XXXIX

Oh! comment pourrais-je convenablement chanter ton mérite, puisque tu es

la meilleure partie de moi-même? Qu'est-ce que ma louange peut

m'apporter à moi-même? et quand je fais ton éloge, ne fais-je pas le

mien? Pour cela, du moins, vivons séparés et que notre cher amour perde

son nom unique, afin que, par cette séparation, je puisse te rendre ce

qui t'est dû, ce que tu mérites seule. O absence, quel tourment tu

serais, si tes amers loisirs ne me donnaient pas la douce permission de

passer mon temps dans des pensées d'amour qui trompent si doucement et

le temps et les pensées, et si tu ne m'apprenais pas à faire deux d'un

seul en louant ici celui qui demeure loin d'ici!

Sonnets. Volume 8 · 第 40 / 154 题