2.000 métiers pour soieries; production annuelle 60.000 pièces.
Kiôtô et Gifu produisent également des étoffes de soie, dont seulement
une partie infime est exportée, les neuf dixièmes, environ, étant
destinés à la consommation intérieure.
A Gifu, le tissage est réduit aux crêpes de Chine, alors qu’à Kiôtô on
fabrique des étoffes de tous genres, depuis le taffetas jusqu’aux grands
façonnés lamés or et argent.
C’est à Kiôtô que se trouve la seule grande fabrique méritant d’être
citée; elle est en société anonyme au capital de 2.500.000 francs et
possède 275 métiers mécaniques et 100 métiers à la main, ainsi que
toutes les machines pour le dévidage, montage, ourdissage, pliage,
lissage, etc... Ses ateliers de teinture en fils, teinture en pièces et
apprêts, et, en général, tous ceux que comporte cette industrie, lui
assurent une complète indépendance, et contribuent à la placer au
premier rang parmi les établissements de ce genre existant en dehors de
l’Europe et de l’Amérique[12].
[12] _Rapports commerciaux et consulaires_ (1905).
Pour l’année 1908, l’exportation de la soie a été de 226.000.000 de
francs contre 276.000.000 de francs en 1907: il y a une diminution assez
sérieuse également sur l’habutai.
D’ailleurs le commerce total du Japon pour 1908 subit une diminution de
282.375.000 francs.
Tableau des exportations de soies depuis 1904 (en yen, au change moyen
de 2 fr. 55):
1904 138.300.000 yen.
1905 113.460.000 --
1906 157.955.000 --
1907 160.237.000 --
II.--Le thé est également un des articles d’exportation du Japon; mais
la totalité est absorbée par les États-Unis. Le thé japonais ne
ressemble en rien au thé de Chine et, en général, les Européens ne
l’apprécient pas: il est vert, il a une saveur âcre. Les Japonais en
font une grande consommation; c’est leur boisson habituelle. En dehors
du Japon, l’Amérique seule consomme du thé japonais; il en fut exporté
en:
1904 pour 12.833.000 yen.
1905 -- 10.584.000 --
1906 -- 10.767.000 --
1907 -- 10.618.000 --
De 1896 à 1903 une subvention annuelle de 70.000 yen avait été accordée,
par le Gouvernement, au «syndicat du thé», qui avait essayé de faire la
concurrence au thé de Ceylan, en faisant subir au thé japonais certaines
préparations le rendant propre à être exporté en Europe; mais l’envoi ne
réussit pas, et la subvention fut supprimée en 1903; cette année-là, le
Gouvernement donna encore une subvention de 35.000 yen; puis il cessa
tout encouragement pécuniaire. Le thé japonais ne pourra jamais entrer
en compétition avec le thé de Chine ou de Ceylan; cela tient
probablement au climat japonais qui lui donne ce goût spécial, peu
apprécié des Européens, même de ceux qui ont longtemps résidé dans le
pays.
III.--Le riz japonais est l’un des meilleurs riz qui poussent sur le
globe. Aussi s’en exporte-t-il une certaine quantité; les principaux
débouchés pour le riz japonais sont: l’Australie, qui en absorbe pour
une valeur d’environ 2.000.000 de yen; Hawaï, pour 8.000.000 de yen;
l’Angleterre, pour 800.000 yen; la Corée, pour 500.000 yen; la Russie
d’Asie, pour une valeur très variable: en 1903 pour 445.765 yen; en 1904
pour 17.621 yen; en 1905 pour 306.025 yen; en 1906 pour 472.870 yen.
La demande des États-Unis n’a cessé de décroître dernièrement, ce qui
s’explique par ce fait que la culture du riz au Texas a pris une grande
extension et a fort bien réussi, ainsi du reste qu’à la Louisiane.
Actuellement, le riz récolté dans ces deux États se vend moins cher que
le riz japonais, et les Japonais établis en Californie consomment,
eux-mêmes, du riz américain.
Parfois, la récolte au Japon n’est pas suffisante, et le Gouvernement
est obligé d’importer du riz soit de Bangkok, soit de Saïgon ou de
Rangoon: mais, généralement, le riz de ces pays est peu apprécié au
Japon; les grains sont plus petits, et ils sortent de la cuisson
beaucoup moins blancs.
En 1908, la récolte n’a pas fait défaut; elle a atteint, en effet,
51.897.233 koku, soit 93.415.020 hectolitres: elle a donc été
exceptionnellement belle, plus belle même que celle de l’année 1904, qui
avait été considérée comme la plus belle récolte qui se fût faite au
Japon, et qui s’était élevée à 51.401.497 koku, soit 92.500.000 hectol.
Ce tableau montre l’exportation du riz japonais pour les trois dernières
années: