Je t'ai si souvent invoqué pour ma muse, et j'y ai trouvé une si
généreuse assistance pour mes vers, que toutes les plumes étrangères ont
adopté le même usage et dispensent leur poésie sous tes auspices. Tes
yeux qui ont appris aux muets à chanter dans les airs, à la pesante
ignorance à planer dans les cieux, ont ajouté des plumes à l'aile du
savant, et ont octroyé à la bonne grâce une double majesté. Cependant
sois fier surtout de ce que je produis, l'influence en est tienne, tout
est né de toi, tu ne fais que perfectionner le style des ouvrages
d'autrui et ajouter tes grâces à l'art de l'écrivain; mais je n'ai
d'autre art que toi, et c'est toi qui élèves ma rude ignorance jusqu'aux
hauteurs de l'érudition.