Chine 503.583 296.460 113.379
Hong-Kong 1.365 » »
Corée 57.877 63.647 63.372
Russie d’Asie 472.870 253.809 155.205
Angleterre 416.179 230.374 626.681
France 58.352 14.089 415
Allemagne 35.834 746 168.206
Belgique 92.871 » »
Autriche-Hongrie 57.363 » »
Hollande 25.536 » »
États-Unis 463.016 744.556 410.892
Amérique Anglaise 288.050 532.708 356.230
Australie 274.701 139.039 78.542
Hanoï 928.975 1.375.729 1.364.057
IV.--L’exportation du charbon va toujours en augmentant; de 14.828.000
yen en 1904, elle est passée à 16.280.000 yen en 1906 et à 19.052.000
yen en 1907. Le charbon japonais s’exporte actuellement un peu dans tous
les ports d’Asie; cependant il n’est pas utilisable à l’état pur, et les
bâtiments à vapeur, surtout les navires de guerre, ne l’emploient que
modérément et mélangé avec du Cardiff. Le charbon japonais brûle les
chaudières, et produit une fumée intense, très noire; généralement on le
consomme en briquettes comprimées, et, sous cette forme, il semble
devoir rendre des services; mais il n’arrivera jamais à se substituer au
charbon anglais, et toutes les marines de guerre, y compris la marine de
guerre japonaise, ainsi que les grandes Compagnies de navigation évitent
de se servir du charbon japonais.
L’exportation de ce produit se fait: vers la Chine (7.689.000 yen en
1907); vers l’Inde britannique (368.000 yen en 1907); vers Hongkong
(5.439.000 yen en 1907); et vers les colonies hollandaises de la
Malaisie (430.000 yen pour 1907). Les États-Unis d’Amérique figurent
pour une somme de 1.163.000 yen en 1907; mais il est probable que ce
chiffre représente le charbon apporté, dans les ports de Californie,
pour l’usage des bateaux japonais faisant le service de San Francisco à
Seattle.
V.--Le Japon est, avec les États-Unis, le plus grand producteur de
cuivre, et sa production tend à augmenter constamment. En 1902 elle
était de 48.390.637 kin (1 kin = 600 grammes); en 1903 elle est passée à
55.312.343 kin et en 1904 la production est estimée à 35.000 tonnes. La
progression continue jusqu’en 1907 et 1908 où l’on arrive à environ 38
et 39.000 tonnes. La production totale pour 1908 donne une valeur
marchande de 26.302.000 yen.
Comme exportation, la Chine absorbe à elle seule, en 1907, 10.310.000
yen de cuivre; Hongkong en prend pour 4.782.000 yen; l’Angleterre pour
4.514.000 yen; la France pour 2.364.000 yen; l’Allemagne pour 2.309.000
yen. L’exportation de ce métal, qui fournissait un chiffre de 25.110.000
yen en 1906, passait à 29.260.000 yen en 1907, soit une augmentation de
4.150.000 yen. En 1908 elle a sensiblement baissé; cette année,
d’ailleurs, a été fort mauvaise pour le Japon au point de vue
commercial, ainsi que je l’ai noté au début de ce chapitre.
VI.--Autrefois, le Japon proprement dit produisait beaucoup de camphre;
mais aujourd’hui le territoire de l’Empire n’en fournit presque plus, et
c’est l’île de Formose qui exporte le plus de cette denrée. Il en est
sorti (année fiscale 1907-1908), tant du Japon que de Formose, pour une
somme de 7.945.000 yen; sur cette somme, 2.919.000 yen reviennent à
Formose, qui, on le voit, exporte relativement bien plus que le Japon,
eu égard à son territoire.
Voici quels sont les pays qui ont acheté le plus:
Indes britanniques 1.069.000 yen.
