II. ROCHES IGNÉES

Période ancienne 11.27

Période moderne 20.92

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Total 100.00

En d’autres termes, la proportion des terrains sédimentaires par rapport

aux roches ignées est de 2 à 1 pour la superficie totale, tandis que

dans les formations sédimentaires, celles qui appartiennent à la période

tertiaire, sont dans la proportion de 1 à 2.

Les formations géologiques des îles japonaises peuvent être définies par

un arc de cercle s’étendant de l’île de Yézo au Nord-Ouest jusqu’à

Kiushu au Sud-Ouest; par la chaîne du Riukiu et le système montagneux de

Formose. Cet arc de cercle Nord-Sud et la chaîne du Riukiu sont inclinés

vers le Sud-Ouest. Le côté extérieur de l’arc, celui qui fait face à

l’Est, est comparativement parfait au point de vue de la formation

géologique, les terrains qui le composent étant répartis d’une manière

symétrique.

Le côté intérieur de l’arc, celui qui fait face à l’Ouest, est très

compliqué dans sa formation géologique et abonde en crevasses, en

dislocation des couches et en roches éruptives. Dans ces circonstances,

la distribution des minerais de valeur et la condition et l’état des

dépôts sont spéciales à chacun des côtés de l’arc. Généralement, on

trouve les veines minérales dans la région située dans l’arc intérieur

et aussi dans les roches éruptives ou les couches traversées par lui;

tandis que les couches minérales se rencontrent en plus grand nombre

dans la région extérieure de l’arc. A Formose l’extérieur de l’arc fait

face à l’Est et la formation est relativement symétrique, sauf au Nord,

cependant, où elle est très diffuse par suite d’une coupe brusque qui la

sépare des Riukiu; c’est dans ce district Nord qu’on trouve beaucoup de

veines de minerais.

Quelques couches de minerais se sont montrées bien formées dans certains

terrains au niveau de la mer.

III.--Les principales mines, actuellement en exploitation, sont:

Mines d’or: Hashidate dans l’Echigo; Yamagano à Satsuma; Zuihô et

Kinkwaseki à Formose.

Mines d’argent aurifères: Aikawa à Sado; Ikuno à Tajima; Innai à Ugo;

Ponshikaribetsu dans l’île de Yezo;

Mines de cuivre: Ashio dans Shimodzuke; Osaruzawa, Ani et Arakawa dans

Ugo; Okoya à Koga; Obiye à Bitchu;

Mines de plomb: Hosokura à Rikuzen; Kamioka à Hida;

Mines d’antimoine: Ichinokawa à Iyo;

Mines d’étain: Taniyama à Satsuma.

De toutes les mines productrices de métaux existant au Japon, les mines

de cuivre sont les plus riches, et on en découvre assez souvent de

nouvelles; le cuivre japonais est, paraît-il, spécial en ce sens qu’il

renferme plus ou moins d’or et d’argent.

Les principales mines, autres que les mines productrices de métaux, sont

celles de charbon et de pétrole. Le charbon japonais est généralement

bitumineux; les principales veines se trouvent dans le terrain

tertiaire. Cependant quelques anthracites sont extraits des terrains

secondaires dans les provinces de Nagato, Kii et Higo, mais ils sont

insignifiants comme quantité et comme valeur. C’est dans les couches

récentes du terrain tertiaire que se montrent les riches dépôts de

charbon. Les principaux sont: ceux de l’île de Kiushu et de l’île de

Yezo et aussi ceux des provinces de Hitachi et d’Iwaki. Les dépôts

carbonifères de Kiushu comprennent les provinces de Chikuzen et Buzen,

Chikugo (Miike) et Hizen.

