IV

Marc-Elie Luce est introduit dans le salon de Buis, où se trouve

l'abbé Lévys.

L'ABBÉ (s'avançant).--Je suis chargé, monsieur, par Mme Barois, de vous

prévenir que notre malade est à peine remis de sa dernière rechute...

Il a besoin de ménagements...

LUCE (inquiet).--Mais je ne demande qu'à lui serrer la main. Si vous

supposez qu'une conversation...

L'ABBÉ (embarrassé).--Non, monsieur, je ne pense pas qu'une

conversation ... sur des sujets... Enfin, sans rien qui puisse

provoquer un effort cérébral...

Luce sourit: une indulgence nuancée d'amertume.

LUCE.--Vous pouvez rassurer Mme Barois, monsieur l'abbé... Barois m'a

prévenu de sa conversion, et je ne viens pas ici pour le contredire...

L'abbé rougit. Tics nerveux.

LUCE (froid).--D'ailleurs, je n'ai que peu de temps: je compte

reprendre le train de trois heures.

L'ABBÉ (vivement).--La gare est très proche, par le raccourci... Et si

vous voulez bien, je vous montrerai moi-même le chemin...

* * * * *

Jean a voulu se lever.

Il s'est fait habiller, et asseoir devant son bureau, qui est

maintenant dans sa chambre,--car il ne descend plus.

Ses vêtements de drap noir, boutonnés, flottent autour de lui. Une

parade mortuaire: le col baîlle; la peau colle au crâne; une barbe peu

fournie comble la cavité des joues; les lèvres brident sur les dents;

les ongles sont en corne jaune.

A l'entrée de Luce, il cherche à deviner le progrès de son mal. Mais

Luce vient vers lui, souriant, impassible.

JEAN (tout de suite).--Vous vous demandez, n'est-ce pas, comment c'est

arrivé?

Luce ne comprend pas.

Cette voix éteinte et rauque...

Jean soulève un petit crucifix, qui est près de son mouchoir, sur le

bureau désert.

Une gêne.

JEAN (buté).--Comment c'est arrivé? Je n'en sais rien... Mais ce

n'est pas le premier _comment_ ni le premier _pourquoi_ qui nous

échappent! (Il sourit bizarrement.) «_Invocavi et venit in me spiritus

sapientiæ._» Depuis longtemps je ne croyais plus aux idées...

LUCE (évasivement).--Oui, c'est le cœur qui mène à la foi...

JEAN.--Ah, mon ami, c'est bon... On sent qu'on pénètre enfin la vie,

qu'on voit l'univers par le dedans...

(Vivement, comme s'il craignait une objection.) Et puis c'est une

solution pratique qu'il nous faut...

Luce acquiesce par un sourire affectueux.

Jean a glissé au fond de son fauteuil. Son regard a la fixité d'yeux

de verre, enchâssés dans un masque de cire.

Luce évoque le Barois, qui, pour discuter, se campait, les jambes

écartées, tête de biais, sourcils dressés...

Jean le regarde; et tout à coup, un petit rire silencieux.

JEAN.--Je vous plains, mon pauvre ami... Vous résistez encore, vous...

Vous vous débattez...

Luce, surpris, proteste doucement. Mais le sourire de Jean est obstiné.

JEAN.--Vous vous débattez, comme je faisais... Je connais ça...

(Haussant les épaules.) A quoi bon? Vous savez bien que vous y viendrez

aussi...

Il saisit la petite croix et la soulève à nouveau.

JEAN.--Voyez comme je me suis résigné à mourir, pour revivre auprès de

Lui!

L'intonation est angoissée.

Luce l'examine d'un regard compatissant: il a mesuré d'assez près

l'abîme, pour ne plus mépriser ceux qui ont le vertige. Mais il ne

trouve rien à répondre.

Quelques minutes s'écoulent.

Luce se lève.

Jean le voit partir, presque sans regret. Une couche d'impressions

neuves s'interpose maintenant entre son équilibre actuel, sa foi,--et

son passé. Il prend la main tendue. Luce est très pâle.

JEAN.--Nous avons été deux semeurs de doutes, mon vieil ami. Que Dieu

nous pardonne...

* * * * *

Luce descend l'escalier, le cœur serré.

Il entre dans le salon; la fuite d'une jupe.

LUCE (à l'abbé).--Pourrai-je saluer Mme Barois?

L'ABBÉ.--Je ne pense pas que Mme Barois soit rentrée... D'ailleurs, si

nous voulons gagner la gare à pied, il va être l'heure...

Luce n'insiste pas.

Dehors, froid vif et sec.

Aussitôt franchi le portail, l'abbé se tourne.

L'ABBÉ.--Eh bien, comment l'avez-vous trouvé?

Luce fait un arrêt, à peine sensible, regarde l'abbé, et reprend sa

marche. Il n'a plus, avec ce prêtre, les mêmes motifs qu'avec Jean

pour dissimuler.

LUCE.--Il est méconnaissable... Il ne reste plus rien de son

intelligence: il vit aujourd'hui, d'une faible lueur de sensibilité...

L'ABBÉ (défensif).---Vous faites erreur: croyez bien qu'il a longuement

discuté, avant de trouver sa voie!

LUCE (avec amertume).--Discuter? Mais il ne le pouvait déjà plus

lorsqu'il a quitté Paris!

(Posément.) Non. Ce pauvre Barois est, comme tant d'autres, une victime

de notre époque. Sa vie, a été celle de beaucoup de mes contemporains:

elle est tragique...

Il se tourne vers l'abbé, oubliant le prêtre; dans son regard,

cette curiosité amoureuse et perspicace, qui a été la poésie de son

existence.

LUCE.--Son éducation catholique s'est brisée, un jour, contre la

science: toute la jeunesse cultivée passe par là. Malheureusement,

notre conscience morale, dont nous sommes si vaniteux, nous la tenons,

par hérédité, de plusieurs centaines de générations mystiques. Comment

rejeter un pareil patrimoine? C'est lourd... Tous n'arrivent pas à

fortifier suffisamment leur raison pour qu'elle reste jusqu'au bout

victorieuse. Aux jours de tempête, tant d'instincts, tant de souvenirs,

l'assaillent! Toutes les faiblesses sentimentales d'un cœur humain...

La plupart, en pleine force d'âge, donnent bien, comme Barois, le coup

d'épaule qu'il faut pour s'affranchir. Mais viennent les déceptions,

viennent les maladies, la menace finale, c'est la déroute: vous les

voyez recourir bien vite aux contes de fées qui consolent...

L'abbé, le menton dans sa cape, hâte le pas.

LUCE (triste).--Vous lui avez offert la survie, et il s'y est accroché

désespérément, comme tous ceux qui ne peuvent plus croire en eux, qui

ne peuvent plus se contenter de la vie réelle...

Mouvement de l'abbé.

C'est votre mission, je sais bien... Et je dois reconnaître que

l'Église a acquis en ces matières une incomparable expérience! Votre

au-delà est une invention merveilleuse: c'est une promesse placée si

loin, que la raison ne peut pas interdire au cœur d'y croire, s'il en a

envie, puisqu'elle échappe, par définition, à tout contrôle...

Ah, c'est la trouvaille de votre religion, monsieur l'Abbé, d'avoir su

convaincre l'homme qu'il ne doit plus chercher à comprendre!

L'ABBÉ (relevant la tête).--C'est la loi de Jésus lui-même, monsieur.

Il ne démontre pas, il ne raisonne pas; il dit: «Croyez en moi.» Il

dit, plus simplement encore: «Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi,

et qu'il boive...»

Un temps.

LUCE (malgré lui).--Une belle conversion! Vous pouvez être fier.

L'ABBÉ (s'arrêtant).--Oui, j'en suis fier!

Une bise soudaine, au tournant de la rue, fait claquer son manteau. Il

brave Luce d'un regard sombre, ambigu.

