En indiquant succinctement le règlement de la journée d'une jeune fille,
je n'ai pas fait de distinction de fortune. Autant que possible, les
jeunes gens des deux sexes doivent être tenus éloignés des douceurs du
luxe. Peu de parents, cependant, savent être assez fermes contre leur
propre tendance; que de mères se complaisent, au contraire, à orner
leurs idoles!
Une fillette, à partir de douze ou quatorze ans, peut avoir sa chambre,
ne serait-ce qu'un petit cabinet, auprès de celle de sa mère; si elle a
une soeur, elle partagera la chambre avec elle. La porte, donnant dans la
chambre de la mère, restera ouverte le plus souvent possible. La fenêtre
sera aussi ouverte fréquemment.
Les meubles d'une chambre de jeune fille se composent d'un lit, d'un
chiffonnier ou d'une commode, d'une table à toilette, à moins que la
commode puisse en servir; d'un petit bureau, auquel le chiffonnier peut
suppléer s'il forme «secrétaire», d'une table à ouvrage, d'une table de
nuit; on peut ajouter un guéridon ou table de milieu et une armoire à
glace, mais ces derniers meubles ne sont pas indispensables.
La mère tâchera de pouvoir lui donner un placard pour suspendre ses
robes. On s'efforce d'installer ainsi confortablement une fillette, afin
de lui apprendre à avoir de l'ordre, à ranger elle-même ses affaires, à
aimer son chez elle.
Ces douces émotions si pures qu'éprouve une jeune fille à avoir une
gentille chambre, aussi petite que soit celle-ci, ne se retrouvent guère
dans la vie, et alors qu'elle aura un appartement en entier, tant doré
qu'il puisse être, elle éprouvera une jouissance bien moins vive et
moins bonne que dans la possession de sa simple chambrette. Quelle est
celle de nous qui ne me comprendra, en se reportant en arrière par la
pensée dans sa chambre de jeune fille? C'est la seule qui ait été
vraiment à elle!
En sièges: un prie-Dieu, une ou deux chauffeuses, deux chaises volantes;
je prohibe absolument la chaise longue; tout au plus, dans une chambre
grande et luxueuse, un petit tête-à-tête et deux petits fauteuils.
J'oubliais une petite bibliothèque ou étagère, pour les livres d'études
et de prières.
Sur la cheminée, à la place d'une pendule, une statue de piété ou une
corbeille de fleurs, des flambeaux, un bougeoir, des vases, un
porte-montre, car c'est encore là une des grandes jouissances de la
fillette que de posséder une montre; elle n'a donc pas besoin de
pendule, quoique ce soit tout à fait facultatif.
Les meubles seront en tapisserie faite de sa main; elle pourra ainsi, à
peu de frais, embellir sa chambre par des coussins en application, des
petits tapis, des voiles de fauteuil en filet, etc.
Aussi riche qu'elle soit, une jeune fille doit être apprise à ranger ses
affaires elle-même, à se coiffer, à s'habiller et se déshabiller seule.
Elle raccommodera ses gants, brossera ses manteaux, rafraîchira un
chapeau, et fera encore bien d'autres travaux de ce genre, selon le
temps que peuvent lui laisser ses études et autres occupations. Une
excellente habitude est de ranger sa toilette le soir avant de se
coucher, même aussi tard que l'on puisse revenir du bal et aussi
fatiguée que l'on soit.
Des habitudes de la jeunesse et surtout de la plus tendre jeunesse,
dépendent les forces de l'avenir; mais ces habitudes, il ne faut pas
qu'elles soient imposées, il faut qu'elles soient prises simplement, par
le contact de l'exemple, par le raisonnement, la persuasion.
Bien des jeunes filles ne font que subir, et de mauvaise grâce, le
règlement un peu sévère imposé par leurs mères, ne voient pas le moment
de se marier pour rester au lit jusqu'à dix heures, y déjeuner, y lire,
etc. comme leurs mères. Elles ne comprennent pas que leurs mères ont
souvent la santé ébranlée, et ce n'est pas toujours par plaisir qu'elles
agissent ainsi.
Voici un petit tableau journalier des heures que les enfants, suivant
leur âge, doivent consacrer au sommeil, à l'exercice, à l'étude et au
repos.
Il est dressé par le docteur Friedlander, et s'applique aux enfants des
deux sexes, de sept à quinze ans, qui se trouvent dans des conditions
normales.