Grâce à l’espèce de sacrifice de Cornélius van Elven, le capitaine
Carlos Flink ne quitta point l’armée et conserva son grade. Il fallait,
devant l’opinion publique, une victime expiatoire pour l’affaire du
_Zand-Straat_. Cette victime, ce fut Cornélius. Le capitaine Flink
continua à servir la Hollande, et Cornélius, accrochant à la muraille
son épée de capitaine, se contenta, comme il l’avait dit au ministre,
d’être heureux, tout en poursuivant avec acharnement un but que bien
d’autres eussent traité de chimère.
Il y avait dix ans déjà que l’aventure du _Zand-Straat_ était oubliée et
l’ancien capitaine des fusiliers du Guepo-Upas continuait à caresser le
rêve qu’il avait, en amoureux jaloux d’un songe, voulu cacher au major
général.
Lorsque Cornélius van Elven, enfermé dans son artistique maison de
Rotterdam, laissait échapper le secret de ses préoccupations constantes,
de ses espoirs et de ses rêves, il n’y avait cependant point, dans tout
le royaume des Pays-Bas, un homme plus éloquent que lui. Il n’était déjà
plus le soldat d’autrefois, l’homme des prouesses froidement résolues.
Son nom n’était pas oublié des soldats hollandais de la garnison de
Batavia, mais peut-être ses fantassins n’eussent-ils point reconnu leur
ancien officier. Maintenant, Cornélius vivait loin du monde, penché sur
d’immenses cartes géographiques, entre des mappemondes volumineuses, la
plume ou le compas à la main, poursuivant on ne savait quel problème,
alignant avec un acharnement passionné des chiffres après des chiffres.
Quoique jeune encore — il avait tout au plus atteint la quarantaine —
Cornélius ressemblait déjà à un vieillard. Ses cheveux étaient rares sur
son crâne à demi dénudé, dont le front élargi et admirablement dessiné,
vaste et beau, luisait comme de l’ivoire jauni. Ses tempes grisonnaient,
et sa barbe, qu’il portait entière, semée de fils d’argent, lui donnait,
lorsqu’il était assis à sa table de travail, une calotte de velours sur
la tête, l’aspect de quelque songeur de Rembrandt. Cet homme était beau
d’ailleurs, blond, l’œil bleu rempli d’une flamme virile, et lorsqu’il
laissait tomber son regard, du haut des fenêtres de sa demeure, sur la
Meuse aux eaux vertes qui coulait, rapide, devant son logis, on devinait
que ce n’était pas sur les bateaux en marche ou à l’ancre qu’il fixait
ses prunelles, mais plutôt sur quelque chose d’invisible aux autres
yeux, de lointain et d’immense, qu’il entrevoyait, lui, comme le voyant
aperçoit le fantôme.
Il y avait tout un monde de visions dans l’œil clair de Cornélius van
Elven. L’ancien capitaine des bataillons de Batavia poursuivait la
solution de quelque problème étrange. Il vivait retiré, avec sa chère
Margaret, une vieille cuisinière et deux domestiques, dans sa demeure du
quai des _Boompjies_ (les petits arbres), logis coquet, d’une propreté
étincelante, aux acajous brillants, aux miroirs sans mouchetures, aux
boutons de porte polis comme du cristal jaune.
Il avait fait un véritable musée de curiosités artistiques ou
scientifiques, tapissant les murailles de _lavis_ géographiques exécutés
par lui-même, suspendant à côté des faïences de Delft, aux chinoiseries
bleues et gaies, des armes de Java, des kriss malais, des sabres
japonais à la poignée nattée d’argent, ou de grands plats de cuivre
repoussé, ornés de l’énorme grappe de raisin de Chanaan, qui est comme
la marque distinctive des cuivres hollandais.
Entouré de ces objets d’art et gardant toujours à portée de sa main ses
instruments de travail, règles, boussoles et compas, Cornélius van Elven
était heureux. La poésie, chez lui, était d’ailleurs fort joliment
représentée par des fleurs toujours fraîches, des tulipes aux larges
pétales striés de rouge et de jaune, hautes sur leur tige verte, et par
cette femme jeune, adorable, qui passait, dans cette calme maison
hollandaise, comme un rayon de soleil électrique et réchauffant.
La beauté de madame van Elven était célèbre à Rotterdam, et la jolie
créole, qui faisait jadis tourner toutes les têtes lorsqu’elle
apparaissait sous les grands arbres de la rue centrale de Batavia, eût
encore brillé au premier rang si, malgré sa fortune — et pour plaire à
son mari — elle elle ne se fût volontairement confinée dans sa maison
des Boompjies. Cornélius vivait donc heureux. Il avait trouvé le bonheur
dans le calme et dans le rêve. Il aimait à s’enfermer seul dans son
cabinet de travail, et parfois il laissait Margaret s’y glisser et venir
déposer un baiser sur son front penché.
