CXXVI

O toi, aimable enfant, qui tiens en ton pouvoir le miroir capricieux du

Temps, et l'heure, sa faucille! Toi qui as grandi en décroissant, et qui

nous montres tes adorateurs en train de se flétrir, tandis que tu

grandis, ô charmante créature. Si la nature, souveraine maîtresse de ce

qui périt tandis que tu avances, veut encore te retenir, elle te garde

afin de déshonorer le Temps par son habileté, et de tuer les tristes

minutes. Cependant crains-la, ô toi, favori de son caprice; elle peut

retenir, mais non conserver son trésor; il faut finir par entendre son

appel; elle ne se tait que pour te rendre.

Sonnets. Volume 8 · 第 125 / 154 题