BAROIS.»

Quelques jours après. Neuf heures du matin.

Barois, levé tard, achève en flânant sa toilette.

Il n'a rien à faire: c'est le 1er janvier.

Pascal apporte un paquet de cartes et de lettres.

PASCAL.--Monsieur dînera-t-il ici?

Barois s'est approché du plateau et trie le courrier.

BAROIS.--Non, non... disposez de votre soirée. (Coup d'œil hésitant.)

Vous devez avoir de la famille, des amis?

PASCAL (placide).--Ma foi, non: si Monsieur n'est pas là, je dînerai de

bonne heure et j'irai au cinéma.

BAROIS (le rappelant).--Eh bien, alors, Pascal, préparez-moi donc à

dîner ici... Hein? N'importe quoi, à l'heure que vous voudrez: je ne

bouge pas de la journée. Les restaurants sont si bêtes, les jours comme

aujourd'hui...

Il ouvre quelques lettres. Puis il aperçoit le timbre de Buis, et,

sans hâte, déchire l'enveloppe.

«Presbytère de Buis-la-Dame.

«31 décembre.

«Mon cher Jean,

«Je serai toujours prêt, en souvenir du passé, à être votre

porte-paroles.

«Je me suis acquitté de la présente tâche avec d'autant plus de zèle,

que toute autre solution m'eût semblé singulièrement inconsidérée.

Votre décision épargne à Madame Barois de nouvelles épreuves, et c'est

justice: la pauvre femme mérite d'être un peu récompensée du digne

renoncement de sa vie.

«Je croirais cependant manquer envers vous d'une certaine loyauté, en

vous cachant que c'est Marie qui a obligé sa mère à vous faire écrire

par Maître Mougin. Vous voyez à quel point les sentiments filiaux

que vous prêtez à la chère enfant, sont différents de ceux qu'une

éducation profondément chrétienne a su développer en elle.

«Je vous serre la main,

Jean Barois · 第 142 / 165 题