— Tu travailles trop, Cornélius! disait la jeune femme avec une
expression de bonté profonde.
Il relevait la tête, souriait de son beau sourire grave et répondait:
— On ne travaille jamais assez. La vie est si courte!
Alors, quand Margaret lui demandait vers quel but il marchait avec tant
d’acharnement depuis des années, Cornélius van Elven semblait se
transfigurer; ses traits placides et lourds prenaient soudain une
expression vraiment inspirée, et l’ancien combattant des _Chasseurs de
têtes_ se mettait à parler, avec une éloquence chaude et une foi
vibrante, des mystères que la nature cachait encore à l’homme et que
l’homme devait un jour pénétrer. Il disait les contrées inconnues, les
terres ignorées, les déserts immenses. Il montrait à Margaret éblouie
tout ce que cet être fragile et nu, l’homme, jeté sans défense sur
l’écorce terrestre, avait déjà trouvé et ce qui lui restait encore à
découvrir. Puis, comme un amoureux qui eût tiré de sa poitrine l’image
de la femme aimée, comme un prêtre qui tout à coup eût découvert l’autel
adoré, Cornélius, enfiévré, ardent, ses yeux bleus jetant des éclairs,
le geste élargi, la voix ardente, révélait à Margaret le secret de ses
recherches.
— Tu as grandi, lui disait-il, sous le soleil d’Asie. Tu as connu les
grands ciels d’un bleu implacable sur lesquels se découpent les palais
blancs que l’œil ne peut fixer. Tu as cherché, enfant, sous les lianes
des _banians_ immenses, un peu d’ombre contre la chaleur; tu as vu des
hommes à la peau de bronze que les rayons du jour semblaient réduire à
l’état de squelette. Tu as baigné tes petits pieds de reine dans les
flots bleus de la mer de Java. Tu as vu des pays aux arbres verts comme
des émeraudes, aux lacs couleur de turquoise, aux fleurs jaunes comme de
l’or ou rouges comme du sang ou des rubis. Eh bien! il y a, là-bas, du
côté du pôle, après la région des frimas et des neiges, derrière les
hautes montagnes de glace, au delà des brumes pleines de mystères et des
glaciers où grelottent, dans leurs peaux de bêtes, les Esquimaux du
Groenland; il y a, loin des _icebergs_ formidables, une mer immense et
bleue, plus bleue que celle du Bengale, au-dessus de laquelle volent,
innombrables et pareils à des flocons de neige, des multitudes d’oiseaux
inconnus! C’est la Mer libre, la grande mer, la mer profonde, la mer
plus vaste que l’Océan, puisqu’on n’en connaît point les limites, et qui
s’étend, avec ses bordures de glaces, jusque dans des régions où jamais
voix humaine n’a été entendue! Cette mer, la mer libre du pôle, sir John
Franklin l’a entrevue peut-être, Mac-Clintock est certain qu’elle
existe, Mac-Clure en a parlé! Moi, je la cherche, et je veux, je veux,
entends-tu? je veux m’enivrer de sa féerie, je veux respirer le vent qui
souffle au-dessus de ses vagues, je veux, de mes lèvres avides, je veux
boire de son eau glacée!
Et, continuant à décrire cette mer inconnue que son œil de voyant
apercevait clairement là, devant lui, — comme une vision vers laquelle
il pouvait étendre la main, — Cornélius van Elven entraînait réellement
Margaret sur ce grand chemin du rêve. La fille de l’armateur de Batavia
se laissait emporter par ces songes superbes. Elle aussi, plongeant ses
grands yeux noirs dans les yeux bleus et pleins de fièvre de son mari,
elle entrevoyait cette grande mer mystérieuse du pôle, déroulant au loin
ses flots et commençant peut-être un monde. Pleine d’admiration, de
respect et de passion pour Cornélius, elle trouvait que celui-là qui
pensait à reculer ainsi les limites assignées à l’homme était un de ces
êtres d’élection sur le front desquels s’est posée la langue de feu du
génie. Elle lui disait: _Parle! Parle!_ lorsque, comparant son premier
état à celui qu’il voulait suivre, Cornélius répétait que le soldat
conquérant qui tue n’est rien à côté du marin qui donne sa vie pour
découvrir des univers. Et lorsque, après lui avoir tant de fois décrit,
comme s’il l’eût réellement visitée jadis, cette brumeuse contrée du
Nord où le vieil Odin, le dieu Scandinave, semble éternellement assis,
dans ses glaciers brillants et beaux comme un Walhalla, sur son trône de
neige, lorsqu’il lui disait:
— Je veux aller là, je veux attacher le nom de van Elven à la
découverte de la Mer libre...