IV.--Hokkaido (île de Yezo). Les mines de charbon de Sorachi furent les

premières découvertes dans le bassin de l’Ishikari. Dans les mémoires de

Matsura qui fit une exploration complète du Hokkaido, et des autres

régions du Nord du Japon vers 1855, il est fait mention d’une trace

houillère sur les rives de la rivière Sorachi. Environ trois ans plus

tard, un individu nommé Kimura découvrit un autre gisement carbonifère à

Poronai, alors qu’il était occupé à couper des arbres. Mais ce fut un

Américain, M. Lyman, qui fut chargé de la prospection définitive. En

1876, la Direction de la colonisation du Hokkaido confia à cet ingénieur

le travail de prospection dans les terrains houillers de Sorachi,

Poronai et des environs. Son rapport signala la présence de la houille

dans le district de Yubari. En 1879 on creusa un puits à Poronai, mais

ce ne fut qu’à la fin de 1883 que l’extraction commença régulièrement.

De ce moment jusqu’à 1890, le Gouvernement exploita la mine à son

compte; mais cette année-là même il vendit les mines de Sorachi,

Ikushumbetsu et Yubari à la Compagnie du chemin de fer et charbonnages

du Hokkaido (Hokkaido Tankô Tetsudo Kaisha), qui venait de se

constituer. Depuis lors c’est cette Compagnie qui continue

l’exploitation.

Les charbonnages existent dans les deux districts de Yubari et Sorachi,

dans la province d’Ishikari; les veines sont plus considérables à

Yubari; elles s’étendent sur une longueur de 8 kilomètres, avec une

profondeur variant de 6 à 25 pieds.

A Sorachi on constata la présence de 13 veines, chacune mesurant 6 pieds

de profondeur.

A Poronai on a découvert une vingtaine de veines de différentes

longueurs et épaisseurs, mais on ne peut en exploiter que cinq. Les

produits sont bons, et ceux de Sorachi et Yubari peuvent être employés

pour faire du gaz et du coke.

Ces mines sont exploitées à l’européenne, et emploient environ 4.000

ouvriers. Le charbon est amené aux ports de Otaru et Mororan où quatre

vapeurs appartenant à la Compagnie le transportent à destination.

Chiku Hô.--Les charbonnages de Chiku Hô produisent plus de la moitié des

charbons de tout l’Empire; les houilles sont de qualité moyenne et

bitumineuses. En certains endroits, par suite de la présence de dépôts

volcaniques, la houille a été changée naturellement en coke. Bien qu’on

ignore la date exacte de la découverte de ces mines, il est fort

probable qu’elles étaient déjà connues il y a au moins deux cents ans;

mais ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle qu’on a commencé à exploiter

le charbon. A cette époque on se bornait à enlever la couche supérieure,

et ce n’est qu’en 1881 qu’une machine à vapeur fut installée à la mine

de Katsuno et que l’extraction commença à la manière européenne. Cette

méthode fut successivement appliquée aux mines de Namazada, Shin nin,

Meiji, Akaike.

Vers 1889 certaines parties des houillères furent réservées à l’État à

Tagawa et à Kurate; puis le ministère de l’Agriculture et du Commerce,

de qui dépendait le service des mines, émit des règlements pour

encourager la formation de grandes Compagnies d’exploitation. Enfin le

réseau de voies ferrées, à travers l’île de Kiushu, apporta des

facilités considérables pour diriger la houille vers les ports de Moji

et de Wakamatsu.

Les charbonnages de Chiku Hô s’étendent sur les cinq districts de

Tagawa, Kurate, Kaho, Onga, Kasuya et mesurent 45 kilomètres du Nord au

Sud et de 15 à 25 kilomètres de l’Ouest à l’Est. Mais les charbons

extraits ne sont pas de qualité supérieure.

Miike.--La découverte de ces charbonnages remonte à 400 ans. De 1873 à

1887 ce fut le Gouvernement qui entreprit l’exploitation; mais, en 1890,

la Compagnie Mitsui en obtint la concession et travailla la mine avec

une activité qui ne s’est pas démentie jusqu’à ce jour. Cette dernière

s’étend sur une longueur de 15 kilomètres Nord-Sud et de 5 kilomètres

Est-Ouest, dans les deux préfectures de Fukuoka et Kumamoto.

Le charbon est un peu meilleur que le précédent et peut servir à faire

du gaz et du coke. La mine emploie 6.000 ouvriers, et elle arrive à

fournir 4.000 tonnes dans les vingt-quatre heures.

