Le général Gonse se lève et s'approche du général de Pellieux, qui lui
cède sa place à la barre.
Une physionomie soucieuse; un regard terne, mais agressif; une voix
qui parait étrangement molle après celle du général de Pellieux et
celle de Labori.
M. LE GÉNÉRAL GONSE.--«Monsieur le Président, je confirme complètement
la déposition que vient de faire le général de Pellieux.
«Le général de Pellieux a pris l'initiative, il a bien fait; je
l'aurais prise à sa place pour éviter toute équivoque. L'armée ne
craint pas du tout la lumière, elle ne craint pas du tout, pour sauver
son honneur, de dire où est la vérité.»
Labori fait un geste d'assentiment et de confiance.
Des applaudissements.
M. LE GÉNÉRAL GONSE (avec lourdeur).--«Mais il faut de la prudence, et
je ne crois pas qu'on puisse apporter publiquement ici des preuves de
cette nature, qui existent, qui sont réelles, et qui sont absolues.»
Ces restrictions inattendues provoquent une houleuse inquiétude.
Quelques murmures désapprobateurs. La majorité hésite, cherchant le
vent.
Me Clémenceau se lève posément.
Me CLÉMENCEAU.--«Monsieur le Président, je vous demande la
parole.»
Mais le général de Pellieux bondit à la barre, qu'il saisit
fébrilement à deux mains, et son ton cassant domine tout.