Quel soin j'ai pris quand je suis parti de mettre sous des verrous
fidèles les moindres bagatelles, afin qu'elles pussent rester pour mon
usage dans des retraites sûres et éprouvées à l'abri de mains perfides!
Mais toi, à côté de qui tous mes joyaux sont des bagatelles, ma plus
grande consolation devenue mon plus grand chagrin, toi le meilleur et le
plus cher, mon unique souci, tu es resté en proie à tout voleur
vulgaire. Je ne t'ai enfermé dans aucun coffre, si ce n'est là où tu
n'es pas, bien que j'y sente ta présence, dans la douce enceinte de mon
coeur, d'où tu peux sortir, où tu peux rentrer à ton gré, et j'ai peur
qu'on ne vienne te dérober jusque-là, car la fatalité devient voleuse
quand il s'agit d'un butin aussi précieux.