Grande-Bretagne 158.000 --
France 604.000 --
Allemagne 1.301.000 --
États-Unis 1.689.000 --
Nattes.--Autrefois la natte japonaise n’avait pas de concurrente, dans
tout l’Extrême-Orient, en raison de sa finesse et du soin apporté à sa
confection; la qualité a beaucoup baissé aujourd’hui, et l’exportation
s’en est ressentie. Le Japonais, d’ailleurs, procède en tout de la même
façon, et il est difficile de se procurer maintenant des marchandises
aussi soignées que celles d’autrefois. Pour les nattes la concurrence
annamite se fait sentir, et si nos fabricants de nattes de Nam dinh s’y
appliquaient, ils arriveraient, certainement, à évincer complètement la
natte japonaise. Les nattes tonkinoises sont, d’ailleurs, tellement en
mesure de lutter contre les nattes japonaises, que des marchands
Japonais vendent, à Hong-Kong et sur les côtes de Chine, aussi bien
qu’aux États-Unis, des nattes tonkinoises pour des nattes japonaises. Ce
sont les États-Unis qui absorbent la majeure partie de ce produit: ils
en prennent bon an mal an pour une valeur d’à peu près 6.000.000 de yen.
Allumettes.--Le commerce des allumettes est toujours prospère, et se
tient entre 10.000.000 et 11.000.000 de yen. La Chine, Hong-Kong, les
établissements des détroits, la Corée, sont les plus gros acheteurs; le
Siam, la Birmanie et les Indes anglaises viennent ensuite.
En 1907-1908 la Chine a acheté pour 4.250.000 yen d’allumettes;
L’Inde anglaise pour 849.000 yen;
Hong-Kong pour 2.469.000 yen;
La Corée environ 2.000.000 de yen;
Les établissements des détroits 1.000.000 de yen.
C’est un des principaux articles japonais d’exportation dans les pays
d’Extrême-Orient, et le commerce d’importation des allumettes
européennes est devenu, par ce fait, insignifiant.
Saké.--Le vin de riz japonais, ou plutôt l’alcool de riz, ne s’exporte
guère qu’en Corée et en Chine; ou plutôt il serait mieux de dire qu’il
s’est exporté, lors de la campagne de Mandchourie; aujourd’hui que les
armées japonaises sont rentrées, l’exportation tend à diminuer;
cependant il en part encore dans ces deux pays pour une valeur de
800.000 à 1.000.000 de yen.
Porcelaine et poterie.--Ce sont les États-Unis qui achètent le plus ces
articles au Japon. Sur un total de 7.942.927 yen pour 1906 et de
7.216.000 yen pour 1907, ils en ont absorbé pour une valeur approchant
de 4.000.000 de yen chaque année (exactement en 1906 = 4.332.584 yen; et
en 1907 = 3.816.000 yen). La Chine vient après, puis la Corée; et enfin
l’Angleterre et Hong-Kong. La France n’achète au Japon que pour 110.000
yen environ de porcelaine, alors que l’Angleterre lui en achète pour
450.000 yen.
Cigarettes.--Ne s’exportent qu’en Chine et en Corée; 1.228.000 yen en
Chine pour 1907; environ 800.000 yen en Corée pour la même année; mais
il pourrait se faire que cet article d’exportation vînt à tomber
rapidement; car les Chinois se sont mis à fabriquer des cigarettes
absolument semblables aux cigarettes japonaises et les fumeurs chinois
les achètent de préférence.
Produits maritimes.--La seiche, la bêche de mer, la colle végétale et
les varechs, se dirigent, en totalité, vers la Chine et Hong-Kong. Ce
dernier port achète environ pour 2.000.000 de yen de seiche, et la Chine
pour la même somme de varechs.
VII.--Le coton, sous tous ses aspects, est l’un des grands articles
d’exportation du Japon, et c’est la Chine qui absorbe la presque
totalité, sauf une partie pour Hong-Kong et la Corée. Filés,
couvertures, flanelles, crêpes, imitation de Nankin, shirting gris,
nappes et serviettes, tout se dirige vers le marché chinois; ce dernier
prend en général de 30 à 35.000.000 de yen de filés tous les ans, et de
3 à 4.000.000 de yen de shirting gris. Les serviettes genre éponge
commencent à être fort appréciées des Chinois, d’autant plus que le prix
en est réellement infime: ils arrivent à payer une serviette ordinaire 5
et 6 cents de piastre, c’est-à-dire environ 15 centimes.
Les principaux exportateurs de cotons sont les filatures suivantes:
Osaka Boseki avec 1.100 ouvriers et 4.500 ouvrières.
Setsu -- 1.300 -- 4.000 --
Osaka Godo -- 1.000 -- 4.000 --
Fukushima -- 450 -- 1.500 --
Nihon -- 420 -- 2.000 --
Temma -- 40 -- 205 --
Nagai -- 300 -- 1.200 --
Odzu Hoseito -- 180 -- 800 --
Kobayashi -- 40 -- 110 --
Sakai -- 200 -- 770 --
Kishiwada -- 250 -- 1.100 --
Wakayama -- 280 -- 1.500 --
Koriyama -- 380 -- 900 --
Amagasaki -- 270 -- 1.250 --
Toutes les filatures ci-dessus appartiennent à la région d’Osaka; sur
les 35.000.000 de yen d’exportation, elles figurent pour 28 à 29.000.000
de yen; c’est-à-dire que le commerce du coton est concentré dans les
deux villes de Kobé et d’Osaka et les régions voisines. Il est évident
que les Japonais finiront par fournir entièrement le marché chinois du
coton dont il a besoin. La proximité du pays, la main-d’œuvre très bon
marché, les besoins moindres du Japonais, font que le coton européen,
sous toutes ses formes, ne peut pas lutter; évidemment le produit
japonais est très inférieur, mais pour l’acheteur chinois la question
n’est pas là: il lui faut du bon marché, même si la qualité n’est pas de
premier ordre.
VIII.--A l’importation, le Japon demande d’abord le coton brut pour ses
filatures.
Il vient de Chine pour une somme moyenne de 25 à 30.000.000 de yen (1904
= 30.678.242 de yen; 1907 = 23.465.000 de yen);
Des Indes Britanniques, qui ont toujours occupé le premier rang pour
l’importation de cet article au Japon, (sauf une éclipse en 1904), et
qui ont fourni, ces dernières années: 1905 = 53.553.000 yen; 1906 =
41.383.000 yen; 1907 = 57.574.000 yen;
Des États-Unis, qui importent pour une valeur de 28 à 30.000.000 de yen;
De l’Égypte qui est stationnaire et fournit de 3 à 4.000.000 de yen.
Le coton brut doux, égrené et non égrené, la matière première, en un
mot, tend à une augmentation continue comme importation; c’est
évidemment un signe de l’activité des filatures japonaises.
Quant aux autres produits, en coton fabriqué, le Japon en importe bien
moins que jadis, puisqu’il fabrique lui-même. Toutefois il achète encore
des filés, du coutil, de la toile, de la toile imprimée, des satins, des
velours, des shirtings gris, des shirtings croisés et de la toile à
parapluie. C’est l’Angleterre qui fournit presque exclusivement ce
dernier article.
Les lainages, laines brutes, filés, drap d’Italie, mousselines de
laines, draps, drap mélangé de coton, couvertures, sont importés pour
une somme totale de 20.000.000 de yen environ. L’Angleterre, l’Australie
et l’Allemagne sont les principaux importateurs. La France a eu pendant
longtemps le monopole pour l’importation des mousselines de laine; elle
en importait encore pour 1.235.000 yen en 1901; 2.315.000 yen en 1903;
1.175.000 yen en 1905; mais le chiffre est tombé à 478.000 yen en 1907.
La concurrence de l’Allemagne, et surtout de la Suisse, est pour
beaucoup dans cette décadence de notre commerce de mousselines; mais il
faut également accuser l’indolence de nos fabricants qui, jamais,
n’envoient de voyageurs sérieux étudier sur place les goûts du client et
les changements à apporter à leurs produits.
Riz.--Malgré les belles années de récolte qu’il réalise généralement, le
Japon importe du riz. Cela tient à ce que les Japonais, sachant leur riz
très supérieur, le conservent, pour le vendre à l’exportation, lorsque
les prix sont élevés, et mangent, eux-mêmes, les riz moins beaux des
tropiques: c’est ainsi que l’Inde envoie au Japon de 13.000.000 à
15.000.000 de yen de riz (venant en presque totalité de Rangoon,
Birmanie); l’Indo-Chine française pour une somme à peu près égale, et le
Siam pour 5.000.000 de yen environ.
Sucre.--Il est importé par les Indes néerlandaises 16 à 17.000.000 de
yen (1907 = 16.691.000 yen); la Chine: 500.000 yen; les Philippines:
1.000.000 de yen (1907 = 1.218.000 yen). Ce qui précède est le sucre
brut; quant au sucre raffiné il vient:
De la Russie, environ 2.000.000 de yen.
De Hongkong, 1.500.000 yen.
D’Allemagne, 1.000.000 de yen.
D’Autriche-Hongrie, 1.000.000 de yen.
Métaux.--La métallurgie a encore beaucoup à espérer comme importation au
Japon; les mines japonaises sont encore très insuffisamment exploitées,
et les capitaux manquent pour installer la grande industrie
métallurgique comme en Europe; le Japon exécute il est vrai,
actuellement, à la fonderie de Wakamatsu et à l’arsenal de Kure, du
matériel de guerre et des projectiles; mais il est encore tributaire de
l’Europe et de l’Amérique pour les métaux travaillés.
Lingots de fer: il en a été importé en 1907 pour 14.856.000 yen
d’Angleterre; 3.176.000 yen d’Allemagne; 1.162.000 yen des États-Unis;
6.973.000 yen de Belgique. Rails: en 1907, d’Angleterre 483.000 yen;
d’Allemagne 1.579.000 yen; des États-Unis 1.371.000 yen; de Belgique
372.000 yen. Fers en barres, plaques et tôles de fer, tuyaux en fer,
clous, fer étamé en feuilles, fils télégraphiques, acier, plomb, étain,
zinc; toutes ces catégories de métaux trouvent encore au Japon un bon
débouché.
Les machines et locomotives viennent en 1907:
De l’Angleterre pour 16.380.000 yen;
De l’Allemagne pour 3.333.000 yen;
De Belgique pour 168.000 yen;
Des États-Unis pour 10.241.000 yen.
Le pétrole arrive presque entièrement des États-Unis, qui en importent,
tous les ans, pour une valeur de 10.000.000 de yen environ (1907 =
9.507.000 yen).
Le charbon est importé d’Angleterre pour la marine de guerre japonaise.
En 1904, alors que, par suite de la guerre, le Japon faisait des
approvisionnements considérables, il en a été importé pour 12.199.885
yen de Cardiff; mais, en temps normal, il n’en est pas de même, et, en
1905, l’importation est tombée à 5.467.705 yen pour rester ensuite à
500.000 yen environ (1906 = 519.980 yen).
Ainsi, tout ce qui concerne la métallurgie, est importé Angleterre,
d’Allemagne, de Belgique, des États-Unis. Quant à la France elle a
importé en 1907 pour 410.000 yen de machines.
IX.--L’importation française au Japon n’est pas considérable et elle
s’élève: en 1906 à 4.997.000 yen; en 1907 à 7.024.000 yen. Il est vrai
que son exportation du Japon se chiffre par 40.228.000 yen en 1906 et
42.592.000 yen en 1907, mais parce qu’elle achète la soie, marchandise
chère. Elle laisse de l’argent au Japon en échange de sa soie, mais elle
ne profite pas du commerce japonais, puisqu’elle n’y fait pas ou presque
pas d’importation.
Voici les principaux articles que vend la France:
Lunettes et télescopes; Boîtiers de montre en argent; Mouvements
d’horlogerie; Beurre; Antipyrine; Chlorate de potasse; Drogues et
médecines; Phosphore amorphe; Phosphore jaune; Bois de campêche; Soies
de porc; Tubes de cuivre; Plomb; Livres; Papiers à cigarettes;
Mousselines de laine; Vins en bouteilles; Vins en fûts; Champagnes;
Eaux-de-vie; Autres liqueurs; Bouchons; Savon de toilette; Savon
ordinaire; Parfumerie.
Ainsi que je l’ai dit plus haut, notre principal article, la mousseline
de laine, nous est peu à peu enlevé. En dehors de la concurrence suisse
et allemande, au reste, il y a aussi la fabrication japonaise qui
s’essaie, et finira par produire, non pas aussi bien que nous, mais
suffisamment «made in Japan» pour satisfaire le goût et la bourse des
clients.
