Oh! comment pourrais-je convenablement chanter ton mérite, puisque tu es
la meilleure partie de moi-même? Qu'est-ce que ma louange peut
m'apporter à moi-même? et quand je fais ton éloge, ne fais-je pas le
mien? Pour cela, du moins, vivons séparés et que notre cher amour perde
son nom unique, afin que, par cette séparation, je puisse te rendre ce
qui t'est dû, ce que tu mérites seule. O absence, quel tourment tu
serais, si tes amers loisirs ne me donnaient pas la douce permission de
passer mon temps dans des pensées d'amour qui trompent si doucement et
le temps et les pensées, et si tu ne m'apprenais pas à faire deux d'un
seul en louant ici celui qui demeure loin d'ici!