Ou bien je vivrai pour faire votre épitaphe, ou vous survivrez quand je
pourrirai en terre; la mort ne peut enlever d'ici-bas votre mémoire,
bien qu'on puisse tout oublier sur mon compte. Votre nom trouvera ici
une vie immortelle, bien que pour moi, une fois parti, je doive mourir
pour le monde entier; la terre n'a pour moi qu'un tombeau vulgaire, mais
vous resterez enseveli dans les regards des hommes. Mes vers vous seront
un monument que reliront des yeux non encore engendrés, et des langues à
venir répéteront vos mérites quand tous ceux qui respirent en ce monde
seront morts. Vous vivrez encore, tant ma plume a de vertu, là où la vie
respire surtout, c'est-à-dire dans la bouche des hommes.