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[29] Cette manière de faire la traite, que le mousse Palanquin indiquait

à son cousin Bastringue, comme un moyen fort économique et fort simple

de se procurer des noirs, n'avait pas pour elle le mérite de la

nouveauté. Dans plusieurs colonies étrangères, on a vu assez souvent des

spéculateurs ingénieux, armer en guerre des navires, qui au lieu

d'aller, sur la côte de Guinée, échanger honnêtement une coûteuse

cargaison contre des esclaves, se contentaient d'attendre au large, pour

les piller, les négriers qui venaient d'acheter péniblement et

dangereusement leur traite. Une artillerie respectable, un fort équipage

et une cale spacieuse à remplir, suffisaient à ces écumeurs de nègres

traités, pour assurer le succès de leur croisière dans le golfe de

Guinée, ou sur les attérages de Boni, du vieux-Calebar ou du Cap-Coast.

Les premières captures faites par ces pirates, donnèrent l'éveil aux

armateurs des vrais négriers, qui n'osèrent plus expédier en Afrique,

que des navires assez bien armés et équipés, pour prêter côté à

l'occasion, aux détrousseurs qu'ils étaient exposés à rencontrer

cherchant fortune sur lest et au bout de leurs canons. Et chose que l'on

croirait à peine si l'on ne savait pas combien l'avidité du gain est

propre à exciter l'intelligence humaine, c'est que presque toujours ces

voleurs d'esclaves réussissaient à dénicher plus adroitement les

négriers qu'ils se proposaient de piller, que ne pouvaient le faire les

croiseurs que les différens gouvernemens expédiaient dans les mers

intertropicales, pour la répression de la traite.

Les trois pirates (1/2) · 第 48 / 67 题