Takashima.--Il y a déjà deux siècles que le dépôt carbonifère de

Takashima est connu; en 1817, la mine se trouvait aux mains du daïmio de

Saga, mais, à cette époque, personne ne se souciait des mines de

charbon, puisqu’on en ignorait l’usage. Ce n’est donc qu’en 1867 qu’on

essaya pour la première fois l’exploitation en règle. Six ans après le

Gouvernement reprit la mine, puis la repassa au comte Goto, et en 1881

elle fut achetée par la Compagnie Mitsubishi qui la détient encore

actuellement. Elle débuta par un rendement de 1.200 tonnes, puis

commença à décliner, lorsqu’on découvrit, en 1898, de nouvelles veines à

Hajima.

Les galeries se trouvent, pour la plupart, au-dessous du lit de la mer,

ce qui demande une ventilation constante; aussi le ventilateur de

Takashima fournit-il 50.000 pieds cubes d’air à la seconde, et celui de

Hajima 120.000 pieds cubes. La mine est placée dans le district de

Nagasaki et comprend les trois petites îles de Takashima, Hajima,

Nakanoshima situées à sept milles marins du port de Nagasaki. Depuis

1881 elle a fourni plus de 7.000.000 de tonnes de charbon.

V.--Le pétrole existe au Japon presque exclusivement dans les terrains

de formation tertiaire: on le trouve au Hokkaido, dans le nord du

Honshu, et dans les provinces de Echigo, Shinano et Totomi. Le principal

centre de production est la province d’Echigo qui renferme les cinq

puits principaux de Higashiyama, Nishiyama, Amaze, Niitsu et Kubiki,

dont les deux premiers sont les plus importants. A Higashiyama, l’huile

est généralement trouvée depuis 20 jusqu’à 300 mètres de profondeur. Le

puits d’Amaze va jusqu’à 854 mètres de profondeur, et la qualité de

l’huile de ce puits est la meilleure; malheureusement il commence à

fournir beaucoup moins. Nishiyama produit une huile inférieure à celle

d’Amaze, et la couche de pétrole se rencontre à 200 mètres de

profondeur.

C’est dans la septième année de l’Empereur Tenchi (668 ap. J.-C.) que le

pétrole fut découvert dans la province d’Echigo. Les chroniques

rapportent, en effet, qu’à cette époque, de la _terre brûlante_ et de

_l’eau brûlante_ furent présentées à la cour impériale; mais on ne sut

qu’en faire. Ce n’est qu’en 1875 que les mines de Kubiki et de Niitsu

prirent une importance commerciale. La Compagnie japonaise des pétroles

commença en 1890 à extraire l’huile par les procédés européens, et elle

découvrit ensuite les couches schisteuses de Nagamine, Kamada, Hire et

Urase, ce qui lui permit de développer son entreprise et d’arriver à

fournir en 1902 environ 500.000 barils de pétrole.

VI.--Le graphite existe au Japon dans les rocs schisteux, en lames, ou

bien dans les rocs stratifiés, en blocs; bien qu’il y en ait une grande

quantité on l’a jusqu’à présent à peu près négligé.

Le Japon, étant un pays essentiellement volcanique, est très riche en

soufre et on en rencontre des dépôts très considérables. Les principales

mines de soufre se trouvent dans la province de Rikuchu, à Tsurugizan;

et, dans le Hokkaido, à Iwaonobori et Ransu. Les dépôts alluvionnaires

sont de deux sortes: d’or dans le district de Yesashi au Hokkaido et de

fer à Chûgoku. Les premiers sont détachés de roches de quartz aurifère

appartenant à la période secondaire et déposés dans les lits des

rivières, les seconds sont la décomposition du minerai de fer.

