Je suis bien aise aujourd'hui que vous ayez été jadis si froide à mon
égard, et il faut que je me courbe sous le poids de ma faute, en
souvenir du chagrin que je ressentis alors, à moins que mes nerfs ne
soient d'airain ou d'acier martelé. Car si ma froideur vous a autant
fait souffrir que j'ai souffert jadis de la vôtre, vous avez dû passer
votre temps en enfer. Et moi, tyran que je suis, je n'ai pas songé à
peser ce que m'avait autrefois coûté votre crime. Oh! si votre nuit de
douleur m'avait rappelé combien le vrai chagrin déchire le coeur, et si
je vous avais offert, comme vous me l'offrîtes alors, l'humble onguent
qui guérit les coeurs blessés! mais votre faute d'autrefois m'est un
gage. La mienne paye la rançon de la vôtre, et la vôtre doit payer ma
rançon.