Ma muse a la langue liée; mais, par décence, elle reste en repos, tandis
que des commentaires, à votre honneur, soigneusement compilés, sont
conservés en lettres d'or dans des phrases revues par toutes les muses.
Je médite de bonnes pensées, pendant que d'autres écrivent de bonnes
paroles, et, comme un chantre illettré, je réponds «Amen!» à toutes les
hymnes que produit cet habile esprit, sous une forme soignée avec une
plume raffinée. En vous entendant vanter, je dis «c'est bien cela, c'est
vrai;» et à tous ces éloges j'ajoute quelque chose de plus, mais c'est,
dans mes pensées, là où l'amour pour vous tient son rang comme par le
passé, en dépit des paroles qui viennent les dernières; faites donc cas
des autres pour leur éloquence et paroles, faites cas de moi pour mes
pensées muettes, qui ne parlent qu'en actions.