Margaret répondait, heureuse et fière:
— Ce que tu feras sera bien fait, Cornélius, et si tu as besoin de ma
fortune tout entière, prends-la, prends, mon bien-aimé! Tu sais bien
qu’elle est à toi!
Ce n’était pas de quelques milliers de florins que parlait madame van
Elven. Maître Holtius, mort depuis quelques années, avait laissé à sa
fille une royale fortune, bank-notes et tonnes d’or. De cette fortune,
Margaret en avait donné une partie aux pauvres en souvenir du négociant.
Le reste avait été confié à la Banque des Pays-Bas. Cornélius van Elven
pouvait donc à son gré fréter un navire, dépenser ce qu’il voudrait pour
l’expédition projetée. Margaret avait en lui la foi la plus profonde,
une foi absolue, celle de l’enfant qui incarne tout amour dans son père.
— Merci, répondait alors Cornélius lorsque Margaret lui parlait ainsi.
Quand j’aurai décidément trouvé le chemin qu’il faut suivre, le passage
à travers les falaises sinistres, je partirai, ma bien-aimée, en te
bénissant.
Cornélius van Elven n’avait d’autre amour que sa Margaret et d’autre
rêve que son œuvre. Point d’enfants. On eût dit que la vie le condamnait
au but unique qu’il entrevoyait comme dans la fièvre.
Depuis bien longtemps, Cornélius n’avait pas entendu parler de Carlos
Flink. Le capitaine était reparti pour Bornéo ou pour Sumatra. Il y
avait séjourné pendant plusieurs années, faisant son devoir, risquant sa
vie, puis il en était revenu avec une maladie de foie assez prononcée,
et il s’était marié à Overschie, dans ce petit village tranquille où il
espérait oublier ses fatigues et ses déceptions. Adriaan-Carlos, malgré
ses facultés hors de pair, son courage à toute épreuve, son coup d’œil
admirable, cette intrépidité d’âme et de corps qui l’avait taillé dans
le roc des héros, n’était, en effet, arrivé à rien, et se trouvait, à
quarante ans passés, aussi pauvre que devant, malade et lassé de tant de
luttes. A quoi lui avait servi de verser tant de fois son sang,
inutilement et obscurément, dans ces rencontres ignorées avec des
rebelles, sur la côte ou dans les montagnes? Il revenait au pays avec le
même grade que jadis, et se répétant tout bas que l’aventure du
_Zand-Straat_ et la démission de van Elven avaient peut-être été les
seuls obstacles à son avancement. La mauvaise note encourue subsistait,
et les ministres succédant aux ministres n’oubliaient point l’équipée du
terrible combat au fond d’une rue de Rotterdam.
Aussi bien, Adriaan-Carlos se sentait-il devenir subitement très pâle
lorsque le nom de Cornélius était prononcé devant lui. Peut-être eût-il
oublié ce passé douloureux, cette rivalité désastreuse, si le mariage
lui eût donné la joie qu’il était en droit d’attendre. Mais le capitaine
Flink avait tout justement épousé la seule femme qui ne pût lui
convenir. C’était une bonne, douce et naïve Hollandaise, blonde, blanche
et grasse, riant volontiers tout d’abord, mais rendue timide et presque
triste par les soubresauts et les colères de son mari, et qui, dans le
petit logis d’Overschie, passait maintenant silencieuse et peureuse, ne
s’occupant que d’arriver à l’heure militaire pour les repas et faire
flamber les cuivres polis de la maison.
Adriaan-Carlos, fumant sa pipe à sa fenêtre, regardait, du matin au
soir, le calme paysage des environs d’Overschie, les grands prés d’un
vert tendre sous un ciel gris pâle, argenté et lumineux, avec des nuages
en flocons de neige, au loin des toits rouges, un moulin presque
toujours immobile, des vaches tachées de noir paissant l’herbe piquée de
fleurettes, l’eau des canaux étincelant au soleil, une fraîcheur, une
santé, une paix profonde, un cadre tout fait pour un heureux.
— Paysage de ruminants! disait alors le capitaine Flink avec humeur.
L’homme n’est pas seulement sur terre pour digérer! Ah! que je m’ennuie!
Tout l’ennuyait: sa femme, qui était charmante, avec son calme et clair
visage; son chien, qui était fidèle; sa servante, qui était dévouée. Il
avait d’abord cru trouver, avec le repos, le contentement dans ce coin
de terre. Il n’y rencontrait que le vaste, écœurant et profond ennui.
— Je suis fait pour l’action, disait-il, criait-il tout haut, et les
vitres du petit logis en tremblaient. Ma vie n’a plus de but maintenant.
Je suis las de m’assommer ici. Qu’est-ce que je pourrais bien faire?
