre.

COSSON (s. m.): sorte de ver blanc, qui ronge les végétaux; charançon.

COTE (s. f.): côté. _Mettre de côte_: mettre de côté. A COTE: à côté.

PAR A COTE: par à côté.

COTÉE (s. f.): rangée.

COTILLAGE (s. m.): terrain en petits _coteaux_. L.

COTIN (s. m.): maisonnette. Employé par Wace. En anglais, _cottage_. De

l'islandais _kot_. En celtique-breton, _koat_, _koad_, signifie bois.

Ainsi, le _cotin_ était vraisemblablement d'abord une cabane en

charpente, comme on en voit tant en Normandie.

COTIR; FAIRE COTIR: jaillir, faire jaillir.

COTIR (SE): s'échauffer en parlant du bois qui se gâte. Du

celtique-breton _koat_, bois.

COTIR. Voyez COFFIR. A.

COTON et non CAUTON (s. m.): nervure d'une feuille ou d'une tige; sorte

de _côte_. De _costa_ et non pas de _caulis_.

COTONNETTE: cotonnade, étoffe de coton. L.

COTTER: jaillir. Roman. Voyez COTIR.

COUAILLE (s. f.); COUAILLON (s. m.): queue de jupon ou de robe en

mauvais état. Du vieux français _coue_, queue. Par extension, mauvais

chiffon. Voyez LOUÊPE. A.

COUANNE: couenne. En patois Walon, _koinne_ signifie corne. La couenne,

en effet, a l'air de la substance des cornes.

COUCOU: primevère jaune à grappes. _Cocu_, en patois Troyen. Tire son

nom de l'époque de sa fleuraison, qui a lieu à l'arrivée du coucou.

COUE: queue. Du latin _cauda_.

COUE DE PRÊTRE: blé de vache (_Melampyrum arvense_). B.

COUÉE (s. f.): queue de jupon ou de robe crottée, ou salie. Expression

de mépris. De _coue_. A.

COUÊMES (s. f.): crottin de cheval. Du latin _equus_, cheval, dont nous

avons tiré écurie, écuyer. _Couêmes_ pour _écouêmes_, par aphérèse. A.

COUESPEAU: copeau.

COUER: couver.

COUET: ruban de fil. Vire. Voyez LISETTE.

COUETTE: petite queue. Diminutif de _coue_.

COUETTE. Voyez COITE. L.

COUIE (s. f.): sorte de vase en bois, dans lequel le faucheur met sa

pierre à aiguiser. Du latin _cos_, nominatif inusité de _cotis_, pierre.

COUIER: villageois grossier. En Roman, _coullier_, poltron.

COUILLÈRE: cornet de parchemin servant de tabatière. B.

COUENCHE: sournois, poltron; qui regarde du _coin_ de l'oeil. L.

COUINER: pleurer en criant. Même signification en Roman.

COUINETTER (v. n.): crier comme un lapin qui a peur. C'est peut-être

plutôt une onomatopée qu'un dérivé du substantif latin _cuniculus_,

lapin; en vieux français, _connil_. En Roman, _couinner_ signifiait

pleurer en criant. A.

COULAGE (s. m.): gaspillage continué. L.

COULANDAGE (s. m.): gaspillage. A.

COULANDIER, ÈRE: qui occasionne le gaspillage par une mauvaise

administration. A.

COULER (EN): en faire accroire. S.-I. Se dit aussi en patois Lorrain.

COULINE ou COLINE: torche de paille, brandon. Roman.

COUP (A): à temps, à propos, promptement.

COUPASSER: couper maladroitement.

COUPEAU; COUPET: cime, sommet. Le coupeau de la tête: le haut de la

tête. En Roman, _coupel_, _couplet_, hautes branches d'un arbre;

_coupet_, chignon du cou. De _caput_.

COUPER: découper, en parlant d'une pièce de viande.

COUPÈRE (s. m.): compère.

COUPLÈRE (s. f.): pièce de cuir qui consolide les chapes du fléau.

COUPLÉE (s. f.): linge attaché ou assujetti par _couple_, ou en plus

grande quantité. A.

COUPLER: mettre en couplée, accoupler.

COUPLETTE: culbute. Voyez SAUCUBLETTE.

COURANDIER, ÈRE: qui aime à flâner, à _courir_ hors de sa maison pour

trouver avec qui parler. A.

COURANTE: diarrhée, _cours_ de ventre.

COURCAILLET: instrument pour appeler les _cailles_; sorte de sifflet qui

imite leur cri.

COURCHER: courir. Voyez COURSER. S.-I.

COURÉE. Voyez CORÉE.

COURGE (s. f.): sorte de joug qu'on met sur les épaules pour porter deux

seaux.

COURGET (s. m.): escourgée, fouet en courroies de cuir; coups donnés

avec ce fouet. En Roman et dans le patois du Jura, _courgie_. A.

COURJOT: tige de chou. De _jet_ ou tige de cette plante. Vire.

COURRAIE: courroie.--Voyez COURÉE.

COURSER: aller, courir sans utilité. A.

COURTIL: jardin potager. De la basse latinité _curtile_. En Roman,

_cortil_. On lit dans _le Roman du Renard_:

La bone fame du maisnil

A ouvert l'huis de son courtil.

_Corti_, dans le patois Walon.

COURTIN. Même signification que COURTIL.

COURTINE (FAIRE): relever devant le feu le bas des jupons, pour se

chauffer les jambes et les genoux.

COUSETTE: mauvaise couturière. L.

COUSINE: belle-mère.

COUSINET: oeilletin. OEillet mignardise. L.

COUSINETTE: passe-pomme. Ailleurs, pomme de Saint-Contest.

COUTAGEUX: coûteux.

COUTE QUI COUTE: coûte que coûte; quoi qu'il en coûte. L.

COUTE (s. m.): coude.

COUTE-PIED: coude-pied.

COUTEMENT: coût, dépense. En Roman, _coustement_.

COUTET; COUTIAU: couteau. Du latin _cultellus_.

COUTIBLE: coûteux, difficile, pénible. L.

COUTRE: coudre. L.

COUTRE (s. m.): bédeau. S.-I.

COUVERCHE (s. m.): couvercle.

COUVERT: bien couvert, bien habillé. On lit dans les _Épigrammes de De

Cailly_:

De ces lieux Philémon partit à demi-nu;

Bien suivi, bien couvert le voilà revenu.

Glossaire du patois normand · 第 10 / 107 题