LXXXV

Ma muse a la langue liée; mais, par décence, elle reste en repos, tandis

que des commentaires, à votre honneur, soigneusement compilés, sont

conservés en lettres d'or dans des phrases revues par toutes les muses.

Je médite de bonnes pensées, pendant que d'autres écrivent de bonnes

paroles, et, comme un chantre illettré, je réponds «Amen!» à toutes les

hymnes que produit cet habile esprit, sous une forme soignée avec une

plume raffinée. En vous entendant vanter, je dis «c'est bien cela, c'est

vrai;» et à tous ces éloges j'ajoute quelque chose de plus, mais c'est,

dans mes pensées, là où l'amour pour vous tient son rang comme par le

passé, en dépit des paroles qui viennent les dernières; faites donc cas

des autres pour leur éloquence et paroles, faites cas de moi pour mes

pensées muettes, qui ne parlent qu'en actions.

Sonnets. Volume 8 · 第 85 / 154 题