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Ni mes propres craintes, ni l'âme prophétique du vaste univers qui rêve

aux choses à venir, ne peuvent assigner une durée à mon fidèle amour, ni

le regarder comme exposé à une condamnation fatale. La lune mortelle a

supporté son éclipse, et les tristes augures se rient de leurs propres

présages. Les incertitudes sont maintenant parfaitement certaines et la

paix proclame d'éternelles branches d'olivier. Mon amie est

resplendissante de la rosée de ce temps embaumé, et la mort s'incline

devant moi, puisqu'en dépit d'elle je vivrai dans ces pauvres vers,

tandis qu'elle insulte à des tribus stupides et muettes. Et toi, tu

trouveras ici un monument à ta louange, lorsque les cimiers et les

tombeaux de bronze des tyrans auront disparu.

Sonnets. Volume 8 · 第 106 / 154 题