Mais tout est mystère incompréhensible dans ce _Cosmos_, où
l'existence, la volonté, la Providence de Dieu, le mystère de son
action divine et absolue, sont eux-mêmes le mystère nécessaire, mais
inexplicite.
Ôter les mystères de ce _Cosmos_, c'est ôter Dieu du monde,
c'est-à-dire la vérité et la vertu.
Donc il n'y a point de matière sans mystère, car qui l'aurait créée?
Point de lois physiques sans mystère, car qui les aurait données?
Point d'_âme_ sans mystère, car qui l'aurait allumée et éteinte?
Rien sans _mystère_, car le nom de mystère est le nom de la volonté ou
de l'action de Dieu dans les deux mondes, le monde physique et le
monde de l'âme.
Nier le mystère, c'est plus que nier la matière et l'intelligence;
c'est presque nier l'existence et l'autorité de Dieu. C'est nier la
logique.
Sans le mystère, je vous défie d'expliquer un atome.
Avec les mystères, tout s'explique, depuis Dieu lui-même jusqu'aux
lois physiques et intellectuelles dans les phénomènes qui composent,
en découlant de lui, son véritable _Cosmos_.
J'ajoute la loi des lois, la loi morale de la création intelligente et
libre.
La vertu est fille de la vérité!
Chaque vérité impose un devoir.
Le _Cosmos_ est un _Tout_.
La matière n'explique rien. Jetez dans votre creuset tous vos
éléments; nommez-les comme vous voudrez, analysez-les!
Vous ne trouverez sûrement au fond du creuset qu'une énigme.
Est-ce qu'une énigme explique un monde?
Elle ne fait qu'ajouter à l'insolubilité des choses l'insolubilité des
doctrines soi-disant scientifiques.
Quant à la conscience, il n'y en a plus! Est-ce que la conscience
serait éclairée par une énigme?
Et sans conscience, qu'est le bien et le mal, l'honnête et le
déshonnête, le vice et la vertu dans l'univers?
Vous voyez donc que votre prétendue science est obligée de se
désavouer elle-même et de recourir au mystère de son instinct inné
pour croire à quelque chose de surnaturel, au bien ou au mal moral
sur lequel la science matérielle ne dit rien!
Car, si votre _Cosmos_ matériel ne dit rien de ce qui est nécessaire à
l'homme, il n'est pas humain, il n'est ni humain ni divin, il n'est
rien.
C'est un néant savant, qui est forcé de recourir au mystère ou de
désavouer Dieu.
C'est un transcendant blasphème!
Voilà la fin de tout!
Quelle fin!