[21] On appelle quelquefois un tourlourou, un fort et pesant navire
marchand, en raison, sans doute, de l'analogie que les marins ont
trouvée entre les tourlourous, sorte de crabbes de terre, et les
bâtimens mauvais voiliers qui, comme les tourlourous, paraissent marcher
à reculons. On ferait un volume de tous les mots qu'emploient les
matelots, pour désigner les bâtimens d'une marche inférieure. Barque,
Barcasse, Baille-à-brai, Hourque, Ponton-de-Carêne, Paria, Paliaca,
Barque-à-Piment, Bouée, Coffre-à-mort, Corps-mort, Bugalet,
Marie-Salope, Crabbe, sont les termes les plus ordinaires dont ils se
servent pour exprimer le peu de cas qu'ils font des navires mauvais
marcheurs. La marche étant aux yeux des marins la qualité la plus
importante que puisse posséder un bâtiment, il n'est pas étonnant qu'ils
aient trouvé beaucoup de mots pour donner l'idée du mépris que leur
inspirent les navires totalement dépourvus de cette qualité essentielle.
On remarquera que la plupart de ces noms sont du féminin.