«Brescia, 18 août 1796.
«Nous avons encore battu l'ennemi dans les montagnes; nous lui avons
pris douze cents hommes. Il a évacué les bords du lac de Garda et se
retire au delà de Trente. Nous allons le suivre; nous sommes secondés
par l'armée du Rhin; elle arrive près de nous et nous allons à sa
rencontre. Dans moins d'un mois, si la fortune nous seconde, nous aurons
opéré notre jonction avec elle.
«Les chaleurs de l'Italie diminuent, et, dans quinze jours, elles
seront passées. Ainsi les dangers du climat n'existeront plus pour nous,
et ma bonne santé ne se démentira pas plus que depuis le commencement
de la campagne.
«On vient d'envoyer à Paris les drapeaux pris dans cette fin de
campagne. Le général en chef a désiré me garder ici et m'a dit qu'il
m'aurait choisi si je lui eusse été moins utile.--On a envoyé l'officier
le moins capable.--Je ne suis pas fâché de voir la suite des opérations;
je connais l'ensemble, car je n'ai pas quitté un seul instant l'armée.»