Rita, elle, décidément, avait pris son parti.--Elle se ferait enlever
par Albert... C’était une affaire de temps, mais elle voulait tenir sa
promesse, exécuter la menace qui avait tué cette mère dont elle portait
le deuil...
«Le deuil, c’est fait pour toi», lui disait Berthe, qui n’attachait à ce
mot rien de symbolique ni de cruel.
Paul et Albert se voyaient rarement.
Paul avait rencontré Berthe chez lui deux ou trois fois: «Ses anciens
amis reviennent, songeait-il. Cela, de sa part, signifie sans doute le
franc retour au vrai soi-même...» Il se surprenait à écouter à la porte,
furtivement, une seconde, avant d’entrer, lorsqu’elle était avec
quelqu’un. Cela devenait une habitude. Quand la honte l’en prenait, il
se répétait le mot de sa mère: «Contre ça, tout est bon», ajoutant:
«État de guerre, soit, y compris l’espionnage! Voilà cependant comment,
peu à peu, elles démoralisent un homme, altèrent sa probité et
pourraient parvenir à le transformer entièrement.»