Ah! que mon absence loin de toi, charme de l'année qui s'écoule, a
ressemblé à un hiver! Quel frimas j'ai ressenti! Combien j'ai vu de
jours sombres! Partout la nudité du vieux décembre! Et pourtant, ces
jours où j'étais loin de toi étaient des jours d'été; l'automne
enfantait, pleine de riches trésors portant le pesant fardeau du
printemps, comme le sein d'une veuve après la mort de son époux. Et
cependant cette abondante postérité ne m'apparaissait que comme une
espérance d'orphelins, et un fruit sans père; mais l'été et ses plaisirs
t'accompagnent; si tu t'éloignes, les oiseaux eux-mêmes sont muets; ou,
s'ils chantent, c'est avec un accent si triste, que les femelles
pâlissent et redoutent l'approche de l'hiver.