MARMONT À SA MÈRE.

«Milan, 27 décembre 1796.

«J'arrive dans l'instant même, ma tendre mère, de Vérone, après avoir

parcouru les montagnes et les divisions. J'ai trouvé tout dans un état

très-satisfaisant; l'armée est plus nombreuse que jamais, elle a un

excellent esprit, et jamais nous n'avons eu plus de chances en notre

faveur: si notre étoile veut que le sort de l'Italie soit encore décidé

par les armes, nous pouvons espérer qu'elles nous seront favorables.

«Je vais repartir dans quelques heures pour une mission fort

intéressante. Le Modénais, le Bolonais, le Ferrarais, viennent d'envoyer

leurs députés à Reggio, où va s'assembler le congrès de ces différents

États. Le général en chef m'envoie près de lui pour le surveiller, le

diriger dans sa marche, et prendre toutes les mesures de sûreté que

pourraient ordonner les circonstances. Ainsi me voilà de nouveau dans

la diplomatie: c'est un repos de quelques moments qui vient fort à

propos, après la vie active que j'ai menée depuis mon retour.

«Le général Clarke, qui est envoyé à Vienne par le gouvernement

français pour conclure un armistice, est ici depuis quelques jours. Le

général Alvinzi lui avait refusé un passe-port en attendant les ordres

de l'Empereur. Enfin il vient d'être envoyé un officier par le

gouvernement autrichien pour s'aboucher avec lui à Vicence, et, dans

peu, les conférences seront ouvertes.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (1/9) · 第 55 / 83 题