VII.--Il peut y avoir aujourd’hui, approximativement, 250.000 mineurs au

Japon. Ce nombre comprend les mineurs, les porteurs, les piocheurs, les

fondeurs, les hommes employés aux machines, aux foyers et aux pompes. La

plupart d’entre eux sont satisfaits de leur sort; ils appartiennent

généralement au district où la mine est située: cependant nombre d’entre

eux viennent des provinces éloignées avec leurs familles et s’installent

là jusqu’à leur mort. Avec l’accroissement incessant de la population au

Japon, la main-d’œuvre ne manque jamais. Ces mineurs vivent généralement

dans des maisons fournies par les employeurs; ceux qui ont leurs

familles, dans des chambres séparées, et les célibataires dans des

espèces de grands dortoirs. Inutile de dire que ces installations sont

très sommaires et que les ouvriers et ouvrières sont excessivement mal

logés et encore plus mal nourris. La nourriture leur est vendue par la

mine; une nourriture insuffisante, à des prix très faibles, il est vrai,

mais avec défense d’aller se nourrir ailleurs. Ceci a pour but de les

empêcher de réclamer des augmentations de salaires, ce qui ne manquerait

pas d’arriver si les ouvriers se nourrissaient convenablement au dehors;

car leurs gages actuels n’y suffiraient pas. Ici comme dans l’industrie,

le sweating system est appliqué en grand et il faut que le peuple

japonais meure littéralement de faim pour s’y soumettre sans murmurer.

Il finira, d’ailleurs, probablement par se révolter, et l’explosion de

colère qui s’est manifestée dans les mines d’Ashio, il y a deux ou trois

ans, et où le directeur fut assommé, n’est sans doute que le

commencement d’une protestation générale contre le régime employé

vis-à-vis des ouvriers.

Ce n’est pas que les patrons ne garantissent les risques d’accident et

de maladie, et ne se chargent de payer les funérailles en cas de décès;

mais c’est là un minimum de responsabilité auquel il leur serait bien

difficile de se soustraire. Quant à l’ouvrier et à l’ouvrière bien

portants, ils sont pressurés abominablement et reçoivent à peine de quoi

se suffire.

Jusqu’en 1890 le Gouvernement japonais se réservait soit le droit

d’exploiter lui-même, soit le droit d’accorder une concession minière à

un individu moyennant une redevance annuelle; depuis, le système des

concessions permanentes a prévalu et c’est ainsi que, grâce à la

formation de grandes Compagnies minières, le développement de

l’exploitation a été de plus en plus considérable.

Au début, il était interdit à un étranger d’exploiter une mine au Japon;

il ne pouvait même pas faire partie d’une société minière japonaise, de

sorte que le privilège d’exploitation était uniquement réservé aux

sujets de l’Empire. En 1900 la loi fut modifiée, et elle permit à un

étranger de mettre en valeur une mine, soit seul, soit de concert avec

des Japonais, pourvu, naturellement, que la société, formée en vue de

l’exploitation, fût soumise aux lois et règlements japonais. Je ne crois

pas que des Européens aient jamais profité de cette latitude.

La législation japonaise ne reconnaît pas le droit de priorité de

découverte; et le droit de faire des essais de forage est accordé au

premier qui en a présenté la demande. Il est valable un an, il est

renouvelable pour une autre année si cela est reconnu nécessaire. Enfin

le droit d’essai ne peut être ni cédé ni hypothéqué; seule la concession

permanente peut être vendue ou hypothéquée.

Autrefois la concession n’était accordée que pour une durée de quinze

ans; cette circonstance, ajoutée à l’impossibilité, alors existante,

d’hypothéquer la mine, a été, pendant longtemps, une entrave au

développement de l’industrie minière; aujourd’hui que ces deux défauts

de la législation ont été supprimés, les concessionnaires et les

capitalistes ont pu engager de fortes sommes dans l’exploitation du

sous-sol.

La superficie d’une concession minière est de 10.000 tsubo (1 tsubo =

3,30 m. q.) pour le charbon et de 3.000 tsubo pour les autres minerais;

et elle peut atteindre jusqu’à 600.000 tsubo dans les deux cas. Dans le

cas où plus de deux concessionnaires s’associent, la limite maxima peut

dépasser 600.000 tsubo.

Le concessionnaire est obligé, avant de commencer le forage, de

soumettre ses plans au chef du bureau de l’inspection des mines; la

concession peut être retirée par le ministre de l’Agriculture et du

Commerce si le travail y est suspendu pendant plus d’une année; tous les

six mois le concessionnaire est obligé de fournir un état de la

situation de la mine; toute association ou tout partage de concession

doit recevoir l’approbation de l’inspecteur du bureau des mines.