L'ABBÉ.--Etiez-vous capable de le consoler? Moi, je lui ai apporté le

calme; je lui ai montré des horizons de clarté. Vous n'avez su lui

proposer que des visions sans espérance!

LUCE (avec mesure).--Pourquoi «sans espérance»?

Mon espérance, c'est de croire que mes efforts vers le bien sont

indestructibles! Et elle est si forte, ne vous en déplaise, que les

triomphes partiels du mal ne la découragent pas...

Mon espérance, à moi, n'exige pas, comme la vôtre, l'abdication

de ma raison: au contraire, ma raison l'étaye. Elle me prouve que

notre vie n'est ni un mouvement à vide, ni une simple occasion de

souffrir, ni une course au bonheur individuel; elle me prouve que mes

actes collaborent au grand effort universel; et partout elle me fait

découvrir des motifs d'espérer! Partout je vois la vie naître de la

mort, l'énergie naître de la douleur, la science naître de l'erreur,

l'harmonie naître du désordre... Et, en moi-même, ces évolutions-là se

produisent tous les jours.

Oui, je lui ai offert une foi, moi aussi, et qui valait bien la vôtre,

monsieur l'Abbé.

L'ABBÉ.--Elle n'a pu lui suffire: c'est un fait!

(Violence inattendue.) Et même si vous pensez que je lui ai offert un

mensonge, vous devriez être heureux que j'aie pu, par n'importe quel

moyen lui rendre la paix!

LUCE.--Je ne connais pas deux morales. On doit arriver au bonheur, sans

être dupe d'aucun mirage, par la seule vérité.

Un temps.

LUCE.--Ah, nous aurons été un moment pathétique de l'histoire de la

science, le moment le plus aigu sans doute de son conflit avec la foi!

L'ABBÉ (brusque impatience).--Vous êtes d'un autre temps, monsieur Luce

... du temps où l'on coupait inconsidérément les ponts qui nous relient

au passé. Vous croyez à la régénération sociale, et vous avez pu

renoncer à la prière, à la survivance spirituelle... Mais vous ne savez

pas voir autour de vous: ce temps-là est déjà loin! Vous n'avez pas

aperçu le réveil général d'un besoin religieux, que vos sèches théories

ne pourront jamais satisfaire!

(Rire révolté.) Un athée ne comprendra jamais ce qui se passe dans

l'âme d'un homme qui prie...

LUCE (souriant).--Ce sont des défaillances inévitables. Mais cette

incroyance raisonnée que nous avons conquise, au prix souvent de

pénibles souffrances, ne peut pas être perdue: elle s'imprime, peu

à peu, jusqu'au fond des moelles de notre race, et libère d'autant

l'humanité à venir!

L'ABBÉ (farouche).--Non, l'homme ne pourra jamais se passer de Dieu...

La vie est dominée par la mort; et seule la religion apprend à

l'attendre, à la subir,--quelquefois même à la désirer.

LUCE (le masque contracté).--La mort est dans la logique de la vie.

J'accepte l'idée de mort comme j'accepte l'idée de naissance.

L'ABBÉ (sourire cruel).--Oui, pour le moment! Oui, vous vous portez

assez bien pour «accepter» la mort!

Mais je vous le dis, monsieur Luce, le jour où vous sentirez qu'_elle_

approche, qu'_elle_ est là, ah! vous verrez quel piètre appui vous

trouverez dans vos négations stériles!

La place de la gare, que sillonne un va-et-vient de piétons et de

véhicules.

Luce s'arrête. Une ombre s'est creusée sous ses yeux gris.

LUCE (voix lourde).--A mon âge,--autant dire au seuil de la mort--on

est sincère, n'est-ce pas? Ce n'est pas l'heure où l'on a envie de

faire des phrases...

Eh bien, je vous affirme que j'envisage la mort avec toute la sérénité

dont l'homme est capable,--avec la même sérénité que vous!

