LE NOUVEAU RÈGNE EN GRÈCE

_(Voir la gravure de première page.)_

Aussitôt qu'il eut rendu ses devoirs à la dépouille mortelle de son

père, à Salonique, le nouveau roi Constantin, abandonnant un moment

l'armée qu'il vient de conduire si brillamment à la victoire, rentrait à

Athènes, où il arriva le 20 mars en compagnie de la reine Sophie. Le

couple royal fut accueilli dans sa capitale avec la plus chaleureuse

sympathie.

Le lendemain, vendredi, le souverain prêtait devant le Parlement, le

serment solennel de fidélité à la. Constitution.

Sur l'estrade, élevée au fond de l'hémicycle où siège d'habitude le

président de l'assemblée, en arrière et au-dessus de la tribune, le roi

Constantin prit place, ayant à sa gauche la reine Sophie en grand deuil,

à sa droite le métropolite d'Athènes. Il était entouré des princes ses

enfants et ses frères, de tous les ministres, du haut clergé.

La cérémonie fut brève et d'une grande simplicité. Le métropolite--c'est

à ce moment que fut prise la photographie que nous reproduisons ici--lut

la formule du serment. Puis le roi, la main tendue sur l'évangéliaire,

jura. Mais le respectueux enthousiasme que témoigna au roi et à la reine

le Parlement entier donna à cette solennité un caractère

particulièrement émouvant.

[Illustration: L'assassin du roi Georges 1er, entre eux gendarmes

crétois. _Photographie prise le 19 mars, lendemain de l'attentat._]

[Illustration: Une assemblée populaire, réunie sur une promenade à

Genève, délibérant et votant sur une grande question d'intérêt

national--_Phot. E. Wenger._]

En contraste, un correspondant de Salonique nous envoie la photographie

de l'assassin du roi Georges prise au lendemain de l'attentat. Ce

Skinas, avec son oeil mauvais et fiévreux, et l'expression de haine et

de douleur qui tourmente son visage, est bien le type du dégénéré que

nous avaient annoncé les dépêches.

L'Illustration, No. 3657, 29 Mars 1913 · 第 38 / 44 题