Quant au propriétaire du terrain sur lequel est située la mine, il doit

recevoir une juste compensation en loyer pour la terre et des

dommages-intérêts pour l’installation des puits, des machines, des

tramways, voies ferrées, etc.; il peut exiger le rachat de sa terre au

bout de trois ans; s’il s’élève des différends entre lui et le

concessionnaire, la question est portée d’abord devant l’inspecteur du

bureau des mines, puis devant le ministre de l’Agriculture et du

Commerce, enfin devant les tribunaux. En vue de la protection des

intérêts publics et privés, des règlements spéciaux sur la police des

mines ont été édictés, et sont rendus applicables par l’inspection du

bureau des mines et par le ministère de l’Agriculture et du Commerce.

Voici les principaux articles:

Sécurité des constructions dans la mine et hors de la mine;

Protection de la vie et de la santé des ouvriers;

Protection de la surface et des intérêts publics;

Tout ce qui serait nuisible à l’intérêt public peut être supprimé par

ordre de l’inspecteur sous peine de suspension;

L’usage des explosifs, les dispositions pour la ventilation, les

ouvrages souterrains, la construction des cheminées, des chaudières, des

fonderies, etc., sont soumis à des règles strictes pour éviter les

accidents. En outre une protection spéciale est accordée aux ouvriers;

la nature du travail, les heures de travail, le travail des femmes et

des mineurs, tout est réglé minutieusement; et le concessionnaire est,

(du moins sur le papier), obligé de se conformer aux décisions de

l’inspecteur du bureau des mines.

Les taxes à payer sur les concessions minières sont de deux sortes: taxe

sur la concession et taxe sur le rendement brut; la première est de 30

sen par 1.000 tsubo et la deuxième de 1 pour 100 de la valeur du

rendement. Cette dernière est fixée d’après les prix des principaux

marchés. Il y a toutefois une quote officielle pour l’or, l’argent, le

cuivre, le plomb, l’antimoine, le charbon et le pétrole.

Les recherches des minerais dans les sables d’alluvions sont soumises à

un régime un peu différent; ici, en effet, le droit de priorité est

accordé au propriétaire de la terre où se trouvent les minerais. Mais,

si le propriétaire ne veut pas travailler le minerai, il est obligé de

donner la permission à celui qui veut le faire; à condition

naturellement d’être rémunéré d’une façon convenable. Les recherches

dans les terrains alluvionnaires ne sont permises qu’aux sujets

japonais; aucun Européen, soit pour son compte, soit pour le compte

d’une société, n’est autorisé à entreprendre ce travail.

VIII.--L’administration des mines présente, cela va de soi, des

caractères spéciaux et elle est forcément différente de l’administration

générale des autres industries. Les fonctionnaires chargés des affaires

de la direction des mines doivent posséder des connaissances spéciales

et particulières sur toutes les questions qui s’y rapportent. Ils

doivent en effet savoir:

Les règlements concernant l’établissement d’une concession; son retrait;

le droit de transfert; l’obligation pécuniaire pour le concessionnaire;

Les règlements relatifs au forage d’essai; à l’approbation des plans; à

l’affermage de la surface; à l’association de plusieurs concessionnaires

ou à la division d’une concession en plusieurs sociétés;

Les règlements de police spéciaux aux mines, tels que ceux relatifs aux

intérêts du public, aux intérêts des ouvriers; à la sécurité des mines

et à la solidité des constructions;

Ils doivent aussi être prêts à juger équitablement tous les différends

qui peuvent se produire entre les propriétaires du terrain et les

concessionnaires des mines.

L’administration des affaires minières est divisée en deux sections:

1º La direction centrale des mines, rattachée au ministère de

l’Agriculture et du Commerce;

2º Cinq directions locales à la tête desquelles se trouvent cinq

inspecteurs nommés par le même ministère. Les directions locales ont le

pouvoir de surveiller toutes les affaires minières dans leur juridiction

et, suivant la gravité des cas, elles traitent les questions soit sous

leur responsabilité, soit en en référant au département de l’Agriculture

et du Commerce.

