RASOIR NATIONAL, s. m. La guillotine,--dans l'argot des révolutionnaires
de 1793.
_Passer sous le rasoir national._ Être exécuté.
RAT, s. m. Petit voleur qui entre dans une boutique un peu avant sa
fermeture, se cache sous le comptoir en attendant que les maîtres du
logis soient couchés, et, lorsqu'il est assuré de l'impunité, ouvre la
porte à ses complices du dehors.
On dit aussi _Raton_.
_Courir le rat._ Voler la nuit dans une auberge ou dans un hôtel garni.
RAT, s. m. Caprice,--dans l'argot du peuple, qui dit cela aussi bien à
propos des serrures qui ne vont pas que des gens qui font mauvaise mine.
Autrefois, _Avoir des rats_ c'était «avoir l'esprit folâtre, bouffon,
étourdi, escarbillard, farceur et polisson».
RAT, s. et adj. Avare; homme intéressé.
RAT, s. m. Bougie cordelée et repliée de façon à tenir dans la poche. On
l'appelle aussi, _rat de cave_.
RAT, s. m. Retardataire,--dans l'argot des Polytechniciens.
_Rat de ponts._ Celui qui, après son examen de sortie, est exclu par son
rang des Ponts-et-Chaussées.
_Rat de soupe._ Celui qui arrive trop tard au réfectoire.
RAT, s. m. Petite fille de sept à quatorze ans, élève de la danse qui est
à la première danseuse ce que le saute-ruisseau est au notaire, et qui
devient bien plus facilement célèbre comme courtisane que comme rivale de
Fanny Essler.
Le mot date de la Restauration, quoique quelques personnes--mal
informées--lui aient donné, comme date, 1842, et comme père, Nestor
Roqueplan.
RATA, s. m. Ragoût de pommes de terre et de lard,--dans l'argot des
troupiers.
RATAFIAT DE GRENOUILLE, s. m. L'eau,--dans l'argot du peuple.
On dit aussi _Anisette de barbillon_ et _Bourgogne de cheval_.
RATAPOIL, s. et adj. Partisan quand même du 1er Empire et admirateur
aveugle de l'empereur Napoléon.
RATATOUILLE, s. f. Mauvais ragoût, plat manqué.
RATATOUILLE, s. f. Coups donnés ou reçus.
RAT DE CAVE, s. m. Employé de la régie,--dans l'argot des marchands de
vin V.--_Rat._
RAT DE PRISON, s. m. Avocat,--dans l'argot des voleurs.
RATER, v. a. Echouer dans une entreprise, manquer une affaire,--amoureuse
ou autre. Argot du peuple.
_Rater une femme._ Ne pouvoir réussir à s'en faire aimer après l'avoir
_couchée en joue_.
RATICHON, s. m. Abbé, prêtre,--dans l'argot des voyous et des voleurs.
_Serpillière de ratichon._ Soutane de prêtre.
On dit aussi _Rasé_ ou _Rasi_.
RATICHON, s. m. Peigne,--dans l'argot des faubouriens.
RATICHONNER, v. a. Peigner.
RATICHONNIÈRE, s. f. Eglise.
RATISSER, v. a. Prendre, _chiper_,--dans l'argot des faubouriens.
_Se faire ratisser._ Se laisser duper, ou voler, ou gagner au jeu.
RATISSER (En), v. a. Se moquer de quelqu'un,--dans l'argot du peuple.
On n'emploie guère ce verbe qu'à la première et à la troisième personne
de l'indicatif présent.
RATON, s. m. Petit voleur.
RATTRAPAGE, s. m. Fin de la copie donnée à un typographe. Il est tenu de
composer (on dit _rattraper_) jusqu'au nom de son camarade écrit sur la
copie suivante.
RAVAGE, s. m. Débris métalliques volés.
RAVAGEUR, s. m. Dragueur à la main, qui exploite les bords de la Seine
au-dessous de Paris avec l'espérance d'y faire des trouvailles heureuses.
Les ruisseaux de Paris avaient aussi, il y a une vingtaine d'années,
leurs ravageurs, pauvres diables à l'affût de toutes les ferrailles que
charriait la pluie.
RAVAUDER, v. a. Raccommoder du linge, des vêtements,--dans l'argot du
peuple.
RAVAUDER, v. n. Être lent à faire quelque chose; s'amuser au lieu de
travailler.
RAVIGNOLE, s. f. Récidive,--dans l'argot des voleurs.
RAVIGOTE (A la), adv. D'une façon piquante. Argot du peuple.
RAVIGOTER, v. a. Soulager; refaire, remettre en bon état; réjouir.
RAYON DE MIEL, s. m. Dentelle,--dans l'argot des voleurs.
RAZZIA, s. f. Rafle,--dans l'argot du peuple, retour d'Afrique.
RÉAC, adj. et s. Bourgeois, _réactionnaire_,--dans l'argot des
faubouriens.
Le mot date de 1848.
REBATIR, v. a. Tuer,--dans l'argot des voleurs.
RÉBECCA, s. f. Fille ou femme qui ne répond qu'avec aigreur aux
observations qu'on lui fait,--qui se _rebèque_ en un mot. Argot des
bourgeois.