Quant aux vins, si la France en importe, tout compris, c’est-à-dire vins
rouges et blancs, en fûts et en bouteilles, champagnes, vins mousseux,
pour 400.000 francs, c’est tout. Le Japonais, de même que le Chinois ou
tout autre oriental, ne boit pas de vin. Avec les quelques barriques de
gros vin rouge qu’il fera venir, le Japonais mélangera de la mélasse et
du sucre et fabriquera ainsi du «_vin japonais_», délice des gourmets
dans les restaurants de Tokio. Inutile de dire que ce produit innommable
est horrible pour un palais européen.
Quant aux eaux-de-vie et liqueurs nous en importons pour 160.000 francs;
c’est pour la consommation de la colonie européenne.
X.--Comme on le voit, nous ne faisons pas grand commerce avec le Japon,
et il est difficile pour nous d’y travailler davantage. Nous ne pouvons
lutter avec les autres nations pour fournir aux Japonais ce dont ils ont
le plus besoin: coton brut, métaux de toutes sortes et machines. Nous
venons de voir que nos mousselines de laine sont en décadence et que
notre principal article d’importation, le vin, n’y est pas apprécié.
Il ne faut pas non plus compter sur les articles dits parisiens, tels
que: articles de Paris, modes, chapeaux, etc., car ils sont peu employés
par les indigènes et, d’ailleurs, ceux qui se trouvent au Japon sont des
articles de Paris fabriqués en Allemagne; ils sont importés au Japon à
des prix que la cherté de la matière première et de la main-d’œuvre
française ne nous permet pas de concurrencer. Il est donc de toute
évidence que nous n’avons pas grand effort à tenter de ce côté. Le Japon
n’est pas, pour nous, un client, même pas un client pour nos objets de
luxe, indiscutablement supérieurs à tous autres, car il est pauvre; et
quand il veut du luxe, il lui vient de Berlin, à bien meilleur compte.
Le commerçant japonais n’a pas la réputation d’être sérieux et fidèle à
sa parole. Les autorités japonaises ont fait des efforts louables pour
persuader à leurs compatriotes la grande franchise en affaires, et il y
a lieu d’espérer que ces efforts ne resteront pas vains. Mais le
Japonais est bien moins commerçant que le Chinois, et tous ceux qui ont
eu des relations avec les deux peuples, sont unanimes à préférer le
Chinois. D’ailleurs, toutes les grandes maisons européennes établies au
Japon, toutes les banques ont des compradore et des assistants chinois,
jamais de Japonais. Le commerçant japonais ne se fera pas scrupule de ne
pas prendre livraison d’une marchandise si, pendant la traversée, le
change a varié à son détriment; il sait que l’Européen préférera encore
avoir sa marchandise sur les bras plutôt que d’aller perdre son temps en
procès.
Il m’est arrivé, souvent, de constater, dans des balles de soie
expédiées de l’intérieur, à Yokohama, pour l’exportation, la présence de
briques et de pierres, soigneusement recouvertes de quelques écheveaux,
et il fut un temps où les exportateurs de soie étaient obligés de
vérifier toutes les balles sans exception, vu l’impossibilité de s’en
rapporter à la bonne foi du marchand indigène.
Ainsi que je l’ai déjà dit, le commerce total du Japon pour 1908 a subi
une diminution de 282.375.000 francs. Peut-être est-ce la conséquence de
la guerre russo-japonaise; peut-être cela vient-il de la crise
économique qui a sévi un peu partout, et qui s’est fait sentir au Japon
comme ailleurs. Nous le verrons bientôt. En tout cas, il est bien
certain que le Japon est las; il a voulu courir et courir vite: il n’en
a plus les moyens. Les journaux reflètent une lassitude, un
découragement général; seul le _Japan chronicle_ ne se décourage pas et
dit que si le Japon se ressent du lourd fardeau supporté depuis la
dernière guerre et d’un système fiscal non moins lourd, il espère
néanmoins le voir se relever; mais, dit-il, _ce sera lent_.
XI.--Voici, pour l’année 1907, la dernière dont les résultats aient
paru, les chiffres d’exportation et d’importation afférents à chaque
port.