IX.--Le nombre total des demandes de concessions minières pour 1908 a

été de 4.663; c’est beaucoup moins que les années précédentes; et, dans

le nombre, il y a une quantité de demandes pour concessions qui

n’aboutiront jamais. Le chiffre total de production minière a été, pour

cette même année, de 103.167.395 yen, en diminution de 3.659.626 yen sur

l’année précédente.

Charbon: 14.468.669 tonnes, pour une valeur de 61.963.500 yen;

Cuivre: 67.805.639 livres, pour une valeur de 2.242.983 yen;

Pétrole: 1.639.357 koku, pour une valeur de 6.475.460 yen;

Argent: 31.259 kwamme pour une valeur de 4.265.717 yen;

Or: 829 kwamme, pour une valeur de 4.147.485 yen;

Fer: Saumons: 39.938 tonnes, et acier 1.668 tonnes, pour une valeur de

1.927.245 yen;

Soufre: 53.815.077 livres, pour une valeur de 766.816 yen;

Le nombre des Compagnies minières, à la fin de 1908, était de 205, avec

un capital total de 175.809.650 yen; (capital versé: 119.390.800 yen).

Il y a eu un commencement de grève dans les mines de charbon de

Takashima et aussi dans quelques autres mines; mais cela a été sans

gravité; il est cependant incontestable que l’ouvrier des mines,

actuellement, commence à vouloir imiter ses confrères d’Europe, et

réclame, avec de plus hauts salaires, d’autres conditions de vie.

«Le socialisme en est à ses débuts au Japon, et ils ne sont pas encore

très brillants; mais il est hors de doute que le peuple, en général, et

l’ouvrier, en particulier, souffrent des résultats onéreux, au point de

vue financier, des deux guerres soutenues en dix ans. La gloire coûte

cher et le Japon n’est pas riche. L’ouvrier, le premier, a essayé des

grèves; son sort est en effet lamentable, et les Japonais, qui ne

veulent pas fermer les yeux quand même, sont les premiers à le déclarer,

témoin le directeur de l’École industrielle de Tokio qui ne craint pas,

dans un long article publié par la Revue _Chu ô kô ron_, de réclamer

plus de bienveillance, plus d’hygiène, plus de moralité envers la classe

ouvrière. Dans deux cents corporations d’ouvriers qu’il a examinées, il

a trouvé une corruption effrayante et des mœurs lamentables; la

protection des mineurs, principalement des jeunes filles, n’existe pas.

Tout le monde vit pêle-mêle comme des bêtes; les ouvrières sont parquées

dans de grandes salles, souvent avec défense de sortir plus d’une fois

par semaine; dans d’autres salles vivent entassés des ouvriers; tout ce

monde est traité comme un vil troupeau et vit en conséquence.

«Les ouvriers mariés, et qui habitent en ville, ont l’air de se soucier

fort peu de leur propre famille.

«D’ailleurs, le socialisme a déjà pénétré l’armée. Trouvant un terrain

tout préparé chez les ouvriers si miséreux, il gagne la caserne où l’on

commence à distribuer aux conscrits des brochures subversives; il est

arrivé même à des soldats de déserter en groupes.

«Devenant de plus en plus un pays industriel, le Japon possèdera bientôt

une classe ouvrière considérable avec laquelle il faudra compter. Ce qui

manque maintenant à cette foule c’est un chef; tout est encore en

formation; mais le jour où ils auront pris conscience de leurs forces et

où ils auront un chef intelligent et pratique, les ouvriers pourront

imposer leurs conditions. Seront-ils sages et calmes à ce moment? ou

bien, grisés, comme tant d’autres en Europe, par de vaines et

fallacieuses promesses, aideront-ils par la violence à l’arrivée de

l’âge d’or qu’on leur a promis?» (_Avenir du Tonkin, 1909._)

X.--En 1907, dernière année pour laquelle nous ayons des statistiques

complètes, le rendement des mines de cuivre et de charbon, les deux

catégories de mines que l’on peut considérer comme les plus importantes

du Japon, se répartit de la façon suivante:

Cuivre:

Rendement

Mines: Appartenant à: en livre japonaise

de 600 grammes.