L'abbé détourne la tête.

LUCE.--Qu'est-ce qui vous adoucira le moment fatal? c'est la paix d'une

conscience tranquille... Cette sérénité-là, je puis l'avoir au même

titre que vous...

L'ABBÉ (ton âpre, sans regarder Luce).--Mais ce que vous n'aurez

pas, vous, c'est un prêtre, un envoyé de Dieu, pour venir se pencher

sur votre agonie, et, d'un seul geste d'absolution, effacer jusqu'au

souvenir de ce que vous aurez fait de pire!...

LUCE (doucement).--Je n'en ai pas besoin.

Il est devenu blême, tout à coup.

Un sourire d'orgueil. Il tend sa main à l'abbé.

LUCE.--Au revoir, monsieur l'Abbé... Sans rancune...

Et pourtant vous venez de me faire mal... J'avais presqu'oublié que je

suis condamné, et vous venez de m'en faire souvenir,--durement...

Geste de l'abbé.

LUCE (souriant toujours).--Je sais que dans deux, trois, quatre mois,

tout au plus, il faudra que je subisse une opération, qui est sans

espoir... Et si je suis venu voir Barois, c'est parce que je me sais

encore plus sûrement perdu que lui-même...

L'ABBÉ (bouleversé).--Vous vous exagérez, peut-être...

LUCE (cessant de sourire).--Oh, ce n'est pas que je regarde la mort

sans épouvante... Non... Mais je la regarde! (Il frissonne.) J'en ai

peur, autant qu'un autre, parce que ma chair est lâche: mais c'est une

peur physique.

Moralement, allez, je reste bien d'aplomb!

Il traverse le trottoir, d'un pas ferme.

L'abbé le suit des yeux jusqu'à ce qu'il ait disparu.

V

«Mon cher Barois,

«Depuis que Luce est mort, je veux vous écrire. Mais j'ai eu le côté

droit ankylosé à la suite d'une petite congestion, et j'ai été retardé.

«Les médecins avaient résolu de tenter l'opération. Il s'y était

soumis sans illusion. Il avait demandé quinze jours pour ranger ses

papiers. Il m'a prié de l'aider, et je ne l'ai plus quitté.

«Un jour, en classant les notes du livre qui reste inachevé, il a

vu que je pleurais. Il est venu à moi, et il m'a dit un mot qui

le résume:--«Vous, Woldsmuth? Mais quoi? c'est la vie... _Ne nous

laissons pas aveugler par l'individuel..._»

«L'opération a eu lieu.

«Elle a réussi au delà de toutes les espérances. Le chirurgien

lui-même semblait oublier que ce n'était qu'une rémission; nous tous

avec lui. Le dix-huitième jour, Luce était debout, on le laissait

rentrer chez lui. Il disait: «Je vais me remettre au travail, j'ai

tant à faire encore!»

«C'est à partir de ce moment-là que le mieux a cessé, brusquement.

Il l'a senti tout de suite: les symptômes reparaissaient, un à un.

Il reculait toujours le moment d'avertir ses enfants; et eux, qui

s'apercevaient du changement, feignaient de croire à sa guérison.

«J'y allais tous les jours. Avec moi, il parlait de sa mort, sans

répit.

«Il me disait:

--«J'ai de la chance d'être ainsi prévenu d'avance, de pouvoir me

préparer à l'acceptation. C'est le dernier acte qui me reste à

accomplir pour avoir fait ce que je devais. Je me suis toujours

efforcé de rendre ma vie conforme à mes idées, pour donner à celles-ci

leur maximum de force; il me reste à mourir, sans dévier; il me reste

à montrer que je n'ai pas peur de la mort, que je la vois venir, que

je l'accueille, que je meurs en _confiance_...

«Le retentissement d'une fin sereine est immense, sur notre pauvre

troupeau affolé de condamnés à mort! Socrate l'avait bien compris.

