L'IMPÉRATRICE EUGÉNIE A STOCKHOLM

Parfois, au hasard de ses croisières sur le yacht _Thistle_,

l'impératrice Eugénie passe en vue d'une capitale étrangère. Il y a là,

tout auprès, le palais d'une famille dont jadis, au temps des fêtes

impériales, les membres furent reçus, en pompe, aux Tuileries.

L'impératrice errante, qui se souvient, interrompt son voyage pendant

quelques heures. Elle fait une courte visite à ces princes et ces reines

qui sont demeurés ses amis. A la souveraine détrônée, on rend les

honneurs dus aux souverains régnants qui voyagent incognito; on lui

prodigue, en plus, les marques de vénération que commandent son grand

âge et le souvenir de ses infortunes.

Notre photographie représente l'ex-impératrice au moment où, après avoir

déjeuné, le 25 juillet, avec le roi Oscar, à Stockholm, elle se dispose

à regagner son yacht.

[Illustration: L'EX-IMPÉRATRICE EUGÉNIE A STOCKHOLM regagnant son yacht

après avoir déjeuné au palais du roi.--Phot. Blomberg.]

[Illustration: L'hôtel, de ville de Portsmouth et son souhait de

bienvenue.]

[Illustration: Le _Masséna_ dans la fumée de ses canons, après le salut

au roi.]

[Illustration: La foule anglaise massée sur la plage, attendant

l'arrivée de l'escadre française.]

[Illustration: Les escadres anglaise et française en rade de Cowes. LA

VISITE DE L'ESCADRE FRANÇAISE A COWES ET A PORTSMOUTH _Photographies

copyright S. Cribb, Gale and Polden et Topical Press Agency._]

[Illustration: LE CUIRASSÉ «MASSÉNA», BATTANT PAVILLON DE L'AMIRAL

CAILLARD, EN RADE DE COWES.]

La visite de la flotte française en Angleterre a été l'occasion de

grandes fêtes maritimes qui ont duré toute cette semaine. Suivant le

programme arrêté par l'Amirauté britannique, notre escadre du Nord

venait mouiller en rade de Cowes, ayant en tête le _Masséna_, battant

pavillon de l'amiral Gaillard, commandant en chef. Celui-ci, aussitôt

après le mouillage, se faisait conduire à bord du yacht

_Victoria-and-Albert_, pour saluer le roi; puis Édouard VII lui rendait

sa visite à bord du _Masséna_. Cette première journée était, d'ailleurs,

plus particulièrement consacrée aux réceptions officielles; dans le

bruit des canons tonnant en salves d'allégresse, ce fut, sur le pont du

vaisseau-amiral français, un va-et-vient de brillants uniformes:

l'amiral Wilson, commandant en chef de la flotte anglaise de la Manche,

les états-majors, les ambassadeurs, etc. Spectacle curieusement animé,

dont, malgré la sévérité des consignes prohibitives, le correspondant de

_L'Illustration_, posté à une hauteur favorable, a réussi à obtenir les

curieuses photographies que nous reproduisons en première page.

[Illustration: LA FÊTE DES VIGNERONS, A VEVEY.--La danse du Printemps.]

Vevey est une gracieuse cité vaudoise, assise sur la rive nord-est du

lac de Genève, à l'endroit même où se jette la Vevayse. Cette petite

ville de 6.000 habitants est deux fois célèbre, à cause d'un livre et à

cause d'une tradition. C'est dans les environs de Vevey que Rousseau

trouva le cadre de sa _Nouvelle Héloïse_. C'est à Vevey même que, de

loin en loin, une fête fameuse, la Fête des Vignerons, réunit

d'innombrables spectateurs dans un admirable théâtre de la nature.

La scène de ce théâtre est une place de la ville. Le décor, c'est, aux

plans lointains, au-dessus des toits et des clochers, le paysage des

monts abrupts et des verts pâturages. Les acteurs, ce sont tous les

habitants du pays, en costumes de fête nationaux.

La Fête des Vignerons se présente sous un double aspect: elle est à la

fois antique et moderne. Il y a des nymphes, des bacchantes et des

bergers à houlettes. Les musiciens portent l'habit et la perruque du

temps des baillis de Vevey. Les données du poème ne varient guère depuis

l'année 1797. Ce sont, exaltés par les chants et mimés par des danses,

les principaux événements de la vie rustique au cours des quatre

saisons. Cette année, comme lors des représentations précédentes, on a

applaudi la danse du _Printemps_, le pas des _Bacchantes_, le ballet des

_Feuilles mortes_, le chant des _Glaneuses_, le défilé des chars de

l'Été et l'_Hymne à Gérés_, et, naturellement, le _Ranz des vaches_.

Nous publierons la semaine prochaine les dessins de notre envoyé

spécial, M. Georges Scott.

[Illustration: _L'Hymne à Cérès_ devant les chars de

l'Été.--_Photographies Fisher._]

[Illustration: Gravé par Ch. Maylander. Peint par Mme Colin-Libour. EN

DÉTRESSE]

_Au bord de la mer: un coin de plage, le ciel et l'eau se confondant

presque en une vaste étendue; à l'horizon, les voiles d'une flottille de

pêche; au premier plan, deux personnages. Sujet d'une composition très

simple, que Mme Colin-Libour a traité avec la sobriété qui convenait;

mais, en sa simplicité, quelle scène émouvante évoque ce tableau!

S'écartant des abords trop fréquentés de la terrasse banale, une jeune

mère s'est aventurée au loin, avec sa fillette, sur une de ces langues

de sable où l'on se sent en pleine sécurité, à marée basse. Là, pendant

qu'elle partageait les jeux ingénus de l'enfant, elle a perdu la notion

du temps, s'est attardée, sans prendre garde au flot perfide; et voici

que la mer, continuant de monter, menace de couper toute retraite en

couvrant la langue de sable déjà transformée en îlot. La situation est

critique: l'imprudente, affolée, dans une anxiété poignante, multiplie

les appels, les signaux de détresse; espérons qu'elle en sera quitte

pour la peur et que, grâce à un prompt sauvetage, l'aventure n'aura pas

un dénouement tragique._

[Illustration: UN SPECTACLE DE L'AN 1452 QU'ON A REVU, LE 6 AOUT 1905, A

BRUXELLES Le cortège historique des fêtes de l'Indépendance belge sur la

Grand'Place: Philippe le Bon et le comte de Charolais.--_Voir l'article,

page 116._]

L'Illustration, No. 3259, 12 Août 1905 · 第 7 / 39 题