SUR LA SAUTERELLE ET LE GRILLON

La poésie de la terre ne meurt jamais:

Quand tous les oiseaux abattus par la chaleur du soleil

Se cachent sous la fraîcheur des arbres, une voix courra

De haie en haie le long des prés nouvellement fauchés;

C'est celle de la Sauterellle--qui conduit le concert

Dans la volupté de l'été; inépuisables

Sont ses délices; et, lorsqu'elle est lassée de ses jeux

Elle se repose à l'aise, abritée sous quelque roseau hospitalier.

La poésie de la terre ne cesse jamais:

Par une solitaire soirée hivernale, quand la gelée

A imposé un silence général, dans l'âtre grince

Le cri du Grillon, dont la chaleur augmente l'acuité;

Il semble au dormeur à moitié assoupi

La voix de la Sauterelle parmi les collines herbues.

Poèmes et Poésies Traduction précédée d'une étude par Paul Gallimard · 第 124 / 333 题