Arakawa (Akitaken) Mitsubishi 1.256.428

Ani -- Furukawa 2.089.321

Ashio (Tochigi) -- 10.666.029

Beshi (Ehime) Sumitomo 8.911.895

Dôgamaru (Shimane) Hori 307.943

Furogura (Akita) Furukawa 772.552

Hibira (Miyazaki) Naito 1.435.755

Hidate (Ibaraki) Kuhara 1.355.280

Hiragama (Gifu) Yokoyama 1.050.331

Hisaichi (Akita) Mitsubishi 1.201.908

Homansan (Shimane) Hori 528.933

Ikuno (Hiogo) Mitsubishi 1.511.289

Innai (Akita) Furukawa 433.954

Itsuki (Kumamoto) Itsuki 249.820

Kano (Fukushima) Kano 720.167

Komaki (Akita) Mitsubishi 101.443

Kosaka -- Fujita 12.041.857

Kusakura (Niigata) Furukawa 501.445

Nidzusawa (Iwate) -- 350.036

Nagamatsu (Yamagata) -- 460.698

Oharasawa (Iwate) Saito 200.025

Obie (Okayama) Sakamoto 1.176.951

Okoya (Ishikawa) Yokoyama 1.078.402

Omodami (Fukui) Mitsubishi 383.459

Omori (Shimane) Furukawa 390.396

Otori (Yamagata) -- 199.925

Osaruzawa (Akita) Mitsubishi 1.937.183

Sasagaya (Shimane) Hori 235.388

Takane (Gifu) Asada 175.377

Takura (Yamaguchi) Mitsubishi 249.821

Tsubaki (Akita) Takeda 270.882

Yakuki (Fukushima) Yakuki 298.328

Yoshioka (Okayama) Mitsubishi 1.435.755

Yusenji (Ishikawa) Takenouchi 718.264

Ainsi donc le Japon a produit, en 1907, 54.697.242 livres japonaises de

cuivre, soit: 32.818.342 kilogrammes. C’est, après celui des États-Unis

d’Amérique, le plus grand rendement connu sur notre globe, et le cuivre

est l’un des principaux produits d’exportation du Japon.

Charbon:

Mines: Propriétaires. Production

en tonnes métriques.

Poronai (Hokkaido) Hokkaido Cº 163.013

Yubari -- -- 480.803

Sorachi -- -- 202.930

Iriyama (Fukushima) Iriyama Cº 204.537

Uchigo -- Iwaki Cº 145.515

Onoda -- -- 188.951

Ojô -- Ojô Cº 86.289

Takashima (Nagasaki) Mitsubishi 183.816

Akasakaguchi (Saga) Takatori 139.273

Wochi -- Mitsubishi 163.013

Yoshitani -- Yoshitani Cº 219.858

Kitakara -- Koga 86.840

Kamiyamada (Fukuoka) Mitsubishi 90.186

Otsuji -- Kayejima 212.629

Miike -- Mitsui 1.482.451

Onoura -- Kayejima 593.154

Shin iri -- Mitsubishi 438.572

Fujidana -- Mitsui 96.321

Mannoura -- Kayejima 207.372

Yoshio -- Aso 216.207

Namadzuda -- Mitsubishi 244.463

Yamano -- Mitsui 138.850

Meiji -- Yosukawa 416.421

Tadakuma -- Sumitomo 67.195

Kaneda -- Mori 271.328

Hokoku -- Hiraoka 161.920

Tagawa -- Mitsui 486.478

Akaike -- Yasukawa 182.469

Otô -- Hara 179.130

Futase -- Gouvernement 366.128

Furukawa -- Furukawa 376.681

Je ne donne ici que le rendement des principales mines, de celles qui

produisent au-dessus de 100.000 tonnes métriques. Le charbon japonais

est très inférieur, comme qualité, à tous les autres charbons connus et

la consommation sera toujours limitée aux mers de Chine; elle finirait

même par cesser tout à fait si on trouvait, (comme il est probable que

cela se produira), des mines de charbon supérieur dans les territoires

chinois et indo-chinois.

L'Empire Japonais et sa vie économique · 第 36 / 70 题