«Quartier général d'Ober-Ingelheim, 12 septembre 1795.
«J'avais bien raison de vous écrire, il y a peu de temps, ma chère mère,
que, si l'armée devenait active, ma position serait fort agréable. Je
suis au centre des affaires, et j'y ai beaucoup d'influence.
L'artillerie était ici désorganisée; aujourd'hui elle est sur un
très-bon pied; tout se fait avec ordre et méthode; j'espère que, si
elle agit, elle ne sera pas en arrière de ses devoirs. Je vous dis avec
un peu de vanité ce que je pense; je me serais dispensé de vous écrire
tout cela si je n'eusse pas été persuadé de l'intérêt que vous prenez
au succès que j'obtiens, et si je n'eusse pas cru que vous ne
m'accuseriez pas de présomption pour vous dire aussi franchement ce que
j'espère. Autant le commencement de l'été a été vilain ici, autant la
fin en est belle.
«Cette époque-ci est bien intéressante pour la République. Les nouvelles
de l'intérieur portent un caractère aussi important que celles des
armées. Nous avons tous ici maintenant adopté la constitution. Que
partout l'opinion soit la même, et qu'enfin une réunion sincère nous
assure la jouissance des biens pour lesquels nous avons combattu. Adieu,
ma tendre mère,» etc., etc.