On dit aussi: _Le marchand de sable a passé._

AVOIR LAISSÉ LE POT DE CHAMBRE DANS LA COMMODE. Avoir l'haleine homicide.

Argot des voyous.

AVOIR LE BRAS LONG. Être en position de rendre des services importants,

de protéger des inférieurs et même des égaux.

AVOIR LE COMPAS DANS L'OEIL, v. a. Voir juste; calculer exactement;

apprécier sainement.

AVOIR LE CASQUE, v. a. Avoir un caprice pour un homme,--dans l'argot des

filles.

AVOIR LE FRONT DANS LE COU. Être chauve comme l'Occasion,--dans l'argot

des faubouriens.

AVOIR LE POUCE ROND, v. a. Être adroit,--dans l'argot du peuple, qui a

constaté depuis longtemps l'adresse avec laquelle les voleurs mettent le

pouce sur la pièce d'argent qu'ils veulent voler.

AVOIR LES CÔTES EN LONG. Être paresseux.

On dit aussi _Avoir les côtes en long comme les loups_, qui en effet ne

peuvent pas, à cause de cela, se retourner facilement. Ne pas pouvoir se

retourner, ne savoir pas se retourner, c'est la grande excuse des

paresseux.

AVOIR L'ESTOMAC DANS LES MOLLETS. Avoir très grand'faim. Argot du peuple.

On dit aussi _Avoir l'estomac dans les talons_.

AVOIR L'ÉTRENNE. Être le premier à faire ou à recevoir une chose.

AVOIR L'OREILLE DE LA COUR. Être écouté avec une faveur marquée par les

juges. Argot des avocats.

AVOIR LA PEAU TROP COURTE, v. a. Faire, en dormant, des sacrifices au

dieu Crépitus,--dans l'argot du peuple, qui croit que le corps humain n'a

pas une couverture de chair suffisante, et que lorsque l'hiatus de la

bouche se ferme, l'hiatus opposé doit s'ouvrir, d'où l'action de

_crepitare_.

AVOIR MAL AU BRÉCHET, v. n. Souffrir de l'estomac. Argot du peuple.

AVOIR MAL AUX CHEVEUX, v. n. Avoir mal à la tête, par suite d'excès

bachiques. Argot des faubouriens.

AVOIR MANGÉ DE L'OSEILLE. Être d'un abord désagréable, rébarbatif; avoir

la parole aigre, être _grincheux_. Argot du peuple.

AVOIR MANGÉ SES PIEDS. Puer de la bouche,--dans l'argot des faubouriens.

AVOIR PAS INVENTÉ LE FIL A COUPER LE BEURRE (N'). Être simple d'esprit,

et même niais.

On dit aussi _N'avoir pas inventé la poudre_.

AVOIR PAS SA LANGUE DANS SA POCHE (N'). Être prompt à la riposte; savoir

parler. Argot du peuple.

AVOIR SA CLAQUE (En). Avoir assez bu ou assez mangé, c'est-à-dire trop

mangé ou trop bu. Argot des faubouriens.

AVOIR SA CÔTELETTE, v. a. Être chaleureusement applaudi,--dans l'argot

des comédiens.

AVOIR SON CAILLOU. Commencer à se griser,--dans l'argot des faubouriens.

AVOIR SON PAIN CUIT. Être rentier,--dans l'argot du peuple. Être condamné

à mort,--dans l'argot des voleurs.

AVOIR TOUJOURS DES BOYAUX VIDES, v. a. Avoir toujours faim,--dans l'argot

du peuple.

AVOIR UNE ARAIGNÉE DANS LE PLAFOND, v. a. Être fou, maniaque, distrait.

Argot de Breda-Street.

AVOIR UNE CHAMBRE A LOUER. Être un peu fou et en tout cas très

excentrique,--dans l'argot du peuple, qui suppose que la déraison peut

être produite chez l'homme par la vacuité de l'un des compartiments du

cerveau, à moins qu'il ne veuille faire allusion au _déménagement_ du bon

sens.

Signifie aussi Avoir une dent de moins.

AVOIR UNE CRAMPE AU PYLORE. Avoir grand appétit,--dans l'argot des

faubouriens.

AVOIR UNE ÉCREVISSE DANS LA TOURTE, v. a. Être fou, non à lier, mais à

éviter.

On dit aussi _Avoir une écrevisse dans le vol-au-vent_, et _Avoir une

hirondelle dans le soliveau_.

AVOIR UNE TABLE D'HÔTE DANS L'ESTOMAC, manger goulûment et

insatiablement.

AVOIR VU LE LOUP. Se dit,--dans l'argot du peuple,--de toute fille qui

est devenue femme sans passer par l'église et par la mairie.

AZOR, s. m. Nom de chien qui est devenu celui de tous les chiens,--dans

le même argot. V. _Appeler Azor_.

B

BABILLARD, s. m. Confesseur,--dans l'argot des voleurs.

Ils donnent aussi ce nom à tout Livre imprimé.

BABILLARDE, s. f. Montre.

BABILLARDS, s. f. Lettre.

On dit aussi _Babille_.

BABILLAUDIER, s. m. Libraire, vendeur de _babillards_.

BABILLER, v. a. Lire.

BABINES, s. f. pl. La bouche,--dans l'argot du peuple, pour qui sans

doute l'homme n'est qu'un singe perfectionné.

_S'en donner par les babines._ Manger abondamment et gloutonnement.

_S'en lécher les babines._ Manifester le plaisir en parlant ou en

entendant parler de quelque chose d'agréable,--bon dîner ou belle fille.

BABOUE, s. f. Grimace, mines plaisantes comme en fait la nourrice pour

amuser le nourrisson.

_Faire la baboue._ Faire la grimace.

L'expression se trouve dans Rabelais--et sur les lèvres du peuple.

BABOUIN ou BABOUA, s. m. Petit bouton de fièvre ou de malpropreté, qui

vient à la bouche, sur les _babines_.

Le _babouin_ était autrefois une figure grotesque que les soldats

charbonnaient sur les murs du corps de garde et qu'ils faisaient baiser,

comme punition, à ceux de leurs camarades qui avaient perdu au jeu ou à

n'importe quoi. On comprend qu'à force de baiser cette image, il devait

en rester quelque chose aux lèvres,--d'où, par suite d'un trope connu, le

nom est passé de la cause à l'effet.

BAC, s. m. Apocope de _Baccarat_,--dans l'argot des petites dames.

_Tailler un petit bac._ Faire une partie de baccarat.

BACCHANAL, s. m. Vacarme, tapage fait le plus souvent dans les cabarets,

lieux consacrés à _Bacchus_. Argot du peuple.

BACCON, s. m Porc,--dans l'argot des voleurs. _Bacon_, lard, dans le

vieux langage.

BACHASSE, s. f. Travaux forcés. Même argot.

BACHELIÈRE, s. f. Femme du quartier latin, juste assez savante pour

conduire un _bachot_ en Seine--et non en Sorbonne.

BACHOT, s. m. Apocope de _Baccalauréat_,--dans l'argot des collégiens.

BACHOTIER, s. m. Préparateur au baccalauréat.

BACHOTTER, v. n. Parier pour ou contre un joueur. Argot des _grecs_.

On dit aussi _Faire les bâches_.

BACHOTTEUR, s. m. Filou «chargé du deuxième rôle dans une partie jouée

ordinairement au billard. C'est lui qui arrange la partie, qui tient les

enjeux et va chercher de l'argent lorsque la dupe, après avoir vidé ses

poches, a perdu sur parole».

Dictionnaire de la langue verte · 第 39 / 143 题