VADROUILLE, s. f. Drôlesse; fille ou femme de peu.
VAGUE, s. m. Flânerie, _Vagabondage_.
On dit aussi _Coup de vague_.
VAGUE (Du)! Rien! Néant! Terme de refus.
VAGUE, s. m. Promenade intéressée,--dans l'argot des filles et de leurs
souteneurs.
_Envoyer une femme au vague._ Lui faire faire le trottoir.
VAGUER, v. n. Sortir sans savoir avec qui on rentrera;--dans l'argot des
petites dames.
On dit aussi _Aller au vague_.
VALOIR SON PESANT D'OR. Se dit,--dans l'argot du peuple,--de toute bêtise
un peu forte, de tout mensonge un peu violent.
VAISSELLE DE POCHE, s. f. Argent, monnaie,--dans l'argot des faubouriens.
VALADE, s. f. Poche,--dans l'argot des voleurs.
_Sonder les valades._ Fouiller les poches dans la foule.
Le patois normand a le même mot pour signifier Blouse.
VALOIR CHER (Ne pas). Être d'un caractère désagréable,--dans l'argot des
faubouriens.
VALSER, v. n. S'enfuir, ou seulement s'en aller.
_Faire valser quelqu'un._ Le mettre brutalement à la porte.
VALTREUSE, s. f. Valise,--dans l'argot des voleurs.
VALTREUSIER, s. m. Voleur de valises.
VANER, v. n. S'en aller,--dans l'argot des voyous.
VANNAGE, s. m. Piège, amorce,--dans l'argot des voleurs.
_Faire un vannage._ Allécher par un petit profit l'homme qu'on se réserve
de dépouiller.
VANTERNE, s. f. Lanterne,--dans le même argot.
_Vanterne sans loches._ Lanterne sourde.
VAPEREAU, s. m. Livre fort épais,--beaucoup plus fait pour servir de
tabouret que pour être consulté,--dans l'argot des gens de lettres qui ne
sont pas oubliés par l'auteur du _Dictionnaire des Contemporains_.
On ait aussi _Bottin_.
VASE ÉTRUSQUE, s. m. «Pot qu'en chambre on demande»,--dans l'argot des
romantiques.
VASE NOCTURNE, s. m. _Vase étrusque_,--dans l'argot des bourgeois.
VA T'ASSEOIR SUR LE BOUCHON! Expression ironique qu'on emploie,--dans
l'argot des faubouriens,--envers les gens que l'on veut congédier ou dont
on veut se moquer.
On dit aussi _Va t'asseoir sur ma veste et ne casse pas ma pipe_.
VA-TE-LAVER, s. m. Soufflet aller et retour,--dans le même argot.
VAUDEVILLIÈRE, s. f. Cabotine, femme qui se fait engager sur un théâtre
de vaudeville quelconque, non pour jouer, mais pour être vue et appréciée
à sa juste valeur--comme fille égrillarde--par les habitués de
l'orchestre, fins appréciateurs de l'art dramatique, surtout en cabinet
particulier.
Le mot a été créé par Jules Noriac.
VEAU, s. m. Jeune fille qui a des dispositions pour le rôle de _fille_.
Argot des faubouriens.
VEAU, adj. Paresseux, nonchalant,--dans l'argot du peuple.
Il ne faut pas croire l'expression nouvelle. _Galli socordes et_
_stultos vituli nomine designare soliti sunt_, dit Arnoult de Féron dans
son _Histoire de France_. Et Régnier, dans sa satire à Mottin, dit de
même:
«Ce malheur est venu de quelques jeunes veaux
Qui mettent à l'encan l'honneur dans les bordeaux.»
VÉCU, adj. Arrivé, véridique,--dans l'argot des gens de lettres.
_Roman vécu._ Roman qui est l'histoire réelle de quelqu'un.
VÉCU (Avoir). Avoir joyeusement dépensé sa vie à boire, à manger, à
aimer, etc.,--dans l'argot des bourgeois.
VEDETTE, s. f. Nom imprimé en caractères très gros, sur une affiche de
théâtre,--dans l'argot des coulisses.
_Être en vedette._ Avoir son nom en tête d'une affiche comme acteur plus
important que les autres.
VEILLER AU GRAIN, v. n. Surveiller ses domestiques quand on est maître,
ses ouvriers quand on est patron, afin qu'il n'y ait pas de détournements
et de gaspillage. Argot des bourgeois.
VEINARD, s. et adj. Homme heureux en affaires ou en amour,--dans l'argot
des faubouriens.
VEINARDE, adj. et s. Drôlesse qui a du succès en hommes sérieux. Argot de
Breda-Street.
VEINE, s. f. Chance heureuse, bonheur imprévu,--dans l'argot du peuple.
VÊLER, v. n. Accoucher.
VELO, s. m. Postillon,--dans l'argot des voleurs.
VÉLOZE, s. f. Poste aux chevaux.
VELOURS, s. m. Tapis,--dans l'argot des joueurs de cartes.
_Eclairer le velours._ Déposer son enjeu sur le tapis.
Je n'ai pas besoin d'ajouter que ce _velours_ est en cuir ou en drap, en
n'importe quoi,--excepté en velours.
VELOURS, s. m. Liaison dangereuse, abus fréquent et intempestif des _s_
dans la conversation. Argot des bourgeois.
VENDANGEUSE D'AMOUR, s. f. Drôlesse--_bacchante_ moderne--qu'on rencontre
souvent ivre dans les Vignes de Cythère.
J'ai créé l'expression il y a quelques années: elle est aujourd'hui dans
la circulation.
VENDEUR DE CHAIR HUMAINE, s. m. Agent de remplacement militaire,--dans
l'argot du peuple.
VENDEUR DE FUMÉE, s. m. Homme qui fait de grandes promesses et qui n'en
tient aucune.
Se dit aussi de tout Rêveur, de tout poète, de tout abstracteur de
quintessence.
VENDRE, v. a. Trahir quelqu'un.
_Vendre la mèche._ Dévoiler un secret, ébruiter une affaire.
VENDRE SES GUIGNES, v. a. Loucher, _guigner_ de l'œil.
VENDRE SON PIANO, v. a. Jouer de façon à faire pleurer les
spectateurs,--dans l'argot des coulisses, où Bouffé (rôle de _Pauvre
Jacques_) a laissé des souvenirs et des traditions.
Par extension, dans la vie réelle, on dit d'une Femme qui pleure
hypocritement: _Elle vend son piano_.
VENDU, s. m. Remplaçant militaire,--dans l'argot du peuple, qui attache à
ce mot un sens extrêmement méprisant.
VÉNÉRABLE, s. m. Premier officier dignitaire d'une loge,--dans l'argot
des francs-maçons.
VÉNÉRABLE, s. m. Un des nombreux pseudonymes de messire Luc,--dans
l'argot du peuple.
VENETTE, s. f. Peur.
_Avoir une fière venette._ Avoir une grande peur.
_Docteur Venette._ Poltron fieffé.
VENIR AU RAPPORT. Se dit--dans l'argot des bourgeois--de tout ce qui
provoque l'éructation.
VENT, s. m. _Ventris flatus malè olens_.
_Moulin à vents._ Podex.
VENT (Du)! Terme de refus,--dans l'argot des faubouriens.