DÉGLINGUER. Détériorer.
DÉGOMMER. Mourir. _Dégommé_, mort. _Quart des dégommés_, commissaire des
morts.
DÉGRINGOLER DE LA MANSARDE. Sentir mauvais de la bouche.
DÉGRINGOLEUR, EUSE. Voleur, euse. «Malgré la réputation de dégringoleuse
de la prévenue, le vol du chronomètre n'a pas été suffisamment établi à
sa charge.» (_Gazette des Tribunaux_, août 1884.)
DÉGUEULATOIRE. Repoussant, dégoûtant, qui donne envie de dégueuler.
DÉGUEULADE, DÉGUEULAGE, DÉGUEULIS. Vomissement. Dégueulage a aussi, dans
le peuple, le sens de cravate.
DEMI-CASTOR. «Demi-castor est devenu un terme courant sous lequel on
désigne une personne suspecte, équivoque, sous des dehors soignés; mais
en grattant le castor on trouverait le lapin.» (_Figaro_, janvier 1887.)
DEMI-POIL. Demi-vertu. «Allez donc établir une distinction quelconque
entre une marquise célébrée par les reporters de salon et une fille de
demi-poil.» (L. Chapron.)
DEMI-TOUR. Jargon des élèves de l'école de Saint-Cyr. Le demi-tour est
une sorte de brimade qui consiste à jeter bas de leurs lits les nouveaux
élèves et à renverser leur literie. «Le soir, les élèves se livrèrent à
ce qu'ils appellent le demi-tour.» (_Evénement_, juillet 1884.)
DÉPOTER. Accoucher. «Une tante qui, sans être sage-femme, était experte
en ce genre d'ouvrage, dépota l'enfant.» (Huysmans: _A vau-l'eau_.)
DÉRAILLER. Divaguer.
DÉROBER. Argot de turf. Un cheval se dérobe quand il s'écarte de la
piste.
DESCENDRE. Expression théâtrale en usage dans les répétitions. C'est
aller dans la direction de la rampe.--Terme de turf; quand un cheval
appelé à courir acquiert une plus value, on dit qu'il descend, parce
qu'en effet la proportion dans laquelle on pariait contre lui tombe.
Ainsi, un cheval qui hier était coté à 7 contre--1, et qui est
aujourd'hui à 5 contre--1 est un cheval qui descend (Littré.)
DESCENDRE DES TRAVAUX. Argot ouvrier. Travailler d'arraché pied. «Le
patron avec qui nous avons traité... était étonné de la façon dont nous
avons descendu les travaux...» (_Enquête de la Commission
extra-parlementaire des associations ouvrières._)
DÉTACHÉ. Argot de sport. Qui est en avant des autres chevaux. Tel cheval
est arrivé second, mais il était complètement détaché du reste du champ,
c'est-à-dire qu'à l'exception du vainqueur, tous ses rivaux étaient loin
derrière lui.
DÉTAR. Veston. Argot du peuple.
DEUIL (Très). Homme du monde ou mieux voulant se faire passer comme tel.
Le mot, d'usage boulevardier, n'a fait qu'une courte apparition en 1886.
Il faisait allusion au deuil porté avec ostentation par certaines
personnes à l'occasion de la mort de la comtesse de Chambord.
DEUX GALONS. Lieutenant. Argot militaire. «Comment, disait-on, un médecin
de deuxième classe qui n'a que le grade de lieutenant dans l'armée, un
deux galons va commander des amiraux!» (_Evénement_, juin 1884.)
DÉVISSER (Se). «C'était l'école préparatoire de Sainte-Barbe qui
dévissait. Et pourquoi dévissait-elle l'école préparatoire? Parce que
beaucoup d'élèves étaient mécontents de ce que quelques-uns de leurs
camarades avaient été renvoyés...» (_Constitutionnel_, février 1883.)
DIFFICULTÉ. Argot de sport. Être en difficulté, se dit d'un cheval qui a
de la peine à garder son avance. «Au dernier tournant _Gladius_ était en
difficulté pour conserver son rang à côté de _Bivouac_ qui prenait le
dessus.» (_Journal officiel._)
DISCRÉTION. Pari. «Des paris gagnés ou perdus qui, le plus souvent,
prennent la forme compromettante et le titre étrange de discrétion.»
(_Indépendance belge_, 1868.)
DISQUALIFIÉ. Argot de turf. Cheval disqualifié, cheval mis hors concours
par suite d'une infraction au règlement commise par son propriétaire ou
par son jockey. (Littré.)
DISTINGUÉ. Verre de bière.