BACLER, v. a. Fermer,--dans l'argot des voleurs, qui se servent là d'un
vieux mot de la langue des honnêtes gens.
On dit aussi _Boucler_.
BADIGEON, s. m. Maquillage du visage,--dans l'argot du peuple.
BADIGEONNER (Se), v. réfl. Se maquiller pour paraître plus jeune.
BADIGOINCES, s. f. pl. Les lèvres, la bouche,--dans l'argot du peuple qui
a eu l'honneur de prêter ce mot à Rabelais.
_Jouer des badigoinces._ Manger ou boire.
BADOUILLARD, s. m. Coureur de bals masqués,--dans l'argot des étudiants
du temps de Louis-Philippe. Le type a disparu, mais le mot est resté.
BADOUILLE, s. f. Homme qui se laisse mener par sa femme. Argot du peuple.
BADOUILLER, v. n. Courir les bals, _faire la noce_.
BADOUILLERIE, s. f. Vie libertine et tapageuse.
BAFFRE, s. f. Coup de poing sur la figure. Argot du peuple.
BAFRER, v. n. Manger.
BAFRERIE, s. f. Action de manger avec voracité; repas copieux.
BAGNOLE, s. f. Chapeau de femme, de forme ridicule,--dans l'argot du
peuple, qui ne se doute pas que les _bagnoles_, avant de mériter son
mépris, avaient mérité l'admiration des dames de Paris en 1722.
BAGOU ou BAGOUT, s. m. Bavardage de femme; faux esprit. Argot des gens de
lettres et du peuple.
Dans l'argot du peuple. _Avoir du bagout_ équivaut à _N'avoir pas sa
langue dans sa poche_.
BAGOUL, s. m. Nom,--dans l'argot des voleurs.
BAGOULARD, s. m. Bavard.
BAGUE, s. f. Nom propre,--dans le même argot, par allusion à l'habitude
qu'on a de faire graver son nom à l'intérieur des anneaux de mariage.
BAGUENAUDE, s. f. Poche,--dans l'argot des marbriers de cimetière, qui y
laissent quelquefois _flâner_ de l'argent.
BAGUENAUDER, v. n. Flâner, vagabonder,--les mains dans les _poches_.
Argot du peuple.
BAHUT, s. m. Les meubles en général. Argot des ouvriers.
BAHUT, s. m. Collège,--dans l'argot des collégiens.
Se dit aussi de la maison du préparateur au baccalauréat, et, par
extension de toute maison où il est désagréable d'aller.
_Bahut spécial._ Saint-Cyr.
BAHUTER, v. n. Faire du vacarme,--dans l'argot des Saint-Cyriens.
BAHUTEUR, s. m. Tapageur.
Se dit aussi d'un élève qui change souvent de pension.
BAIGNE-DANS-LE-BEURRE, s. m. Souteneur de filles,--dans l'argot des
faubouriens, qui font allusion aux scombéroïdes du trottoir.
BAIGNEUSE, s. f. La tête,--dans l'argot des voleurs, qui se lavent et à
qui on lave plus souvent la tête que le reste du corps.
BAIGNEUSE, s. f. Chapeau de femme,--dans le même argot qui a conservé des
reflets de l'argot de la mode au XVIIIe siècle. _Baigneuse_ ou
_bagnole_, c'était tout un.
BAIGNOIRE A BON DIEU, s. f. Calice,--dans l'argot des voyous.
BAIN DE PIED, s. m. Excédent de café ou d'eau-de-vie retenu par la
soucoupe ou dans le plateau qu'on place par précaution sous chaque
demi-tasse ou sous chaque petit verre. Il y a des gens qui boivent cela.
BAIN-MARIE, s. m. Personne d'un caractère ou d'un tempérament _tiède_.
Argot du peuple.
BAIN QUI CHAUFFE, s. m. Nuage qui menace de crever quand il fait beau
temps et que le soleil est ardent.
BAISER LE CUL DE LA VIEILLE, v. a. Ne pas faire un seul point. Argot des
joueurs.
BAJAF, s. m. Butor, gros homme qui, sous l'effort de la respiration,
gonfle ses _jaffes_ ou ses _abajoues_, comme on voudra.
Le peuple dit aussi _Gros bajaf_.
BALADE, s. f. Promenade, flânerie dans l'argot des voyous.
_Faire une balade_ ou _Se payer une balade_. Se promener.
BALADER, v. a. Choisir, chercher. Argot des voleurs.
BALADER (Se), v. réfl. Marcher sans but; flâner; et, par extension s'en
aller de quelque part, s'enfuir.
BALADEUR, s. m. Flâneur.
BALADEUSE, s. f. Fille ou femme qui préfère l'oisiveté au travail et se
faire suivre que se faire respecter.
Se dit aussi de la marchande des rues et de sa boutique roulante.
BALAI, s. m. Agent de police,--dans l'argot des petits marchands
ambulants.
BALAI DE L'ESTOMAC (Le). Les épinards,--dans l'argot du peuple, qui
connaît aussi bien que les médecins la vertu détersive de la _Spinacia
oleracea_.
BALANCEMENT, s. m. Renvoi, congé,--dans l'argot des employés.
BALANCER, v. a. Donner congé à quelqu'un, renvoyer un employé, un
domestique,--dans l'argot du peuple, qui ne se doute pas qu'il emploie
là, et presque dans son sens originel, un des plus vieux mots de notre
langue.
On dit aussi _Envoyer à la balançoire_.
BALANCER LA TINETTE. Vider le baquet-latrine,--dans l'argot des
troupiers.
BALANCER QUELQU'UN, v. a. Le faire aller, se moquer de lui. Argot des
faubouriens.
BALANCER SA CANNE, v. a. De vagabond devenir voleur,--ce qui est une
manière comme une autre de franchir le Rubicon qui sépare l'honneur du
vice.
Signifie aussi Rompre son ban, s'évader.
BALANCER SA LARGUE, v. a. Se débarrasser de sa maîtresse,--dans l'argot
des voleurs.
BALANCER SES ALÈNES, v. a. Quitter le métier de voleur pour celui
d'honnête homme, à moins que ce ne soit pour celui d'assassin.
BALANCER SES CHASSES, v. a. Regarder çà et là, distraitement. Argot des
voyous.
BALANÇOIRE, s. f. Charge de bon ou de mauvais goût,--dans l'argot des
coulisses et du peuple.
_Envoyer à la balançoire._ Se débarrasser de quelqu'un qui ennuie ou qui
gêne.
BALANÇON, s. m. Marteau de fer,--dans l'argot des voleurs.
BALANDRIN, s. m. Paquet recouvert d'une toile; petite balle portative,
dans l'argot du peuple, qui se souvient du _balandras_ que portaient ses
pères.
BALAUDER, v. n. Mendier,--dans l'argot des prisons.
BALIVERNEUR, s. m. Diseur de riens, de _balivernes_. Argot du peuple.
BALLE. s. f. Secret,--dans l'argot des voleurs.
BALLE, s. f. Visage,--dans l'argot des voyous.
_Balle d'amour._ Physionomie agréable, faite pour inspirer des sentiments
tendres.
_Rude balle._ Visage caractéristique.
BALLE, s. f. Pièce d'un franc,--dans l'argot des faubouriens.