Une gazette de Rotterdam vint lui annoncer un matin que l’ex-capitaine
van Elven, «le héros du Guepo-Upas», comme on appelait toujours
Cornélius, préparait, disait-on, une expédition toute personnelle au
pôle nord. Cornélius van Elven, après avoir tout d’abord conseillé à ses
compatriotes de faire communiquer la mer du Nord avec Amsterdam, —
œuvre superbe, qui devait être exécutée plus tard, — avait cherché
ensuite une autre entreprise digne de lui et s’était résolu, paraît-il,
à découvrir, délimiter et sonder la Mer libre du pôle. «Était-il besoin,
ajoutait la gazette, de faire ressortir tout ce qu’avait d’admirable, de
vraiment grand et de vraiment patriotique un semblable projet? Quelle
reconnaissance devait garder un jour la Hollande à l’homme qui, après
l’avoir si bien servie autrefois, voulait aujourd’hui la parer d’une
nouvelle gloire!»
Carlos Flink froissa tout aussitôt le journal avec rage et le jeta à
terre, pendant que sa femme Dica lui versait doucement son café.
— Trop chaud! il est trop chaud!... s’écria le capitaine après l’avoir
goûté. Ce Cornélius!... Il y a donc des destinées comme la sienne!
Toujours fortuné! Avait-il vraiment mérité plus que moi d’avoir de la
renommée, de la fortune, et une femme?... Ah! quelle femme!...
La pauvre Dica entendait tout cela.
— Une vraie femme! continuait Carlos; énergique, ardente, et qui serait
capable, en cas de malheur, de partager toutes les douleurs avec lui!
Toutes!
— Est-ce que je ne partage pas les tiennes, mon ami? murmura doucement
Dica en tendant le sucrier à son mari.
— Ce n’est pas la même chose..., fit Carlos. Satané sucre! il ne sucre
pas! Où diable as-tu pris ce sucre?... Non, mille fois non, ce n’est pas
la même chose!... A un caractère enragé comme le mien, il fallait une
femme comme Margaret.
— Alors, dit madame Flink en s’efforçant de retenir ses larmes, puisque
tu crois que c’était elle qui pouvait te rendre heureux, pourquoi ne
l’as-tu pas épousée?
Ces paroles, les seules que Dica eût encore prononcées avec une nuance
de reproche, firent sur Adriaan-Carlos l’effet d’un obus. Il bondit,
regarda sa femme dont les yeux de faïence bleue se mouillaient de pleurs
et dont le visage, rose et frais d’ordinaire, était tout pâle.
Puis il haussa les épaules et dit:
— Pourquoi? pourquoi?... Eh! parbleu! parce qu’il était là, _lui_!
Parce que dans la part de chance faite à deux hommes grandissant côte à
côte _il_ a tout pris, lui, gloire et bonheur! Et je l’ai aimé! et je
l’ai appelé mon frère! Ah! ce Cornélius! Je voudrais... oui, je voudrais
lui prouver que je le vaux bien, dussé-je pour cela risquer cette
misérable carcasse dont les balles et les couteaux des _Chasseurs de
têtes_ n’ont jamais voulu!
— Alors, tu le hais bien? demanda Dica.
— Oh! jusqu’aux moelles!
— C’est dommage, fit doucement la Hollandaise avec une expression de
mélancolie que Carlos Flink ne comprit pas. Vois-tu, Adriaan, je ne dis
rien, j’ai l’air de ne rien comprendre, mais je ne suis pas une sotte!
Il n’y a rien de plus sinistre que la haine. Je ne connais M. van Elven
que de réputation, mais je sais qu’il est aussi calme que tu es emporté,
aussi froid que tu es bouillant, aussi disposé au rêve que tu es prêt à
l’action. Unis entre vous, que de services vous auriez pu vous rendre
l’un à l’autre, et aussi aux autres! Avec l’affection, on fait des
miracles. Avec la haine, on fait des folies. Je ne sais pas où j’ai lu
cela, mais le mot m’a frappé, et je l’ai retenu, mon ami: «La haine est
une force perdue!»
Dans ce que venait de dire, avec cette intelligence profonde que donne
la tendresse, madame Flink, Adriaan-Carlos ne vit qu’une chose: l’éloge
de Cornélius. Il s’irrita davantage, se fâcha tout à fait et, tandis
qu’il prenait son café en grommelant, Dica monta à sa chambre et se mit
à pleurer toute seule. Quand elle redescendit, essuyant ses yeux rouges,
elle retrouva le capitaine Flink à la même place, mais penché sur la
gazette et songeant. Il entendit du bruit, releva la tête, et Dica fut
toute surprise en voyant son visage: ce visage rayonnait.
— Qu’as-tu donc? lui dit-elle. Adriaan, Adriaan, réponds-moi!...
Qu’as-tu donc?
— Rien! fit Adriaan-Carlos. Mais j’ai peut-être trouvé le moyen de
prouver à l’heureux Cornélius van Elven que le capitaine Flink est aussi
bon patriote que lui!