«Rosette, 15 novembre 1798.
«INSTRUCTION ENVOYÉE AU COMMANDANT D'ALEXANDRIE.
«S'il se présente une ou deux frégates turques pour entrer dans le port
d'Alexandrie, le général commandant les laissera entrer.
«S'il se présentait un plus grand nombre de bâtiments de guerre turcs
pour entrer dans le port d'Alexandrie, le général fera connaître à
celui qui les commande qu'il est nécessaire de faire part de sa demande
aux chefs supérieurs: on devra même l'engager à envoyer quelqu'un au
Caire, au général en chef.
«Si le commandant turc persistait à vouloir entrer avec un nombre de
bâtiments qui excéderait celui de _deux_ avant d'avoir la réponse du
Caire, le général emploiera la force pour l'en empêcher.
«Si une escadre turque vient croiser devant le port, et qu'elle
communique directement avec le général, celui-ci prendra d'elle toute
espèce d'informations et lui fera toute espèce d'honnêtetés.
«Si cette escadre, ou tout autre commandant turc, ne voulait
communiquer que par des parlementaires anglais, le général fera
connaître à ces commandants turcs combien cette mesure est indécente et
contraire à la dignité du Grand Seigneur; le général les engagera à
communiquer directement avec lui, sans intermédiaire anglais, et il fera
connaître à ces commandants qu'il regardera comme nulles toutes les
lettres qui, relativement aux Turcs, lui viendraient par des
parlementaires anglais.
«Si ces pourparlers avaient lieu, il faudrait employer mesure,
circonspection, politesse et fermeté.»