XLIII

Lorsque mes yeux se ferment, c'est alors qu'ils voient le mieux, car

tout le jour ils voient des choses auxquelles ils ne prennent pas garde;

mais, lorsque je dors, je te vois en rêve. Obscurément brillants, leur

éclat se dirige vers l'obscurité, et toi dont l'ombre illuminerait les

ombres, comme la forme de ton ombre serait un spectacle charmant dans le

jour pur, l'éclairant de ta lumière plus pure encore, puisque ton ombre

brille ainsi à des yeux fermés. Comme mes yeux seraient heureux, dis-je,

de te contempler, pendant la vie du jour, puisque pendant la mort de la

nuit ta belle ombre imparfaite apparaît à travers un lourd sommeil à des

yeux sans regards. Tous les jours me sont des nuits, tant que je ne te

vois pas, et les nuits sont des jours éclatants, lorsque mes rêves te

voient devant moi.

Sonnets. Volume 8 · 第 44 / 154 题