Plus on relit le récit de ses derniers jours, plus il est clair que

Socrate n'a pas consenti à se faire acquitter. Il avait soixante-dix

ans; il avait fini d'enseigner; il a eu la suprême sagesse de vouloir

agir, une fois encore, par une mort qui ne fût pas passive, qui fût

la preuve dernière de l'assurance de son cœur. Je me souhaite une

pareille fin.»

«Puis un trouble passait sur son visage:

--«Et pourtant, on dit que souvent ceux qui l'ont attendu avec le plus

de calme, sont justement ceux qui, au moment de mourir, se laissent

aller à la plus grande révolte...»

«Mais il ajoutait, précipitamment:

--«Une révolte _nerveuse_, bien entendu...»

«Pas un seul jour je n'ai vu fléchir cette adhésion à la vie et à la

mort. Et pourtant il a bien souffert!

«Il faisait le bilan de son existence. Un matin, après une nuit

d'insomnie, il m'a dit:

--«C'est une consolation pour moi de m'apercevoir combien ma vie aura

été harmonieuse. Pendant que l'on vit, on se désespère de ne pas

pouvoir mettre plus d'unité dans ses actions. Mais maintenant, je vois

que je n'ai pas à me plaindre. J'ai rencontré tant d'êtres tourmentés,

insatisfaits, sans cesse emportés en deçà ou au delà de leur centre de

gravité!

«Mon existence, à moi, n'a pas connu ces secousses; elle pourrait

s'exprimer par deux ou trois mots simples et clairs. Cela me donne,

en m'en allant, un sentiment de paix. Je suis né avec de la confiance

en moi, en l'effort quotidien, en l'avenir des hommes. J'ai eu

l'équilibre facile. Mon sort a été celui d'un pommier de bonne terre,

qui porte régulièrement ses fruits.»

«La dernière semaine a été particulièrement cruelle.

«Puis, la veille du jour où il est mort, les souffrances ont diminué.

«Ses petits enfants, les aînés, sont entrés un instant dans sa

chambre. Il ne parlait déjà presque plus. Il les a vus venir, il leur

a dit:--Allez-vous-en, mes petits, adieu, il ne faut pas que vous

voyiez ça...»

Vers six heures, on allumait les lampes, il a regardé autour de lui

comme pour s'assurer que tous ses enfants étaient réunis. Il avait un

regard extraordinaire. Il semblait pouvoir dire la vérité sur tout.

Il semblait que s'il avait pu s'expliquer encore, il eut dit, sur

lui, sur sa vie, sur la vie de tous les hommes, la parole décisive,

libératrice... Mais il s'est soulevé sur un coude, et il a seulement

dit, d'une voix étouffée, comme s'il s'éveillait:

--«Ah, c'est la mort, cette fois...»

«Ses filles n'ont pu retenir leur douleur. Elles étaient à genoux

autour de son lit. Alors il a posé ses mains sur toutes ces têtes, et

il a murmuré, pour lui seul:

--«Qu'ils sont beaux, mes enfants!»

«Puis il s'est renversé sur l'oreiller.

«C'était le soir. Il est mort, au matin, sans avoir rouvert les yeux.

«Voilà ce que je voulais vous écrire, mon cher Barois, parce que je

sais que cette mort peut vous faire du bien, comme à moi. Elle nous

console de toutes les choses mauvaises que nous avons rencontrées sur

notre chemin.

«J'ai la certitude après avoir vu mourir Luce, que je n'ai pas eu

tort, d'avoir foi en la raison humaine.

«Pour moi, j'ai de si faibles yeux maintenant, que je ne travaille

plus guère au laboratoire. J'écris: je récapitule mes recherches sur

l'origine de la vie. Elles n'ont pas atteint leur but, mais je lègue

à ceux qui me suivent, les résultats que j'ai acquis. Le temps est un

facteur essentiel du progrès; il est vraisemblable qu'un jour un autre

trouvera ce que j'ai cherché; et c'est une pensée très apaisante.

«Votre dévoué,

Jean Barois · 第 163 / 165 题