M. d'Orvilliers prit les fleurs et caressa les petites mains.

--«Merci. Vous permettez que j'en donne un peu à Fierce, pour le

consoler de ne pas m'avoir accompagné aujourd'hui?

--Hum! Je ne sais pas trop si je permets, plaisanta Mlle Sylva. Où

est-il, M. de Fierce?

--Il fait la fête,» affirma gravement l'amiral.

Les sourcils blonds se froncèrent,--imperceptiblement.

«Une fête nautique, compléta M. d'Orvilliers en riant: Il a pris

passage sur un des torpilleurs de la défense mobile, et il l'ait des

exercices au large du cap Saint-Jacques; tout cela par zèle pur et

simple, ce qui est méritoire: il ne fait pas beau, en mer, aujourd'hui.»

Près de se coucher, Mlle Sylva, ce même soir, vint respirer un moment

sur la véranda.

La nuit chaude répandait des parfums à flots. Toutes les fleurs, et

chaque motte de terre humide et odorante, exhalaient des souffles

troublants.

Mlle Sylva frissonna dans cette ombre vivante. La véranda était basse,

et l'horizon limité; mais la nuit opaque ouvrait l'illusion d'une

immensité noire. Mlle Sylva rêva voir Saïgon tout entier, et le fleuve

où flottent les navires et les jonques. Dans son rêve, un torpilleur

passa, blanc d'écume.

Les civilisés: Roman · 第 34 / 56 题