IV

Rita, elle, décidément, avait pris son parti.--Elle se ferait enlever

par Albert... C’était une affaire de temps, mais elle voulait tenir sa

promesse, exécuter la menace qui avait tué cette mère dont elle portait

le deuil...

«Le deuil, c’est fait pour toi», lui disait Berthe, qui n’attachait à ce

mot rien de symbolique ni de cruel.

Paul et Albert se voyaient rarement.

Paul avait rencontré Berthe chez lui deux ou trois fois: «Ses anciens

amis reviennent, songeait-il. Cela, de sa part, signifie sans doute le

franc retour au vrai soi-même...» Il se surprenait à écouter à la porte,

furtivement, une seconde, avant d’entrer, lorsqu’elle était avec

quelqu’un. Cela devenait une habitude. Quand la honte l’en prenait, il

se répétait le mot de sa mère: «Contre ça, tout est bon», ajoutant:

«État de guerre, soit, y compris l’espionnage! Voilà cependant comment,

peu à peu, elles démoralisent un homme, altèrent sa probité et

pourraient parvenir à le transformer entièrement.»

Fleur d'Abîme · 第 51 / 56 题